Glacier Perito Moreno en Patagonie - AlexQ
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Résumé

La limitation du réchauffement climatique à 2°C en 2100 reste l'objectif affiché de la COP21 qui commence à Paris le 30 novembre 2015. Pourtant, d'après les climatologues, il est improbable de ne pas dépasser cette limite. D'où la nécessité d'engager la science dans l'étude de mesures d'adaptation.

avec :

Hervé Le Treut (Physicien et climatologue, directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace, membre de l’Académie des Sciences, professeur à Sorbonne Université et à l’Ecole Polytechnique.), Amy Dahan (Historienne des sciences, mathématicienne, directrice de recherche émérite au CNRS, co-auteure avec Stefan C. Aykut de « Gouverner le Climat ? 20 ans de négociations climatiques ».), Jean Jouzel (Climatologue, ancien vice-président du GIEC).

En savoir plus

A partir de lundi 30 novembre et jusqu’au 11 décembre 2015, 147 chefs d’Etat et de gouvernement seront réunis au Bourget, près de Paris, pour participer à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, autrement dit la COP21. Comme son nom l’indique, il s’agit de la 21ème conférence des parties dont la première édition s’est tenue à Berlin en 1995. En 1992, le sommet de Rio avait déjà jeté les bases d’une volonté de coopération internationale sur le climat. Cette dernière s’est concrétisée en 1997 avec le Protocole de Kyoto, lors de la COP3. Ce protocole devait être renégocié en 2009 à Copenhague lors de la COP15. Ce fut un échec en raison du caractère non contraignant en matière d’émission de gaz à effet de serre de l’accord final. Tout l’enjeu de la COP21 de Paris est donc d’arracher aux participants un engagement contraignant pour limiter à 2°C le réchauffement de la planète d’ici 2100.

Parallèlement aux COP, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le GIEC, travaille depuis sa création, en 1988, sur l’élaboration des bases scientifiques du réchauffement climatique. Ses travaux ont abouti à 5 rapports publiés entre 1990 et 2014. Progressivement, le GIEC a augmenté son degré de confiance dans son principal résultat : le réchauffement climatique en cours est engendré par les activités humaines qui produisent des gaz à effet de serre, comme le CO2. Pour limiter ce phénomène à 2°C en 2100, l’humanité doit fortement réduire ses émissions de gaz à effet de serre. C’est tout l’enjeu de la COP21. Néanmoins, il apparaît désormais que cet objectif de 2°C a peu de chance d’être atteint. La température à la surface de la Terre va probablement augmenter de 3 ou 4°C. D’où la nécessité, en parallèle aux indispensables efforts d’atténuation du réchauffement, de nous préparer à nous adapter à la vie sur une planète plus chaude.

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Les effets du réchauffement climatique ne relèvent donc plus d’un futur lointain. Comme nous l’avons vu dans Science publique le 30 octobre, les conséquences sont déjà mesurables concrètement en France sur l’agriculture, le débit des fleuves, l’enneigement en montagne ou l’érosion des côtes. Peu à peu, la France, comme de nombreux pays dans le monde, est en train de changer sous l’impact de ce réchauffement. Ce constat conduit logiquement à assigner une nouvelle mission au GIEC : comment la science peut-elle contribuer à élaborer des solutions d’adaptation au réchauffement ? C’est le sujet de cette émission.