Clémentine Autain : "la condition féminine : des changements profonds mais pas encore totalement maitrisés"

Clémentine Autain, députée La France Insoumise
Clémentine Autain, députée La France Insoumise ©AFP - JULIEN DE ROSA
Clémentine Autain, députée La France Insoumise ©AFP - JULIEN DE ROSA
Clémentine Autain, députée La France Insoumise ©AFP - JULIEN DE ROSA
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Ses premiers contacts avec la politique et le féminisme, Clémentine Autain les a eus dès sa plus tendre enfance. Aujourd'hui députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, elle continue son combat contre les violences faites aux femmes et les personnes les plus pauvres.

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Depuis quelques jours La France Insoumise est secouée par la tempête Quatennens. Ce député La France Insoumise, alors qu'il est en train de divorcer, gifle l'an dernier sa femme. Plus récemment il avoue lui avoir saisi le poignet. Depuis Céline Quatennens a déposé une main courante et une enquête est ouverte par le parquet de Lille.

L'affaire Quatennens

Selon Clémentine Autain, lorsqu'Adrien Quatennens a choisi de se retirer de son poste de coordonnateur du mouvement, "il a posé là un acte politique qui fait écho à notre combat qui est celui d'une forme d'exemplarité du point de vue de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles que nous ne considérons pas comme appartenant au champ privé, c’est-à-dire à devoir être renvoyés chacun chez soi (...) Nos responsables politiques ont grandi et vivent dans la société telle qu'elle est. Donc on est traversé par le sexisme et les violences sexistes et sexuelles de notre société. Je pense que le seuil de tolérance a considérablement bougé, notamment depuis la vague Metoo."

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Des affaires similaires dans d'autres partis

Selon la députée La France Insoumise, son parti avance. Ils ont par exemple mis en place une commission de lutte contre les violences sexistes et sexuelles permettant de recueillir la parole. "Je trouve qu'on avance, qu'on a franchi des étapes là où la droite, bien sûr, se pose bien moins de questions puisqu'ils ont quand même supporté des situations incroyables et dont on parle moins. Nous, du matin au soir, on essaye de mettre le doigt sur nos contradictions éventuelles. A En Marche, on a Monsieur Darmanin qui a continué à être ministre de l'Intérieur et on pouvait lire dans la presse des pages entières expliquant qu'il avait eu des relations sexuelles moyennant un logement social."

Un attrait pour la politique depuis la plus tendre enfance

Entre un père chanteur et une mère actrice, Clémentine Autain rêve d'une carrière artistique. Mais son père Yves Dautin est également un sympathisant de l'extrême gauche. En 1985, alors qu’elle a 12 ans, sa mère, Dominique Laffin, meurt. Sa mère, résolument féministe et libre, transmet à sa fille le goût de l’indépendance. Et les amis de son père lui transmettent le goût de l'engagement : "ce n’est sans doute pas un hasard si ce qui m'a le plus marqué, ce qui me créait le plus d'intérêt, comme petite fille, c'était quand il y avait Jack Ralite, quand il y avait Alain Krivine, quand il y avait d'autres responsables politiques qui venaient. (...) "Mon père m'a transmis cette espèce de révolte d'un monde qui tourne à l'envers, de voir la misère, et de voir des politiques qui sont incapables d'y répondre. Sauf que très tôt, vis-à-vis de mon père, je disais Mais qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce qu'on fait ?"

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Son engagement féministe

En 2006, elle raconte le viol qu'elle a subi à l'âge de 23 ans sous la menace d'une arme blanche aux abords de l'université Paris-VIII. Elle dévoile ce drame pendant la précampagne présidentielle comme "une manière de porter la question des violences dans le débat" et de lutter contre le "tabou sur le viol". Ce viol semble avoir marqué le début de son engagement féministe. En novembre 2012, elle organise le manifeste des 313 "Je déclare avoir été violée", relayé par le Nouvel Observateur. : "On était en avance au moment de ce manifeste des 313. À tel point que je me souviens de beaucoup de refus d'actrices, de femmes politiques qui ne voulaient absolument pas parler. Et de mon entourage qui me déconseillait de signer ce texte en disant il faut continuer à mentir. Puisque c'était le cas avant, je ne disais pas pourquoi j'étais féministe. Je ne racontais pas ça. Et en fait, c'est un acte d'honnêteté vis-à-vis de moi-même et d'arrêter de mentir. De ne pas dire pourquoi je suis devenue féministe, ça me devenait insupportable et je me disais mais finalement, je suis complice des violeurs. (...) Je suis très fière de l'avoir fait et surtout très émue et très heureuse que depuis tant de femmes ait parlé."

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