Diplôme de Fabienne l'Écharpe, ancienne Grande Maitresse de la Grande Loge Féminine de France
Diplôme de Fabienne l'Écharpe, ancienne Grande Maitresse de la Grande Loge Féminine de France ©Getty - Micheline Pelletier
Diplôme de Fabienne l'Écharpe, ancienne Grande Maitresse de la Grande Loge Féminine de France ©Getty - Micheline Pelletier
Diplôme de Fabienne l'Écharpe, ancienne Grande Maitresse de la Grande Loge Féminine de France ©Getty - Micheline Pelletier
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L'accès des femmes à la franc-maçonnerie a demandé de nombreux efforts à celles qui ont voulu y participer et à ceux qui se sont engagés derrière elles. En reparcourant cette histoire, c'est celle du mouvement de pensée dans son entièreté qui se dessine en filigrane.

Au XXe siècle, la franc-maçonnerie a participé activement aux travaux qui ont permis l'adoption du droit de vote pour les femmes en 1944, ou la légalisation de l'IVG en 1975. On pourrait dès lors s'attendre à ce que l'organisation se soit montrée à l'avant-garde des combats féministes à l'intérieur même de ses structures, notamment dans son inclusivité à l'égard des femmes. L'histoire de la franc-maçonnerie démontre que la réalité est moins nette que cela.

Les Personnes admises comme membres d’une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, ayant l’Âge de la maturité d’esprit et de la Prudence, ni Serfs ni femmes ni Hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation.

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Bien qu'il soit objectivement caduque puisque de nombreuses loges admettent désormais des femmes dans leurs rangs, ce passage tiré des Constitutions d'Anderson (texte de 1723 fondateur de la franc-maçonnerie moderne) révèle les difficultés et les résistances auxquelles ont fait face les femmes souhaitant participer à la franc-maçonnerie. Dans sa structuration originelle, la franc-maçonnerie est une affaire d'hommes et les femmes n'y sont pas admises : ce n'est que par décloisonnement successifs que les femmes pourront progressivement participer aux travaux de la maçonnerie. Même si les premières révisions à cette exclusion systématique interviennent dès le courant du XVIIIe siècle avec la création de loges mixtes spécifiques, dites "d'Adoption", destinées à admettre la présence des femmes dans l'organisation, la situation actuelle est encore largement tributaire de cette asymétrie première : malgré la multiplication des loges mixtes et la création en 1952 d'une obédience exclusivement féminine (la Grande Loge Féminine de France), elles représenteraient aujourd'hui seulement 25% des effectifs de la franc-maçonnerie française, et moins encore à l'échelle mondiale.

L'invitée :

  • Cécile Révauger est professeure émérite à l'Université Bordeaux Montaigne spécialisée dans l'historiographie de la franc-maçonnerie. Elle est par ailleurs membre du Grand Orient de France. Elle est notamment l'autrice de Noirs et francs-maçons (Dervy, 2014), et de La Longue Marche des franc-maçonnes (Dervy, 2018).

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