La Vanité ou Allégorie de la vie humaine, huile sur bois, Philippe de Champaigne (1602 - 1674).
La Vanité ou Allégorie de la vie humaine, huile sur bois, Philippe de Champaigne (1602 - 1674). ©Getty
La Vanité ou Allégorie de la vie humaine, huile sur bois, Philippe de Champaigne (1602 - 1674). ©Getty
La Vanité ou Allégorie de la vie humaine, huile sur bois, Philippe de Champaigne (1602 - 1674). ©Getty
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C’est au XVIIe siècle que le genre de la vanité gagne en popularité, partageant les mêmes éléments picturaux que la "nature morte" (qui n’apparaît pourtant qu'au XVIIIe siècle), tels que les crânes ou les fleurs. Il propose une méditation mélancolique sur la précarité de l'existence humaine.

Quelle vanité que la peinture qui attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux. Blaise Pascal

Si on retrouve dans les peintures de vanités des symboles chrétiens et plus précisément eucharistiques, tels que le pain, le vin, la grappe de raisin ou encore le poisson, c'est principalement parce que les Vanités sont des œuvres qui servent de support à la méditation morale ou religieuse. Pour autant, leur caractère religieux reste à prouver, car elles ont avant tout pour fonction de suggérer, très sobrement, la vie silencieuse des choses. Œuvres ambiguës, elles dénoncent l’illusion de la vie tout en exaltant l’artiste-démiurge. L'image de la fleur témoigne de la précarité de la vie humaine, tels qu'Homère en dévoilait les tourments dès le 8ème siècle av. J.-C., dans le chant VI de l’Iliade : "Pourquoi me demandez mon origine ? Les générations des hommes sont comme celles des feuilles. Le vent jette les feuilles à terre, mais la féconde forêt en produit d’autres, et la saison du printemps revient ; de même la race des humains naît et passe."

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Mais est-ce qu’une fleur peut être aussi signifiante qu’un crâne, sur ce thème de la brièveté de la vie ? C'est ce que semble interroger le tableau de Philippe de Champaigne, au 17ème siècle, intitulé La Vanité ou Allégorie de la vie humaine et exposé au musée Tessé du Mans, qui représente une tulipe, un crâne et un sablier. Outre ces objets, qui prennent une valeur métaphysique indéniable, les danses macabres font également partie des caractéristiques de la vanité. Au Moyen Âge, de nombreuses fresques peintes sur les murs des monastères et des cimetières commencent à dépeindre des squelettes qui dansent. Ce n'est pas anodin si c'est à une époque où les épidémies de la peste, les guerres et les famines rendent la mort omniprésente que les artistes se sont mis à symboliser ce qu'on pourrait appeler le triomphe de la Mort. Comment les différents courants artistiques, de hier à aujourd'hui, se sont-ils emparés de cette tradition ? L'ont-ils perpétuée ? Le rapport à la mort n'a-t-il pas trop évolué pour qu'il fasse l'objet du même type de réflexion esthétique et religieux ?

  • L'invité : Ludmila Virassamynaïken, conservatrice en chef du patrimoine en charge des peintures et sculptures anciennes, commissaire de l’exposition "A la vie, à la mort" au Musée des Beaux-Arts de Lyon, du 27 novembre 2021 au 7 mai 2022.