France Culture
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Vue d'artiste de deux verres de vin
Vue d'artiste de deux verres de vin
- Amanda Velocet

Un même phénomène climatique peut provoquer des grincements de dents à Durban et des sourires dans le Bordelais ou en Bourgogne. En effet, alors que les 194 pays de l’ONU n’ont réussi à accoucher que d’un accord minimal pour tenter de limiter le réchauffement de la planète, les vignerons français eux se frottent plutôt les mains. Au cours des 50 dernières années, la température moyenne s’est élevée dans les vignobles français d’environ 1 degré. Plus de chaleur signifie une maturation qui produit des vins plus sucrés avec un taux d’alcool supérieur. Et il est ainsi devenu pratiquement impossible de trouver des vins en dessous de 13 degrés dans les rayons des magasins. Surtout pour les Bordeaux qui affichent jusqu’à 14,5 degré aujourd’hui. Tout se passe comme si le degré de température gagné se retrouvait dans le degré d’alcool. Plus besoin d’ajouter du sucre. Et encore moins besoin, comme dans les années 1960, de couper les vins français avec des vins d’Algérie.Signe révélateur également, le cycle de la vigne s’est raccourcie et les vendanges ont lieu de plus en plus tôt. Pratiquement un mois de gagné. On vendange désormais à partir de fin août, en France. Néanmoins, ce réchauffement climatique, favorable aujourd’hui aux vignerons du Bordelais, de la Bourgogne, du Val de Loire ou de la Champagne, pourrait avoir des conséquences moins positives dans les prochaines décennies. De quoi rendre, alors, justice aux négociateurs de Durban qui tentent de limiter l’ampleur du phénomène.

Vignoble de Moulis dans le Bordelais
Vignoble de Moulis dans le Bordelais
- Berndt Fernow

Quelles sont les conséquences actuelles du changement climatique de la planète sur les vignobles français qui produit plus de 3400 vins différents issus de 788 domaines cultivant près de 130 cépages différents ?

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Comment évoluent les grands et les petits crus avec ce degré de température gagné et quel impact cette chaleur a-t-elle sur la production mondiale et française de vin ?

Quelles sont les conséquences du recul de la date des vendanges sur la qualité du vin ?

Les vins de Bordeaux vont-ils se rapprocher des vis d’Algérie qui débarquaient, jadis, dans le port de Sète ? Y perdront-ils en finesse ce qu’ils peuvent gagner en puissance ?

Enfin, comment les vignerons peuvent-ils s’adapter pour tirer profit, à long terme, d’un changement climatique qui semble désormais inéluctable et qui réserve peut-être des surprises moins positives comme les phénomènes extrêmes, tels que les canicules, les inondations ou les sécheresses ?

Barriques de Chateau Latour
Barriques de Chateau Latour
- Billbl

Invités: Alain Dutournier chef du Carré des feuillants à ParisJean-Yves Nau , médecin, journaliste pour Slate.fr Joël Rochard , de l’ Institut Français de la Vigne et du VinBernard Seguin , directeur de recherche à l’unité Agroclim d’Avignon