Deux jardiniers portent des maquettes de statues de Maillol au Louvre, le 14 janvier 1964 ©Getty - Keystone-France
Deux jardiniers portent des maquettes de statues de Maillol au Louvre, le 14 janvier 1964 ©Getty - Keystone-France
Deux jardiniers portent des maquettes de statues de Maillol au Louvre, le 14 janvier 1964 ©Getty - Keystone-France
Publicité
Résumé

Un mystère persiste autour d'Aristide Maillol : parce que les figures qu'il a sculptées sont à la fois profondément vives et mutiques, comme si elles gardaient pour elles un secret… Un secret que leur auteur se serait bien gardé de nous livrer, lui qui ne s'est que très peu exprimé sur son travail.

avec :

Ophélie Ferlier-Bouat (Conservatrice au Musée d’Orsay).

En savoir plus

Lorsqu'on cherche à mieux connaitre Aristide Maillol, ce que l'on constate c'est d'abord l'absence de sources : le sculpteur, né en 1861 et mort en 1944, a confié son expressivité toute entière à ses œuvres, et n'a lui-même jamais cherché à expliquer son travail de quelque manière que ce soit. Les seules sources permettant d'approcher ses vues sont des conversations rapportées par un ami photographe à la fin de sa vie, Henri Frère, ou par son principal mécène, Harry Kessler, ainsi que les carnets des dessins qu'il employait assidument comme outil de travail préparatoire à partir de 1894.

Ces rares documents sont du reste précieux pour comprendre la trajectoire d'un artiste qui fut d'abord un peintre influencé par Courbet et Cézanne, un temps proche des Nabis et de Maurice Denis, avant de rompre complètement avec la peinture, ne trouvant pas dans cette pratique l'expression qu'il recherchait. Après un passage dans la broderie et la tapisserie, c'est en autodidacte que Maillol commence la sculpture. Pour l'artiste comme pour la critique, ses premières tentatives paraissent immédiatement probantes, et les grands formats monumentaux succèdent rapidement aux petites Vénus des débuts.

Publicité

L'épure des formes de sa Méditerranée, dont le dépouillement n'exclut pas une certaine douceur, lui vaut l'admiration de ceux qui voient en lui un antidote à Rodin comme celle du maître lui-même (qui lui achètera une statue), et des commentaires élogieux de nombreux artistes de son temps : à rebours de tout maniérisme, la concision de ses gestes, la sobriété, la volupté, la sévérité et le silence qui baignent ses œuvres sont salués par Odilon Redon, André Gide ou de nouveau par Maurice Denis.

Aujourd'hui, nous tentons donc de nous mettre dans les pas d'un artiste qui a puisé au projet classique de la Grèce antique les ressources d'une œuvre ancrée dans son temps, pivot entre l'iconographie du XIXe siècle et la modernité du XXe.

  • Ophélie Ferlier-Bouat est historienne de l'art, conservatrice des sculptures au Musée d'Orsay, et directrice du Musée Bourdelle à Paris. Elle est aussi commissaire avec Antoinette Le Normand-Romain de l’exposition Aristide Maillol - La quête de l’harmonie au Musée d’Orsay du 12 avril au 21 août 2022, dont elle a également coordonné le catalogue (coédition Gallimard/Musée d'Orsay, 2022)
Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Cyril Marchan
Production déléguée
Aloïs Guérin
Stagiaire