Grande roue africaine
Grande roue africaine - Reka, 2007
Grande roue africaine - Reka, 2007
Grande roue africaine - Reka, 2007
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Sous la notion de "cartographie radicale", Nepthys Zwer et Philippe Rekacewicz proposent une nouvelle manière de décrire les rapports de force globaux et les enjeux géopolitiques réels que masquent les cartes conventionnelles sous couvert d'objectivité.

Avec
  • Philippe Rekacewicz géographe et cartographe, chercheur associé à l’université de Helsinki
  • Nephtys Zwer Historienne

Le géographe David Harvey a forgé le premier le terme de "géographie et cartographie radicales" à la fin des années 1960, aux Etats-Unis. Auteur de l'essai Géographie de la domination, il traduit l'indignation que grand nombre d'universitaires éprouvaient face aux discriminations et aux inégalités sociales et économiques et plus particulièrement à leur invisibilité dans la manière dont on se représentait le monde. La géographie, qui cherche à expliquer le monde en le décrivant, conduit à concevoir des cartes qui révèlent une certaine conception du monde, en orientant partiellement la réalité. C'est pourquoi il faudrait, selon les partisans de la géographie radicale, réinventer les cartes, en tenant compte de tous les savoirs – marxistes, constructivistes, structuralistes, postmodernes – et les différents "tournants"- le "tournant linguistique" des années 1970, le "tournant spatial" des années 1980 ou encore le "tournant iconique" des années 1990. Cette volonté d'établir une cartographie "critique" avait été initiée en France dans les années 1970 avec notamment les travaux de William Bunge (1928-2013), un géographe non conventionnel et révolutionnaire. L'idée était principalement de faire apparaître d’autres données que celles qui apparaissaient sur les cartes conventionnelles qui se limitaient à décrire les frontières et qui n’étaient plus réellement objective puisqu'elles ne tenaient pas compte de la complexification du monde, des trajectoires de l'immigration, de sa multipolarité. A la différence de l'Atlas, qui connait ces dernières années un grand succès, grâce à quelqu’un comme Gérard Chaliand par exemple avec son Atlas du Nouvel Ordre Mondial, il s'agit d'inclure une réflexion géopolitique dans la représentation graphique du monde. Dans le sillage de Yves Lacoste qui a lancé la revue Hérodote en 1976 et publié son livre majeur La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, et autour de l'inventeur de la géopolitique française, le géographe anarchiste Elisée Reclus et auteur de La Nouvelle Géographie, la cartographie radicale devient un outil de lutte par sa manière de repenser l'espace en dénonçant les injustices sociales.

  • Les invités : Nepthys Zwer, chercheuse en histoire et culture des pays de langue allemande et Philippe Rekacewicz, géographe et cartographe, qui ont publié l'ouvrage Cartographie radicale. Explorations, aux éditions Carré/La Découverte en 2021. 

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Clémentine Boulard
Production déléguée