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Peut-on anticiper les effets de la science sur la société ? © Radio France

Au cours des dernières décennies, une voix manquait souvent dans les débats sur les progrès de la science et de la technologie. Le silence des penseurs, en particuliers des philosophes, pouvait alors être interprété de trois façons. Soit l'évolution allait trop vite pour qu'ils puissent élaborer une pensée en mesure de l'accompagner. Soit ils ne comprenaient pas bien ces évolutions, issues de domaines, la science et la technologie, trop éloignés de leur culture, essentiellement littéraire. Soit ils condamnaient, sans le dire, une société sous l'emprise d'une folie néo-scientiste. Bien difficile de trancher... Seules quelques voix, souvent sur cette antenne, se faisaient alors entendre pour, la plupart du temps, condamner les développements récents, en particuliers ceux de la technologie. Ainsi, les philosophes apparaissaient-ils plus portés à la nostalgie d'un temps où il suffisait de se tourner vers Platon ou Socrate pour trouver les réponses à toutes les questions que sur l'analyse des bouleversements à l'oeuvre dans la société du 21e siècle. Progressivement, les choses ont pourtant changé au cours de ces dernières années. Les livres de philosophes sur des sujets scientifiques, qu'ils soient médicaux ou environnementaux, se sont multipliés. Certes, le rôle des penseurs reste encore modeste dans le débat public. Mais ils y sont de plus en plus présents. Et la création récente de l'Institut Diderot confirme cette tendance. Le clivage remontant aux années 1960 entre science et philosophie commence à se résorber. Les barrières tombent entre les disciplines. Et il devient possible de s'exprimer sur des sujets scientifiques sans être bardé des diplômes correspondant, avec une grande précision, aux domaines abordés. C'est une bonne nouvelle. Que peuvent apporter les philosophes dans les débats publics suscités par les progrès de la science et de la technologie ? La philosophie peut-elle nous donner cette nouvelle vision globale de l'homme qui semble tant manquer aujourd'hui, aussi bien aux décideurs qu'aux simples citoyens ? Quel rôle peut jouer, dans ce sens, le nouvel Institut Diderot ?

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