Illustration de graminées issue d'un manuel de botanique, XIXe siècle
Illustration de graminées issue d'un manuel de botanique, XIXe siècle
Illustration de graminées issue d'un manuel de botanique, XIXe siècle ©Getty - bahaus1000
Illustration de graminées issue d'un manuel de botanique, XIXe siècle ©Getty - bahaus1000
Illustration de graminées issue d'un manuel de botanique, XIXe siècle ©Getty - bahaus1000
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Résumé

Développé au XIXe siècle, le modèle productiviste de l'agriculture semble exsangue : l'épuisement des sols ou la chute de la biodiversité plaident pour une meilleure compréhension du travail des plantes et de la terre. Cela induit de connaitre en détail les relation des humains avec celles-ci.

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Le végétal, de la même façon que l'architecture, l'histoire ou la musique, fait partie du soubassement collectif de nos vies courantes : la matière usuelle sur quoi l'on s'appuie sans y prêter attention pour nouer des relations sociales, profiter de notre temps libre ou agrémenter nos domiciles... Les plantes et les arbres participent ainsi de notre patrimoine commun.

Il se peut pourtant que nous les connaissions mal : imaginer un végétal en particulier, c'est souvent l'envisager au sommet de sa maturité, en fleur ou chargé de ses fruits... C'est-à-dire comme un être figé ou, comme le montre Dusan Kazic, comme un produit. En faisant l'histoire de l'agriculture, notre invité du jour a compris que cette représentation des plantes était historiquement construite et correspondait à la façon dont "produit" et "production" ont servi à la pensée économique pour saisir et connaître la matérialité du monde.

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L'agriculture apparait alors comme une façon de produire des végétaux, comme l'usine produit des artéfacts. Pourtant, cette représentation ne correspond à priori ni aux réalités biologiques (car elle conduit à ignorer les sols et par conséquent à leur appauvrissement et leur artificialisation), ni aux réalités des pratiques paysannes (du moins avant qu'on ne les y conforme par le développement de l'agriculture intensive), lesquelles sont faites de relations et d'attention au comportement propre des espèces végétales.

Bien comprendre les plantes commence alors par bien comprendre la nature des liens qui nous unissent à elle, et c'est le projet que mène Dusan Kazic, en anthropologue. Il est allé observer plusieurs agriculteurs, ainsi que des chefs cuisiniers (qui eux-même portent une attention particulièrement vigilante aux aliments qu'ils travaillent) pour découvrir comment porter un regard plus attentifs sur ce qu'il se passe lorsque pousse une plante, et quels types de relations pourraient se nouer, d'humain à humain ainsi que des humains aux autres êtres vivants, dans une agriculture à venir.

La Pièce jointe de Romain de Becdelièvre revient sur quelques pages de Jean Giono et les arbres qui poussent dans ces lignes.

En savoir plus : Les arbres qui plantaient des arbres : Jean Giono et les plantes

L'invité : Dusan Kazic est anthropologue, chercheur associé au laboratoire Pacte de l'université Grenoble-Alpes. Quand les plantes n'en font qu'à leur tête, Concevoir un monde sans production ni économie (La Découverte, 2022) est son premier livre.