France Culture
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© Joël Saget, AFP
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Exposition "Bécassine" en décembre 2005 à Lyon.
Une Nuit sur la bande dessinée au féminin des pionnières des années 1970 aux autrices à succès des années 2000, de Florence Cestac ou Chantal Montellier à Marjane Satrapi en passant par Claire Bretécher, entre autres. Quelques noms qui jalonneront cette nuit sur la BD proposée par Antoine Dhulster.
3 min
Illustration d'un homme musclé portant des haltères.
"La bande dessinée est-elle un univers machiste ?" telle était la question posée à la fin des années 80 dans l'émission d'actualité culturelle "Panorama", auprès de dessinatrices de bandes dessinées.
16 min
Marjane Satrapi le 1er novembre 2022.
Au début des années 2000, la publication de la série en quatre volumes de la bande dessinée "Persepolis" de Marjane Satrapi, récit autobiographique d’une enfance en Iran, est une petite révolution dans le monde du neuvième art. L’autrice se raconte dans “Radio libre” en 2009 en toute franchise.
1h 30
Aurelia Aurita le 23 septembre 2022 à Manosque lors du 24ème festival "Les Correspondances".
Aurélia Aurita présente son album de bande dessinée "Fraise et chocolat", récit intime de son histoire d'amour où elle dévoile de façon franche mais sans vulgarité et même avec un certain humour sa quête du plaisir sexuel. Sa BD est sa réponse à une vision trop masculine de la sexualité et du désir.
30 min
Florence Cestac dans son atelier.
En 1985, l’émission "Nuits magnétiques" se lançait sur les traces de plusieurs auteurs de bande dessinée à la suite du festival d’Angoulême. Le premier volet d’une série de deux et intitulé "Bande dessinée, promenade 1” est consacré aux auteurs F’Murrr et Florence Cestac.
1h 26
La mannequin et photographe Pat Booth porte une robe imprimée en bandes dessinées en 1967.
Jannick Guillerez était interviewée dans les Matinales de France Culture en 1977. Elle était à l'époque rédactrice en chef d'une revue de bandes dessinées "Ah ! Nana" qui donnait la parole exclusivement aux autrices et dessinatrices dans un milieu encore très masculin.
6 min
Chantal Montellier en octobre 2001.
En 2003, à l'occasion de la réédition de trois albums de la dessinatrice Chantal Montellier, François Angelier consacrait son émission "Mauvais genres” à cette autrice avant-gardiste de la bande dessinée des années 70.
1h 11
Hugues Micol, dessinateur (en 2010) et Loo Hui Phang, scénariste (en 2014).
La scénariste Loo Hui Phang et le dessinateur Hugues Micol co-auteurs de "Black-out", retracent la genèse de cet album sur l'âge d'or d'Hollywood et le destin d'une star noire effacée de toutes les pellicules et dont le nom est gommé de tous les génériques. Un livre sur les identités et le mensonge.
48 min
Portrait de l'illustratrice dessinatrice Claire Bretécher, 1978
En 1974, la dessinatrice Claire Bretécher s'entretenait avec Harold Portnoy dans l'émission "Le temps libre". Elle y expliquait les étapes de la réalisation de ses bandes dessinées, comment se passe son travail de création et en quoi ses personnages sont laids et peu sympathiques.
35 min
Le collectif des créatrices de BD dénonce les formes que prend le sexisme dans ce champ littéraire.
En 2016, le scandale éclate : aucune femme ne figure sur la liste des 30 auteurs en lice pour le Grand Prix du Festival de la BD d'Angoulême. Deux autrices de bande dessinée, Florence Cestac et Lisa Mandel, sont invitées à donner leur avis dans l'émission "Un autre jour est possible".
15 min

À propos du podcast

© Joël Saget, AFP
© Joël Saget, AFP

Cette nuit d’archives nous fait revivre les étapes de la lente féminisation de la BD en France, de l’époque des pionnières des années 70, dans le sillage de Claire Bretécher, aux grands succès de Marjane Satrapi au début des années 2000. Un programme d'archives proposé par Antoine Dhulster.

La bande dessinée est à l’honneur à l’occasion du 50e Festival d’Angoulême qui se tient du 26 au 29 janvier 2023. Angoulême : un monde à part avec ses artistes distingués, son palmarès, son Fauve d’Or, son Grand Prix, ses rituels et parfois ses accidents de parcours...

Cette année c’est l’affaire Bastien Vivès qui défraie la chronique avec la carte blanche accordée à cet auteur, une carte blanche annulée après une mobilisation et des pétitions dénonçant la teneur pédopornographique de plusieurs de ses publications.

Au-delà de la singularité de cette affaire, plusieurs auteurs et autrices de bandes dessinées font le lien avec une autre polémique survenue à Angoulême en 2016. Une polémique qui était relative cette fois à la place des femmes dans le monde du 9ème art. Cette année-là, aucune dessinatrice, aucune scénariste ne figurait dans la longue liste d’artistes en lice pour le Grand Prix du Festival. Lequel festival avait fait machine arrière en intégrant en catastrophe six noms féminins à sa liste initiale.

D’une année à l’autre et dans des contextes évidemment très différents, on interroge, donc, et on remet en cause un certain regard, une certaine domination masculine dans le monde de la bande dessinée. Car l’histoire des femmes dans la bande dessinée est une histoire compliquée, entamée dans les années 1970 avec quelques grands noms : Claire Bretécher et ses personnages des Frustrés, puis Agrippine. Mais aussi Florence Cestac ou Chantal Montellier, toutes deux membres de l’équipe du magazine Ah ! Nana, éphémère publication féminine et féministe de la fin des années 70. Plus près de nous des noms nous semblent encore plus familiers : Marjane Satrapi avec sa série Persépolis, ou encore Marguerite Abouet et son héroïne Aya.

On pense aussi à l’entrée officielle ce 30 novembre 2022 de la dessinatrice Catherine Meurisse à l’Académie des Beaux-Arts, un tournant historique de mise en valeur du neuvième art à travers une femme qui plus est.

D’une époque à l’autre et malgré des résistances, l’univers de la BD se féminise donc de façon accélérée et on aurait tort de chercher une “unité” ou une cohérence dans cette BD au féminin, la chose n’aurait pas plus de sens que pour la BD masculine. Mais on retient l’idée d’une discipline qui se renouvelle et s’enrichit en sortant bon an mal an d’un certain entre-soi masculin et donc de certains stéréotypes de genre. In fine et si ce mouvement se confirme, c’est tout l’univers du neuvième art qui aurait à y gagner.

  • Par Antoine Dhulster, avec la collaboration d'Anne de Biran
  • Réalisation Antoine Larcher
  • B.D. : nom féminin - Présentation (1ère diffusion : 22/01/2023)
  • Indexation web : Documentation de Radio France
  • Archive Ina-Radio France