"Ecris-moi souvent, écris-moi longuement" : correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus : un podcast à écouter en ligne | France Culture

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"Ecris-moi souvent, écris-moi longuement" : correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus
"Ecris-moi souvent, écris-moi longuement" : correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus
l'affaire Dreyfus: l'officier français Alfred Dreyfus est condamné en décembre 1894 à une libération déshonorante et à la prison à vie à la colonie pénitentiaire de l'île du Diable au large de Cayenne, Guyane (il y resta prisonnier en 1895-1899
"Ma chère Lucie, enfin je puis t'écrire un mot, on vient de me signifier ma mise en jugement pour le 19 de ce mois. On me refuse le droit de te voir. Je ne peux pas te décrire tout ce que j'ai souffert, il n'y a pas au monde de termes assez saisissants pour cela.
"Le petit Journal" 13 janvier 1895
"Soldats, on dégrade un innocent! Soldats, on déshonore un innocent! Vive la France! Vive l'Armée !"
 L'Affaire Dreyfus, Alfred Dreyfus (1859-1935) sur l'île du Diable (Guyane française), Première page du journal français Le Petit Journal, 27 septembre 1896
Quand l'honneur me sera rendu, alors seulement, ma bonne chérie, nous aurons le droit de nous retirer. Nous vivrons pour nous, loin des bruits du monde,
 Affaire Dreyfus Le procès du capitaine Dreyfus en 1899.
En lisant et relisant toutes les lettres de ce dernier courrier, j'ai compris combien ma disparition serait un choc terrible pour les miens, que mon devoir, envers et contre tout était de résister jusqu'à mon dernier souffle.
Alfred Dreyfus entrant dans la salle du Conseil de guerre, à Rennes, France, Illustration par Tofani, première page du journal français Le Petit journal, 20 août 1899,
J'ai remis notre sort, celui de nos enfants, entre les mains de M. le ministre de la Guerre, pour demander enfin un terme à notre épouvantable martyre, c'est pourquoi j'ai redemandé notre honneur à M. le ministre de la Guerre. J'attends la réponse impatiemment,

À propos de la série

Le samedi 15 octobre 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, officier d'artillerie, est arrêté dans les ministères de la Guerre à Paris, pour crime de haute trahison. Dreyfus clame son innocence, ne comprend pas le crime dont on l'accuse. Sa mise au secret…

Le samedi 15 octobre 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, officier d'artillerie, est arrêté dans les ministères de la Guerre à Paris, pour crime de haute trahison. Dreyfus clame son innocence, ne comprend pas le crime dont on l'accuse. Sa mise au secret lui interdit de rencontrer sa femme. Il n'est autorisé à lui écrire que le 4 décembre 1894. Commence alors une correspondance exceptionnelle, moyen d'une résistance à l'anéantissement, principe de survie à l'enfermement, lien ultime et décisif avec l'être aimé et la civilisation. Pendant près de cinq ans, jusqu'à son retour en France le 1er juillet 1899, avant et pendant sa déportation sur l'île du Diable, en Guyane, ils échangent de très nombreuses lettres, malgré les obstacles qu'y met l'administration pénitentiaire. Dans le même temps, Dreyfus tient un journal de sa captivité auquel il ajoutera des mémoires qui seront publiés à son retour sous le titre Cinq années de ma vie. Ces quelques lettres choisies et des extraits des mémoires permettront à l'auditeur d'entendre une véritable tragédie humaine doublée d'une histoire d'amour profonde et superbe mais aussi un combat pour la justice et la liberté.

Un feuilleton en 5 épisodes

Réalisation Etienne Vallès

Provenant de l'émission

Le Feuilleton, du lundi au vendredi de 20h30 à 21h00 sur France Culture

30 minutes d’espace de création radiophonique, de grandes adaptations d’œuvres du patrimoine classique et contemporain pour mêler tous les métiers et les talents de la radio.