France Culture
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Benjamin Stora, voyage au bout de l’Algérie...
Benjamin Stora, voyage au bout de l’Algérie...
La famille Zaoui en 1938 à Constantine
La famille Zaoui en 1938 à Constantine
Il s’appelait Elie Stora et elle, Marthe Zaoui. Il venait de Constantine et elle des Aurès. Ils se sont aimés, mariés et de cette union est née une fille puis un fils 6 ans après, le 2 décembre 1950, Benjamin, un petit Juif d’Afrique du Nord.
29 min
Benjamin Stora (à gauche) avec ses parents et sa sœur sur la place de la Brèche à Constantine, en Algérie, en 1951 Auteur :
Benjamin Stora (à gauche) avec ses parents et sa sœur sur la place de la Brèche à Constantine, en Algérie, en 1951 Auteur :
1955. Un soldat français installe une mitrailleuse à la fenêtre de sa chambre. Il tire sur des Algériens. Détonations assourdissantes et odeur mélangée de souffre, de nitrate et de charbon de bois. Ainsi commence la guerre d’Algérie pour le petit Benjamin Stora qui rêve désormais d’ailleurs...
29 min
Benjamin Stora à la fac de Nanterre en 1970
Benjamin Stora à la fac de Nanterre en 1970
Une maison surpeuplée à Montreuil, un garage aménagé dans le 16ème arrondissement de Paris et un HLM à Sartrouville, tel est le décor de cette métropole que Benjamin Stora découvre à l’aube des années 1960. Une France qui n’aime ni les étrangers, ni les Pieds Noirs et encore moins les arabes...
29 min
Prise de parole militante en 1973
Prise de parole militante en 1973
La lutte des classes ! Ça au moins, c’est universel, ni algérien, ni français, ni Pied Noir. Un communiste prussien allait offrir Benjamin Stora son ticket pour l’intégration. Karl Marx l’invitait alors à un voyage bien différent.
29 min
Benjamin Stora en 2000, à Rabat (Maroc)
Benjamin Stora en 2000, à Rabat (Maroc)
L’homme aux multiples exils s’est enfin posé et imposé, devenu le spécialiste de cette Algérie qui s’est affranchie il y a près de 60 ans. Tous les Présidents consultent Benjamin Stora sur l’avenir tandis qu’il redécouvre un passé intime et charnel celui d’un petit Juif d’Afrique du Nord.
29 min

À propos de la série

Il est comme ces auteurs, artistes et autres cinéastes qu’on assigne, cantonne et enferme dans un unique domaine. A la seule évocation de son nom on sait de quoi il va s’agir. Il faut toujours qu’il soit là où on l’attend. Pas de surprise, pas d’effet.…

Il est comme ces auteurs, artistes et autres cinéastes qu’on assigne, cantonne et enferme dans un unique domaine. A la seule évocation de son nom on sait de quoi il va s’agir. Il faut toujours qu’il soit là où on l’attend. Pas de surprise, pas d’effet. Si Benjamin Stora semble ne pas échapper à cette règle immuable, réduit à l’incarnation solitaire de l’Histoire algérienne, il tente d’échapper à cette force centrifuge qui voudrait nous faire croire qu’il n’est que ça, « l'historien de l'Algérie» le cher pays de son enfance juive bercée d’une insouciance en bleu, blanc, rouge. Un paradis perdu « une main devant, une main derrière » qu’il n’aurait jamais su quitter, faisant de lui, sa vie, son œuvre. Pourtant, aux antipodes des chantres de la « nostalgérie », il s’est bâti dans les « ismes » des révolutions du 20ème siècle. A la veille de mai 68, le petit Pied Noir de Constantine s’efface tandis que plane l’ombre de Marx et que vrombissent les fracas de l’éternelle lutte des classes.

Une série d'entretiens produite par Alain Lewkowicz, réalisée par Delphine Lemer. Prise de son : Benjamin Perru. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Provenant de l'émission

À voix nue, du lundi au vendredi de 20h à 20h30 sur France Culture

Une émission qui recueille les paroles, les réflexions de celles et ceux qui marquent notre temps.