"Vauban donnant le plan des fortifications du château de la ville de Belfort", selon l'imagination de Tony Robert-Fleuri en 1877
"Vauban donnant le plan des fortifications du château de la ville de Belfort", selon l'imagination de Tony Robert-Fleuri en 1877
"Vauban donnant le plan des fortifications du château de la ville de Belfort", selon l'imagination de Tony Robert-Fleuri en 1877
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Résumé

Le nom Vauban est toujours très présent dans la mémoire collective, en bonne place sur les boulevards et avenues de nos villes, et de nombreux Français vivent dans l'immédiate proximité d'une de ses fortifications… Mais que reste-t-il de la mémoire de l'homme que fut Sébastien le Prestre de Vauban ?

avec :

Michèle Virol (Professeur des Universités en histoire moderne (Université de Rouen)).

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On se souvient encore bien de Vauban par ses fortifications, ensembles architecturaux diversement réhabilités au cours des dernières années, elles sont pour beaucoup de Français des figures familières du patrimoine national auxquelles on rend visite de temps en temps, en touriste ou en voisin. Leur forme caractéristique en étoile, déclinée selon les spécificités topographiques de chaque ville, informe encore profondément l'urbanisme de certaines.

On sait aussi, quoique moins, que Vauban fut maréchal et que, s'il n'a pas lui-même conduit d'armée au combat, il était un stratège militaire aguerri, rompu à l'art d'assiéger une ville aussi bien qu'à celui de la défendre. Ainsi s'est-il d'abord illustré auprès du Roi lors des campagnes que celui-ci mène en Hollande, avant de se voir confier la construction des places fortes qu'on lui connait.

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Mais en s'intéressant de plus près à sa vie, on découvre que la science de la poliorcétique (l'art et les techniques d'assiéger des villes) qu'il déploie ne constitue qu'un seul aspect des réflexions d'un homme d'Etat total. En rationaliste acharné, Vauban est convaincu qu'établir une administration centralisée du territoire par l'État fondée sur des données chiffrées contribuera au bien commun en sortant le royaume de "l'état de misère" dans lequel l'observe le maréchal au cours de ses voyages. Publiés en douze volumes d'Oisivetés ou ramas de plusieurs sujets à ma façons, ses écrits témoignent ainsi d'un intérêt envers de nombreuses questions économiques, sociales ou politiques, pour lesquelles il entend soumettre des solutions rigoureuses, fondées sur la pratique et soutenues par les mathématiques ou la géométrie. On y trouve ainsi des réflexions sur la nécessité de connaitre la démographie du royaume, des calculs arguant de comment pourvoir à la sécurité alimentaire de tout le peuple en favorisant l'élevage des cochons, ou même une importante proposition de réforme fiscale de l'Etat pour ajuster l'impôt aux capacités de chacun à y participer (jusqu'à la noblesse et au roi lui-même). En homme de son siècle, il est convaincu que la raison doit gouverner le monde ; c'est presque déjà en homme du siècle suivant, celui des Lumières, qu'il affirme que ce gouvernement doit servir la communauté dans son ensemble.

C'est justement au siècle des Lumières que s'est transporté Romain de Becdelièvre : la Pièce jointe revient sur l'attaque de Vauban par Choderlos de Laclos…

3 min
  • Michèle Virol est professeure émérite d’histoire moderne à l’Université de Rouen-Normandie, spécialiste de Vauban, de la guerre et des techniques au XVIIe siècle. La monographie collective qu'elle a dirigée autour de Vauban, la Pierre et la Plume est parue en 2020 aux éditions Gérard Klopp.
Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
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Collaboration
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