France Culture
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© Christer Strömholm (collection Philippe Dufour), Radio France
© Christer Strömholm (collection Philippe Dufour), Radio France
© Christer Strömholm (collection Philippe Dufour), Radio France
Bernard Dufour dans son atelier du Pradié en 1989
Une Nuit autour de Bernard Dufour pour découvrir le parcours au long cours d’un peintre passé de l’abstraction au figuratif dans les années 1960 et qui n’a cessé de rechercher le réel à travers la représentation du corps des femmes et de la mort. Un programme d'archives proposé par Albane Penaranda.
6 min
Bernard Dufour dans son atelier en 1955
Si l'œuvre de Bernard Dufour est méconnue aujourd'hui, il faut sans doute remonter au début des années soixante lors de son passage de l'abstraction à la figuration pour comprendre cet oubli. Dans cette courte interview de 1964, le peintre explique sa décision, voire justifie son choix du figuratif.
5 min
Autoportrait sur bois de Bernard Dufour (collection Philippe Dufour)
Dans "Les après-midi de France Culture", le peintre Bernard Dufour racontait en 1982 vingt ans d'autoportraits qui étaient autant de révélations sur son rapport au sexe, à la mort et à l'identité. Passé au début des années 1960 de l'abstraction au figuratif, Bernard Dufour s'explique et s'interroge.
47 min
Bernard et Martine Dufour, Catherine Millet et Jacques Henric, vacances en Toscane, années 1980 (collection Philippe Dufour)
Dans ce premier entretien d'"A voix nue", le peintre Bernard Dufour raconte ses écrits autobiographiques en parallèle à sa peinture. Dans ses confidences se mêle une réflexion sur ces deux activités et comment elles lui permettent chacune à sa façon d'attraper le réel, comme une quête permanente.
30 min
Bernard Dufour et Pierre Loeb en 1953 (collection Philippe Dufour)
Le peintre Bernard Dufour s'entretenait en 1995 avec Alain Veinstein dans son émission "Du jour au lendemain" à l'occasion de la parution de son livre "Des collectionneurs tels André Breton" dans lequel il disait son admiration pour le grand amateur d'art et collectionneur qu'avait été André Breton.
47 min
Bernard Dufour "Portrait de Pierre Klossowski", atelier du Pradié, mars 1989
Deuxième temps de la série "A voix nue" avec le peintre Bernard Dufour qui parle ici du sens de ses tableaux, de la peinture du réel telle qu'il la conçoit, de sa fascination pour les tableaux de Matisse, du Titien et de tous ces peintres du réel.
29 min
"Pierrot" (également appelé "Gilles") de Jean-Antoine Watteau, 1717-1719 (Musée du Louvre)
Dans ce "Clin d'œil", le peintre Bernard Dufour nous raconte l'histoire d'une passion, celle du premier directeur du Louvre Vivant Denon pour le tableau de Watteau appelé "Le Gilles". Ce tableau, l'un des derniers de Watteau, a connu un destin extraordinaire.
15 min
"Holger Meins 75" de Bernard Dufour, acrylique et fusain sur toile de jute et de lin non préparée - Musée d’Art moderne de Paris
Le peintre Bernard Dufour, dans ce troisième entretien de la série "À voix nue", parle de la différence entre réalité et réel en partant du récit du suicide de sa femme quarante ans auparavant.
29 min
Représentation de l'opéra "Wozzeck" d'Alban Berg avec Gun-Brit Barkmin et Garry Magee à l'Opéra comique de Berlin en mai 2004.
Le peintre Bernard Dufour parle de son rapport intime, esthétique et affectif avec deux opéras d'Alban Berg, "Wozzeck" et "Lulu" et explique en quoi les personnages féminins de ces opéras font partie de son univers.
55 min
Emmanuelle Béart et Michel Piccoli sur le plateau du tournage de "La Belle Noiseuse" de Jacques Rivette
Dans ce quatrième temps de la série "À voix nue", le peintre Bernard Dufour parle de sa participation au film "La Belle Noiseuse" de Jacques Rivette sorti en 1991, et ce faisant de sa manière de travailler la toile et d'explorer la structure de ses tableaux.
29 min
Emmanuelle Béart et Michel Piccoli, tableau Bernard Dufour, tournage de "La Belle Noiseuse" de Jacques Rivette, 1991 (collection Philippe Du
Dans l'émission "La radio dans les yeux", alors que venait de sortir en salle "La Belle Noiseuse" de Jacques Rivette, auréolé de son succès cannois, on entendait le cinéaste et les comédiens parler du film, ainsi que Bernard Dufour dont on voyait les peintures à l'écran.
35 min
Bernard Dufour - photo de Martine en 1972 - tableau Les Gardes 1995
Dans ce dernier entretien d'"À voix nue", le peintre Bernard Dufour parle à nouveau de son expérience du film tourné avec Jacques Rivette, de l'écriture de son autobiographie dans une recherche de totale franchise, puis de sa relation avec ses modèles qu'il tient à distance.
29 min

À propos du podcast

© Christer Strömholm (collection Philippe Dufour), Radio France
© Christer Strömholm (collection Philippe Dufour), Radio France

Quelle place pouvons-nous faire à un artiste comme Bernard Dufour aujourd'hui ? À sa recherche obstinée du réel ? À une manière de peindre, d'écrire, de parler et d'être qui excluait l'autocensure sans craindre de déplaire ou de décevoir ? Un programme d'archives proposé par Albane Penaranda.

Parmi ceux auxquels le nom de Bernard Dufour évoque quelque chose, beaucoup ne l'ont découvert qu'avec La Belle Noiseuse, le film de Jacques Rivette dans lequel il était la main de Frenhofer interprété par Michel Piccoli. C'est un fait, Bernard Dufour, n'est pas le plus célèbre des peintres français. Alors pourquoi lui consacrer une Nuit, à l'occasion du centenaire de sa naissance, se demanderont certains ? Simplement parce que son œuvre existe intensément, c’est-à-dire trouble, dérange et scandalise parfois. Parce qu'elle questionne et regarde celui qui la croise. Son œuvre ? C’est-à-dire lui-même, Bernard Dufour, puisqu'entre ce qu'il était, ce qu'il vivait et ce qu'il peignait ou écrivait, il ne voulait aucune frontière.

Né à Paris en 1922, mort en 2016 dans l'Aveyron, dans sa maison du Pradié où il avait son atelier depuis les années soixante-dix, Bernard Dufour est tout sauf un artiste de tout repos. Lui-même désignait le sexe et la mort comme les deux pôles de sa création et, pour ne pas sembler céder à une quelconque bienséance, disait "pornographie" quand on parlait d'érotisme à propos de sa peinture. Une peinture dans laquelle il avait fait entrer la figuration au début des années soixante, en payant cher de tourner ainsi le dos à la pure abstraction qui dominait alors.

L'intime, l'autobiographie, Martine sa femme, le mas du Pradié… ses autoportraits regardant dans les yeux le regardeur… le corps des femmes, leurs sexes dévoilés sans pudeur… l'obsession du réel et le refus de tout réaliste, de tout conceptualisme… Parviendrons-nous à faire voir quelque chose de la peinture de Bernard Dufour dans cette Nuit ? Certainement, en l'écoutant parler de ses toiles, de ses livres et de ses photographies, des femmes de sa vie et de la tragédie violente de leurs morts ; en l'écoutant parler des opéras d'Alban Berg, du Gilles de Watteau, d'André Breton collectionneur, de La Belle Noiseuse et de la lignée des peintres qu'il ne quittait pas des yeux : Rembrandt, Goya, Cézanne, Giacometti. Tout au long de cette Nuit, lors notamment d'entretiens avec Catherine Millet, Alain Veinstein et Pierre Descargues, nous entendrons une parole libre, crue, enthousiaste et passionnée.

Bernard Dufour, la poursuite du réel, une sélection d'archives proposé par Albane Penaranda