Les gratte-ciels de Dubaï dans le brouillard, Émirats arabes unis.
Les gratte-ciels de Dubaï dans le brouillard, Émirats arabes unis. ©Getty
Les gratte-ciels de Dubaï dans le brouillard, Émirats arabes unis. ©Getty
Les gratte-ciels de Dubaï dans le brouillard, Émirats arabes unis. ©Getty
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Dubaï, première ville des Émirats arabes unis et capitale de l'émirat de Dubaï, est fondée au XVIIIe siècle. Le gigantisme de ses projets architecturaux, sa modernité débridée et son appétence pour le luxe en font une Alexandrie nouvelle.

Avec
  • Camille Ammoun écrivain et politologue, spécialiste des questions urbaines
  • Marc Lavergne Géopolitologue, directeur de recherche au CNRS

Le gouvernement de Dubaï a voulu faire de la ville une icône de la mondialisation et l'étendard d'une conception de l'avenir qui fusionnerait avec un certain idéal de l'high tech. Si l'origine de la prospérité des dubaïotes provient du contrôle de l’industrie perlière, c'est dans les années 1950 que le pays se développe de façon conséquente, avec la construction d’infrastructures portuaires propulsées par l’industrie pétrolière. Toutefois, ce n'est pas la quantité des ressources pétrolières de l'émirat qui justifie son essor économique, mais bien plutôt sa capacité à s'imposer face à ses voisins dans les échanges commerciaux. Dubaï a toujours trouvé dans le marché iranien son principal débouché et commanditaire, avant d'établir de solides relations avec l'Inde. Sa position stratégique dans le Golfe en fait une station-service incontournable pour les tankers. 

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Ce rayonnement se matérialise dans sa structure urbaine par une double volonté d'être entièrement ouverte aux relations internationales et de refléter, par l'ampleur de ses projets immobiliers, sa puissance économique. Lorsqu'on pénètre dans la ville, on ne peut cependant s'empêcher de noter les déséquilibres sociaux et politiques qu'engendre cette croissance frénétique. La division de la population en citoyens, métèques et esclaves rappelle en effet l'Athènes antique. La surexploitation de la main-d'œuvre et l'absence de droits politiques des travailleurs immigrés, à quoi s'ajoutent le conservatisme du régime, démontrent que cette économie est fondée sur un système esclavagiste. Le clivage social et la domination politique sont les faces cachées de cette modernité artificielle et illimitée. Par conséquent, il est légitime de se demander quelle place peut prendre Dubaï dans l’économie-monde et quel est son destin, si elle est un véritable projet urbanistique et sociétal, ou si elle ne doit rester qu'une utopie sans lendemain. 

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  • Invités : Marc Lavergne, géographe et directeur de recherche au CNRS, auteur d'un article, paru en 2009 dans la revue Hérodote et intitulé Dubaï, utile ou futile ? Portrait d’une ville rêvée à l’heure de la crise. Camille Ammoun, écrivain, politologue, enseignant en environnement urbain, auteur du roman Ougarit, paru en 2019 aux éditions Inculte, où il a déjà publié Octobre Liban

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Clémentine Boulard
Production déléguée