"Les Très Riches Heures du duc de Berry" ("Novembre", folio 11), ca. 1440
"Les Très Riches Heures du duc de Berry" ("Novembre", folio 11), ca. 1440
"Les Très Riches Heures du duc de Berry" ("Novembre", folio 11), ca. 1440
"Les Très Riches Heures du duc de Berry" ("Novembre", folio 11), ca. 1440
"Les Très Riches Heures du duc de Berry" ("Novembre", folio 11), ca. 1440
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Résumé

L'idée que notre personnalité nous singularise et nous distingue des autres nous est désormais naturelle, tant elle informe notre façon de penser et nos structures sociales… La notion d'individu a pourtant une histoire, et l'étude du Moyen Âge nous permet de comprendre comment elle s'est inventée.

avec :

Dominique Iogna-Prat (Médiéviste, directeur d’études à l’EHESS), Vincent De Coorebyter (professeur à l’Université Libre de Bruxelles, titulaire de la chaire de Philosophie sociale et politique contemporaine, directeur scientifique de la revue Etudes Sartriennes publiée par les éditions Ousia).

En savoir plus

"Quand je dance, je dance ; quand je dors, je dors ; voyre et quand je me promeine solitairement en un beau vergier, si mes pensées se sont entretenues des occurences estrangieres quelque partie du temps, quelque autre partie je les rameine à la promenade, au vergier, à la douceur de cette solitude et à moy." (Montaigne, Essais, III., 13)

Depuis ce texte de Montaigne, la self-consciousness de John Locke, le cogito cartésien ou plus tard la Déclaration des Droits de l'Homme, notre représentation de nous-même comme individu conscient de lui-même, détaché des autres et, à ce titre, unique nous apparait naturelle. Cette façon de percevoir le monde est tellement immanente à notre conception de nous-même et à notre organisation sociale que nous peinons même à imaginer qu'il n'en a pas toujours été ainsi. Aidée par l'anthropologie, l'histoire nous apprend pourtant que cette catégorie n'a pas toujours été aussi prépondérante : la notion d'individu a progressivement émergé entre le Moyen Âge central et tardif.

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Comment peut-on imaginer un monde sans le "moi" tel qu'on le connait ? Comment cette idée s'est-elle peu à peu développée, jusqu'à l'empire qu'on lui connait aujourd'hui ? C'est ce que nous voyons aujourd'hui, dans une émission où nous chercherons à comprendre le rapport du singulier au collectif et du particulier à l'universel tel qu'il structurait le monde médiéval. Avec Dominique Iogna-Prat et Vincent de Coorebyter, nous verrons ce que nous pouvons tirer des indices que nous ont laissé Saint Augustin, les archives judiciaires, la peinture (le portrait, l'invention de la perspective), l'étymologie, la littérature, l'amour courtois ou la religion...

Romain de Becdelièvre nous transmet en Pièce jointe quelques pages de La Civilisation de la Renaissance en Italie, ouvrage de 1860 dans lesquelles Jacob Burckhardt expose ses hypothèses sur la question du jour...

3 min
  • Vincent de Coorebyter est philosophe et politologue, professeur à l'Université Libre de Bruxelles. Il a consacré plusieurs ouvrages à la pensée de Jean-Paul Sartre, et il signe aujourd'hui Un monde sans moi est-il possible ? - L'individu au Moyen Âge, paru en mars 2022 aux éditions Apogée.
  • Dominique Iogna-Prat est historien médiéviste, directeur d'études à l'EHESS. Il est l'auteur de Cité de Dieu, cité des hommes. L’Église et l’architecture de la société est paru aux PUF en 2016, et il a également codirigé l'ouvrage L'individu au Moyen Âge avec Brigitte Bedos-Rezak (Aubier, 2005).
Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Cyril Marchan
Production déléguée
Aloïs Guérin
Stagiaire