France Culture
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Bonjour et adieu à la négritude
Bonjour et adieu à la négritude
Couverture du livre "Bonjour et adieu à la négritude" de René Depestre publié en 1980
Couverture du livre "Bonjour et adieu à la négritude" de René Depestre publié en 1980
Cette nuit "Bonjour et adieu à la négritude" tente de retracer l’évolution du concept de négritude dans la deuxième moitié du XXème siècle, entre hommage et critique, héritage et dépassement et d'en comprendre la complexité bien au-delà d'un simple rassemblement de poètes autour de l’identité noire.
4 min
Léopold Sédar Senghor délégué à l'Assemblée du Conseil de l'Europe à Strasbourg en août 1949.
Léopold Sédar Senghor délégué à l'Assemblée du Conseil de l'Europe à Strasbourg en août 1949.
À Dakar, en 1966, s’ouvrait le premier Festival mondial des arts nègres, organisé par l’État sénégalais dirigé par Léopold Sédar Senghor. Cet événement célébrait, pour la première fois en Afrique, la créativité et la diversité dans l'art et la culture du continent et érigeait un nouvel humanisme.
22 min
Aimé Césaire (au centre) entouré de l'ethnographe Michel Leiris et de l'actrice Marpessa Dawn au Festival mondial des arts nègres le 06/04/1966 à Dakar.
Aimé Césaire (au centre) entouré de l'ethnographe Michel Leiris et de l'actrice Marpessa Dawn au Festival mondial des arts nègres le 06/04/1966 à Dakar.
En 1966 à l'issue d'un colloque qui se tenait en marge du Festival Mondial des Arts Nègres, le poète Aimé Césaire prononce son discours sur la place et l'avenir de l'art africain dans le monde des années 60. Plus spécifiquement, il lance un appel vibrant aux politiques à sauver l'art africain.
40 min
Portrait de Jacques Rabemananjara, homme politique et poète malgache (1913-2005)
Portrait de Jacques Rabemananjara, homme politique et poète malgache (1913-2005)
Au printemps 1966 se tenait à Dakar le Festival Mondial des Arts Nègres. Parmi les participants, Jacques Rabemananjara, poète et homme politique malgache, est intervenu en clôture pour apporter un message d'optimisme sur la permanence des arts africains.
35 min
"Cahier d'un retour au pays natal", première œuvre du poète martiniquais Aimé Césaire, posé sur son bureau dans l'ancienne mairie de Fort-de-France.
"Cahier d'un retour au pays natal", première œuvre du poète martiniquais Aimé Césaire, posé sur son bureau dans l'ancienne mairie de Fort-de-France.
Tour d'horizon de la richesse poétique des auteurs noirs de langue française, en dehors de certains noms passés à la postérité, ils sont nombreux à avoir été oubliés. Cette émission nous offre la possibilité d'en écouter toute la diversité.
28 min
Portrait de Léopold Sédar Senghor
Portrait de Léopold Sédar Senghor
Léopold Sédar Senghor était invité en 1974 pour répondre de l'évolution du concept de négritude qu'il avait contribué à créer 40 ans auparavant. D'un concept ancré dans les racines négro-africaines, de refuge et de refus, il explique être passé à un concept de dialogue basé sur le métissage.
1h 00
René Depestre en 1992.
René Depestre en 1992.
En 1967, le poète et romancier haïtien René Depestre était installé à Cuba au gré de ses nombreuses pérégrinations. Auteur et militant politique, il est régulièrement contraint à l'exil. Associé au mouvement de la négritude, il s'explique ici sur ce qui pourrait ressembler à du racisme anti-blanc.
37 min
Le 6 août 1948, parmi les parlementaires accusés lors de l'insurrection malgache de 1947, Jacques Rabemananjara (3ème de g.à d.)
Le 6 août 1948, parmi les parlementaires accusés lors de l'insurrection malgache de 1947, Jacques Rabemananjara (3ème de g.à d.)
Jacques Rabemananjara, poète et militant anticolonialiste malgache, revient sur le Paris d'avant-guerre où se rencontrait l'intelligentsia d'Outre-mer révoltée par leur condition. Il raconte dans un deuxième temps l'insurrection malgache de 1947 réprimée dans le sang par la France.
30 min
Le poète haïtien René Depestre à Paris en novembre 1988.
Le poète haïtien René Depestre à Paris en novembre 1988.
Ce "Poésie sur parole" rend hommage à René Depestre, l'un des poètes majeurs de la négritude, en nous proposant des lectures de quelques-uns de ses poèmes.
12 min
Edouard Glissant au festival Etonnants voyageurs à Saint-Malo en 2009.
Edouard Glissant au festival Etonnants voyageurs à Saint-Malo en 2009.
"Négritude et Antillanité", tel était le sujet du débat entre l'Haïtien René Depestre et le Martiniquais Edouard Glissant en 1981 dans l'émission "Dialogues". Une discussion vive s'ensuivit autour des avancées et des dangers du concept de négritude.
1h 15
Léopold Sédar Senghor vers 1961.
Léopold Sédar Senghor vers 1961.
A la veille du premier Festival Mondial des Arts Nègres en 1966, Léopold Sédar Senghor est interviewé sur son œuvre et son rapport à la négritude. L'occasion de faire le point sur ce concept apparu il y a une trentaine d'années et de parler de son art poétique.
26 min
Portrait de l'écrivain René Maran en 1930.
Portrait de l'écrivain René Maran en 1930.
René Maran, premier écrivain noir à recevoir le prix Goncourt en 1921, est un peu oublié de notre mémoire littéraire. Cette émission de 1960 lui rendait un hommage appuyé et est l'occasion d'entrevoir ce qu'il a apporté à la culture noire et en quoi il fut un précurseur.
28 min

À propos de la série

Une Nuit littéraire autour du concept de négritude proposée par Mathias Le Gargasson et avec les voix de Senghor, Aimé Césaire, René Depestre ou encore Jacques Rabemananjara. "Bonjour et adieu à la négritude", pour (re)découvrir ce mouvement de l’identité noire né dans les années 1930.

"Négritude", le mot est aujourd’hui connu par la vaste majorité des français, l’ayant croisé sur les bancs de l’école ou au détour d’un livre, d’un film ou d’un reportage. On connaît principalement Césaire et Senghor, peut-être à la rigueur Damas, dont un poème appris à la dérobée au collège ou pour le bac de français est suffisant pour affirmer que oui, on a lu des poètes de la négritude.

On pense savoir que la négritude se définit assez simplement, comme un mouvement littéraire entre écrivains noirs de pays colonisés par la France qui cherchent à faire entendre une voix singulière, noire et anticoloniale. Pourtant, la négritude est à la fois un mouvement et un concept bien plus complexe dont l’histoire française n’a retenu que des contours très flous et une poignée d’œuvres majeures. En témoigne le relatif oubli dans lequel sont tombés la plupart des écrivains, poètes et penseurs associés à la négritude autre que ses trois membres fondateurs : on peut penser à René Depestre, Alioune Diop, Jacques Rabemananjara, Guy Tirolien , Birago Diop ou encore Paulette et Jeanne Nardal.

La négritude est aussi un mouvement, il ne faut pas l’oublier, né dans un contexte colonial du racisme institutionnel, avec des politiques plus ou moins ouvertement ségrégationnistes comme par exemple à Madagascar. Le but de cette Nuit n’est pas de définir la négritude ni d’en retracer la fondation, mais plutôt de capturer un moment passionnant de l’histoire de la pensée : celui où la négritude est remise en question non seulement par une nouvelle génération d’intellectuels noirs, mais aussi par les mêmes poètes et penseurs qui l’ont vu naître.

Provenant de l'émission

Les Nuits de France Culture, toutes les nuits à partir de minuit sur France Culture

Toute l'année, le choix des meilleures archives de France Culture qui composent une mémoire radiophonique.