Un oiseau tisserin dans son nid. ©Getty
Un oiseau tisserin dans son nid. ©Getty
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Résumé

Si l'on est souvent tenté de faire des analogies entre les sociétés humaines et les sociétés animales, cela semble d'autant plus légitime de s'y intéresser dans le cas des constructions animales, qui peuvent beaucoup nous apprendre sur notre propre manière de concevoir l'architecture.

avec :

François Azambourg (designer).

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Tout être vivant, quel qu’il soit, interagit avec son environnement et par conséquent le modifie.

Si, comme nous l'intime Bruno Corbara, tout être vivant est par essence "constructeur", il est cependant impropre de prêter à un animal une "intention" de construction. A la place de la notion d’intention qui projette une psychologie humaine dans le cerveau animal, il vaudrait mieux parler d'adaptation à l'environnement. Cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur les principes qui guident les constructions animales, sur leurs rapports à l'esthétique ou sur leurs motivations biologiques et leurs visées fonctionnelles. En effet, ces architectures obéissent-elles aux mêmes lois que celles des bâtiments humains ? On sait que les castors, par exemple, font des huttes et des barrages. Toutefois, si leurs constructions ne sont pas de l’art à proprement parler, cette affirmation va moins de soi en ce qui concerne les oiseaux jardiniers ou les "oiseaux à berceau" qui aiment la décoration. Il y aurait au moins quatre causes justifiant le besoin des animaux de s'abriter : se protéger contre les aléas climatiques, se protéger contre les prédateurs et les parasites, stoker de la nourriture et permettre la communication au sein d’une espèce. Le rapport à la nature est intrinsèque à ce type de constructions, et c'est en cela qu'elles pourraient être une source d'inspiration pour les architectes et les designers. En effet, certains animaux, comme les insectes, ont suscité d'ingénieuses recherches pour imiter leurs travaux. Ainsi, les termites comme les abeilles ont produit les rapports d’échelle les plus extraordinaires entre la taille des individus et la construction collective. Devant les prouesses techniques dont font preuve les animaux, est-il toujours raisonnable que l'homme s'efforce de produire des aménagements pour eux ? Dans certains cas, comme pour les nids artificiels du flamand rose, il semble que oui. Toutefois, c'est peut-être plutôt à nous d'essayer d'apprendre quelque chose d'eux. Que nous enseigne en effet l'étude des habitations animales sur nos propres manières de construire, de communiquer et de cohabiter ? 

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  • Les invités : Bruno Corbara, éthologue et écologue, maître de conférences à l’université Clermont-Auvergne, spécialiste du comportement des insectes sociaux, directeur de la revue d’histoire naturelle Espèces, et auteur de plusieurs ouvrages dont La Cité des abeilles, publié en 2002 chez Gallimard et Constructions animales, paru en 2005 chez Delachaux & Niestlé. François Azambourg, designer et verrier, récompensé par de nombreux prix comme le grand prix du design de la ville de Paris et enseignant à l’ENSCI à Paris. 
Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Clémentine Boulard
Production déléguée