Matthias Stomer, Une vieille femme et un enfant près d'une chandelle, 1630-1650.
Matthias Stomer, Une vieille femme et un enfant près d'une chandelle, 1630-1650. ©Getty
Matthias Stomer, Une vieille femme et un enfant près d'une chandelle, 1630-1650. ©Getty
Matthias Stomer, Une vieille femme et un enfant près d'une chandelle, 1630-1650. ©Getty
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Une des préoccupations majeures de la société occidentale du XVIIe et du XVIIIe siècles consistait à fournir aux foyers l'éclairage, le chauffage et l'eau courante. Ces apports triviaux en apparence ont été essentiels pour inaugurer un nouveau mode de vie fondé sur une certaine idée du confort.

Avec
  • Stéphane Castelluccio historien de l'art, chargé de recherche au Centre André Chastel (CNRS)

C'est dans l'ouvrage intitulé Tableau de Paris, paru en 12 volumes entre 1782 et 1788, que l'écrivain Louis-Sébastien Mercier nous fournit un témoignage fondamental pour comprendre les difficultés quotidiennes auxquelles étaient confrontés les habitants de la capitale en matière d'urbanisme et d'hygiène. Cela nous démontre également que la notion de confort est relative à l'époque dans laquelle on vit et qu'elle n'est devenue un paradigme qu'au fur et à mesure que le progrès technique s'est mis en place dans tous les pans de l'existence, modifiant en profondeur nos modes de vie. Ainsi, le seuil de tolérance à l'obscurité, au bruit ou au froid était bien supérieur au XVIe siècle qu'au nôtre, puisque les populations devaient s'accoutumer à de très faibles niveaux d'éclairage et à l'absence de chauffage au gaz. Une certaine forme de résignation  religieuse induisait d’accepter le monde tel que Dieu l’avait créé, jusqu'à ce que de nouvelles représentations du monde émergent, à la fin du XVIIème siècle, sous l'influence notamment du progrès scientifique et technique. Ce que nous prenons pour acquis constituait à l'époque un luxe qui exigeait un savoir-faire particulier, comme le principe de la combustion d’une matière végétale ou animale pour les chandelles ou la maîtrise du feu de bois, du charbon de bois ou encore du poêle pour le chauffage. En ce qui concerne l'eau, on comptait au XVIIIe siècle environ vingt mille porteurs d’eau, qui travaillaient du matin au soir et montaient deux seaux pleins, du premier au septième étage et parfois au-delà…

Pour en parler

  • Stéphane Castelluccio, historien, directeur de recherches au CNRS, au centre André Chastel, auteur notamment de La noblesse et ses domestiques au XVIIIe siècle (Monelle Hayot, 2021) et de L’éclairage, le chauffage et l’eau aux XVIIe et XVIIIe siècle (Gourcuff Gradenigo, 2016).

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Laurence Jennepin
Collaboration
Cyril Marchan
Production déléguée
Didier Pinaud
Collaboration
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration