Les dindons, Claude Monet, 1877
Les dindons, Claude Monet, 1877
Les dindons, Claude Monet, 1877 ©Getty
Les dindons, Claude Monet, 1877 ©Getty
Les dindons, Claude Monet, 1877 ©Getty
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Résumé

Parmi les démarcations observées par les impressionnistes avec la peinture qui les précède, l'une des plus notables consiste dans l'écart vis-à-vis des grands sujets historiques. L'attrait pour le paysage est-il un goût du décor ? L'impressionnisme est-il dès lors lui-même une peinture décorative ?

avec :

Marine Kisiel (Conservatrice au musée d'Orsay).

En savoir plus

La question des rapports entre l'impressionnisme et la décoration (ou le décoratif) comporte de nombreuses entrées. Ainsi, elle peut servir à cerner l'originalité de la démarche impressionniste vis-à-vis de la prééminence du sujet et de l'histoire dans la peinture précédente. Maintenant que les beautés de l'impressionnisme sont plus consensuellement admises, elle ouvre à se demander si la popularité de ce mouvement ne tend pas à le réduire à une peinture d'agrément, en tableaux inoffensifs avec lesquels on décorerait volontiers son salon. Elle permet aussi d'éclairer un pan mal connu des travaux de certains de ces artistes, qui se consacrèrent volontairement à la peinture murale, à des ensembles décoratifs, ou à des commandes de panneaux in situ...

Se poser la question de la décoration à l'intérieur de l'impressionnisme, c'est donc une invitation à réévaluer l'aspect péjoratif que l'on sous-tend d'ordinaire lorsqu'on qualifie un tableau de "décoratif". Il s'agit justement de considérer que la dimension décorative de l'impressionniste peut être observée dans sa fécondité, et qu'elle a intensément nourri l’œuvre des artistes qui ont participé à ce mouvement.

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L'aspect décoratif de la peinture impressionniste permet en somme de réfléchir à nouveaux frais à de nombreux thèmes qui travaillent encore l'art contemporain, et qui puisent leur source dans ce mouvement inaugural de la peinture moderne : l'importance prise par l'expérimentation dans la valeur d'une œuvre, ou même le côtoiement du monde de l'art et de l'industrie du luxe...

La Pièce jointe contient aujourd'hui de très nombreux livres de poche : Romain de Becdelièvre se demande pourquoi les tableaux impressionnistes illustrent si souvent les couvertures de la collection Folio.

En savoir plus : Introduction à une étude comparée des couvertures du livre de poche

  • L'invitée : Marine Kisiel est docteure en histoire de l'art, spécialisée dans les relations de l'impressionnisme à la décoration et au décoratif. Conservatrice au musée d'Orsay en charge des collections impressionnistes entre 2016 et 2020, elle est désormais conseillère scientifique à l’INHA, rattachée au laboratoire InVisu, et auteure notamment de La peinture impressionniste et la décoration (Le Passage, 2021). 
Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Cyril Marchan
Production déléguée