France Culture
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Taxi Driver -
Taxi Driver -
- Alfonso Jiménez

Un bibliothécaire, un pilote d’avion, un danseur, un chauffeur de taxi, un musicien, un pompier... Autant de métiers, que je mentionne avec un masculin qui se veut neutre, qui réclament des aptitudes très différentes. Des aptitudes physiques mais également intellectuelles. Le métier, c’est l’activité que nous pratiquons pendant une partie importante de notre vie. Il peut affecter notre corps comme le montre souvent la musculature d’un déménageur par rapport à celle... d’un chirurgien par exemple. Mais notre travail modifie-t-il aussi notre cerveau ? Cela supposerait que nos neurones ne soient pas figés, même à l’état adulte. Depuis les années 1990, nous savons que plusieurs dizaines de milliers d’entre eux se créent chaque jour dans notre cerveau. En régénérant ainsi une partie de nos neurones, nous pouvons nous adapter à de nouvelles activités, augmenter notre expérience, enrichir notre mémoire. Un lien entre la plasticité du cerveau et notre métier devrait donc apparaître.

Science et Vie rapporte le cas des chauffeurs de taxis londoniens qui doivent mémoriser 25 000 rues. L’observation de la structure de leur cerveau montre qu’après leurs années d’apprentissage, l’hippocampe des chauffeurs de taxis londoniens, siège de la mémoire, devient surdéveloppé. Chez les joueurs de golf, c’est la région fronto-pariétale impliquée dans le contrôle sensorimoteur qui augmente de volume. Tous les sportifs de haut niveau développent ainsi leurs capacités visuelles, perceptives et attentionnelles. Des chercheurs américains ont montré que les jeux vidéos donnent au cerveau des aptitudes renforcées en matière d’extraction d’information d’une scène et de vitesse de prise de décision.

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Dans quelle mesure une activité professionnelle peut-elle transformer notre cerveau ?

Ces modifications neuronales restent-elles circonscrites ou bien peuvent-elles modifier l’ensemble de notre personnalité ?

Peut-on maîtriser notre capacité d’adaptation cérébrale au travail dans le cadre d’un changement de métier ?

Les spécialisations de nos neurones n’ajoutent-elles ou bien se substitue-t-elles les unes aux autres?

Disposons-nous tous de la même plasticité de notre cerveau et cette caractéristique évolue-t-elle avec l’âge ?

Une émission en partenarait avec le magazine Science & Vie