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Le poète Paul Éluard (1895-1952)
"Paul Éluard ou l’éloge de la simplicité" est une sélection d'archives par Mathias Le Gargasson consacrée au poète Paul Éluard (1895-1952). Nous écoutons le poète lui-même lire ses poésies, mais aussi des hommages par Picasso, Gaston Bachelard, Elsa Triolet, Vercors, ou encore Philippe Soupault.
5 min
Photographie d'un disque microsillon de Paul Eluard "La Force de l'amour".
Dans cet enregistrement de 1947, Paul Éluard lit six de ses poèmes. Cette lecture est suivie d’un entretien au cours duquel Paul Éluard est questionné sur la création d'un poème. Un document rare et précieux, avec la voix de Paul Éluard, cinq ans avant sa mort.
13 min
Louis Aragon, André Breton, et Paul Eluard avec Elsa Triolet Aragon et Nusch Eluard.
Le 20 novembre 1952 un hommage est rendu au poète Paul Éluard sur la Chaîne Nationale, deux jours après sa mort. Au micro de Pierre Barbier, cette émission donne à entendre Pablo Picasso, Jean Cocteau, Vercors, Elsa Triolet, Claude Roy ou encore Francis Poulenc.
29 min
On voit sur le manuscrit de "Liberté" de Paul Éluard qu'il a changé le titre
Ce numéro de "Poésie ininterrompue" diffusé pour la première fois le 11 mai 1947 propose à l’écoute des lectures de poèmes de Paul Eluard par le poète lui-même, accompagné des comédiens Roger Blin et Jacqueline Trutat.
29 min
En 1923, lors d'une foire à Montmartre, les poètes Paul Éluard, Andre Breton et Robert Desnos posent derrière un avion en carton.
En 1983, dans un numéro de "Relecture" sur le poète Paul Éluard, Jean Pierrot et Henri Meschonnic, au micro d'Hubert Juin, reviennent sur cette simplicité trompeuse d’Éluard.
1h 29
Le poète Paul Eluard et sa femme Nusch en 1936.
"Invraisemblances et hyperboles", dans la série des "Chemins et routes de la poésie" est l’occasion de faire une immersion dans l’esprit enchanté de Paul Éluard dans une émission entièrement orchestrée par le poète lui-même. Elle a été diffusée pour la première fois le 21 octobre 1949.
30 min
Le poète Paul Éluard (1895-1952) en 1944.
Dans ce numéro "Des idées et des hommes" en hommage à Paul Eluard par Jean Amrouche, diffusé pour la première fois en décembre 1952, Jean Lescure témoigne de ce que fut son ami poète.
26 min
Le groupe Dada : Aragon,  Fraenkel, Eluard, Pansaers, Dermée, Soupault, Ribemont Dessaignes, Tzara, Céline Arnauld, Picabia et Breton en 1921 à Paris.
En 1973, vingt après la mort du poète Paul Éluard, l'émission "Relecture" donne la parole à Philippe Soupault qui se remémore sa rencontre avec le poète dans les années 1920, en pleine période dadaïste et surréaliste. Des lectures de poésies éclairent cet hommage.
1h 00
La compositrice et résistante Elsa Barraine (1910-1999), Grand Prix de Rome en 1929.
En 1950, la compositrice Elsa Barraine, le poète Paul Éluard et l’Orchestre National de France proposaient un concert dans lequel Elsa Barraine mettait en musique des extraits de "Poésie ininterrompue" d'Éluard, avec des lectures de Claudine Verneuil et Bernard Demigny.
32 min
Les écrivains dadaïstes André Breton, René Hilsum, Louis Aragon et Paul Eluard, costumé lisant la revue Dada 3,1919.
En 1969, Philippe Soupault se souvient de la première rencontre entre un jeune poète timide, Paul Éluard et le pape du surréalisme, André Breton. Ce récit est à écouter dans l'émission "Tels qu’en eux-mêmes" : "Paul Éluard, 2ème partie" diffusée pour la première fois le 2 novembre 1969.
54 min
Max Ernst : estampes et livres illustrés. Exposition Bibliothèque nationale,  1975 / Portrait de Paul Eluard.
En 1953, Gaston Bachelard, Michel Leiris, Claude Roy et Jean Lescure rendent hommage à Paul Éluard dans l'émission "Des idées et des hommes", un an après la disparition du poète le 18 novembre 1952.
23 min

À propos du podcast

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"Paul Éluard ou l’éloge de la simplicité", une sélection d'archives proposée par Mathias Le Gargasson, consacrée au poète Paul Éluard (1895-1952). Nous écoutons le poète lui-même lire ses poésies, mais aussi ses proches lui rendre hommage, parmi eux, Soupault, Cocteau, Elsa Triolet, Vercors, etc.

Paul Éluard, Eugène Grindel de son vrai nom, est mort il y a 70 ans, un 18 novembre 1952. Depuis, son nom n’a pas cessé d’habiter les consciences collectives : qui n’a pas appris, au primaire ou au collège, un poème d’Éluard ? Qui ne connaît pas le fameux vers "la terre est bleue comme une orange" ? Pourtant, si Éluard a su rester connu de toutes et de tous, rares sont ceux et celles qui ont lu en entier un recueil d’Éluard, ou qui sont capables de retranscrire fidèlement ce que fut sa trajectoire artistique.

On lit sur un site encyclopédique bien connu qu’il serait l’un des "piliers du surréalisme", une idée largement véhiculée dans les rares exposés et références à son propos. Cette idée selon laquelle Éluard serait une figure de proue du mouvement surréaliste n’est pas une simple exagération ou simplification à outrance : elle est entièrement fausse. Il est vrai qu'Éluard à énormément fréquenté les surréalistes, dont Breton qui fut pendant des décennies sont grand ami, alors que tout opposait les deux hommes. Mais il n’eut jamais les mêmes goûts ni les mêmes ambitions que les surréalistes.

Le surréalisme recherche la transgression esthétique, Éluard, lui, ne cherche pas à transgresser quoi que ce soit, du moins pas par sa poésie : s’il est de toutes les premières manifestations dadaïstes et qu’il affiche son soutien aux surréalistes, son œuvre reflète une toute autre réalité. Sa poésie est souvent douce, parfois joyeuse, parfois mélancolique, mais toujours lisible : il respecte le langage et la tradition poétique et ne cherche qu’à émouvoir. Il y a d’ailleurs peu de spécialistes véritablement d’Éluard, tant son œuvre est accessible et ouverte, parfois considérée comme trop simple, trop naïve pour être digne d’attention. Et il est vrai qu’en cela Éluard détonne dans le paysage intellectuel dans lequel il évolue : il suit tranquillement et seul le chemin de la simplicité.

Éluard suit tranquillement et seul le chemin de la simplicité

C’est une poésie profondément humaine, qui va dans son humanité même jusqu’à "une forme de transcendance" selon les mots de Gaston Bachelard. Malgré sa différence, malgré ce langage étonnamment quotidien et prosaïque, il n’est pas raillé par ses contemporains ; au contraire, les poètes et artistes admirent grandement celui qu’ils appelèrent avec humour "le Verlaine du surréalisme". Comme le montre cette nuit d'archives, Éluard est une figure solaire, empreint d’une légèreté et d’une joie de vivre qui se muait parfois en mélancolie. A sa mort, il y a 70 ans, il fut pleuré par tous les poètes, les artistes, les lecteurs et lectrices ; cette nuit tente de le célébrer, entre poèmes lu dans sa voix et témoignages de ses contemporains.

  • Une sélection d'archives par Mathias Le Gargasson
  • Réalisation : Antoine Larcher
  • Nuit : Paul Éluard ou l’éloge de la simplicité - (1ère diffusion : 13/11/2022)
  • Édition web : Sabine Bonamy & Sandrine England, Documentation de Radio France