France Culture
France Culture
Publicité
En savoir plus
Dans une galerie du laboratoire souterrain de l'Andra à Bure
Dans une galerie du laboratoire souterrain de l'Andra à Bure
© Radio France - M.A.

Le 23 mai 2013, à Bure, dans la Meuse, devait se dérouler le premier débat public sur l’enfouissement profond dedéchets radioactifs provenant des centrales nucléaires françaises. A peine 15 minutes après l’ouverture de la séance, dans la salle des fêtes de Bure, les opposants ont contraint le président de la Commission particulière du débat public, Claude Bernet, à annuler la réunion inaugurale. Depuis, les autres réunions, programmées le 30 mai à Saint-Dizier, le 6 juin à Joinville et le 20 juin à Nancy ont été différées. Celle du 17 juin, à Bar-le-Duc, n’a duré que 30 minutes avant de subir le même sort que celle de Bure. On n’ose se prononcer sur la suite de ce débat fort mal engagé et qui doit durer jusqu’au 15 octobre.

Bon nombre d’associations écologiques et anti-nucléaires ont refusé de participer à ce débat. Certaines ont même refusé de venir exposer leurs arguments dans Science publique en estimant que leur participation à une émission de radio revenait à participer au débat lui-même. C’est dire si la situation est bloquée aujourd’hui. Non seulement, ces associations refusent de dialoguer dans le cadre du débat public, mais elles font en sorte, avec succès pour l’instant, que personne ne puisse débattre de ce sujet.

Publicité
Colis vitrifié de déchets nucléaires à haute activité à Bure
Colis vitrifié de déchets nucléaires à haute activité à Bure
© Radio France - M.A.

Une attitude que les habitants des départements de la Meuse et de la Haute Marne désapprouvent très majoritairement. Un sondage réalisé les 14 et 15 juin par TNS Sofres pour la Commission nationale du débat public, la CNDP, auprès de cette population montre que 83% des personnes interrogées estiment que les opposants devraient participer au débat public.

La stratégie du boycott du débat public, qui rappelle celle des opposants aux nanotechnologies, est-elle défendable dans un pays démocratique ?

Les associations qui l’ont adoptée justifient cette attitude par leur certitude que le débat public a pour seul objectif d’entériner des décisions déjà prises. Cette critique, qui rejoint celles des opposants aux nanos, n’est-elle pas largement justifiée ? Le sondage TMS Sofres montre en effet que 68% des personnes interrogées sont tout à fait ou plutôt d’accord avec le jugement que le débat public en cours ne sert à rien et que ses conclusions sont connues à l’avance.

Si le débat public sur l’enfouissement profond des déchets nucléaires à Bure échoue, ce qui semble aujourd’hui le plus probable, quelles seront les conséquences sur la suite du projet ?

Que l’on soit pour ou contre le nucléaire, les déchets nucléaires qui atteignaient, fin 2010, 1,32 million de m3, sont une réalité. La décision de leur enfouissement profond a été votée par le Parlement. Quelles seraient les solutions alternatives ?