France Culture
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Mécaniques du journalisme - saison 9 : fixeur, les yeux et les oreilles du reporter
Mécaniques du journalisme - saison 9 : fixeur, les yeux et les oreilles du reporter
Igor Zhakarenko est fixeur en Ukraine depuis le 24 février 2022
Igor Zhakarenko est fixeur en Ukraine depuis le 24 février 2022
Depuis le 24 février, Igor Zhakarenko, 45 ans, originaire de Kiev, s’est mis à la disposition des journalistes étrangers. Et c’est au plus près des lignes de front qu’il les emmènent. Son objectif ? Montrer et dénoncer les crimes de guerre commis par l’armée russe.
15 min
Bakhtiyar Haddad, le 19 novembre 2016 en reportage à Qayyarah, en Irak, lors de l'incendie des champs de pétrole pendant la bataille de Mossoul
Bakhtiyar Haddad, le 19 novembre 2016 en reportage à Qayyarah, en Irak, lors de l'incendie des champs de pétrole pendant la bataille de Mossoul
Bakhtiyar Haddad était sans aucun doute le fixeur le plus prisé des équipes françaises pendant la Guerre d'Irak. Ce conflit s’est tragiquement achevé pour lui le 19 juin 2017 à Mossoul. Il avait seulement 41 ans. Portrait d'un journaliste passionné, et fixeur hors-pair
14 min
Le 19 juin 2017, jour de la mort de Bakhtiyar Haddad, l'armée irakienne lance l'offensive à Mossoul
Le 19 juin 2017, jour de la mort de Bakhtiyar Haddad, l'armée irakienne lance l'offensive à Mossoul
Été 2017. Bakhtiyar Haddad revient là où tout a commencé 14 ans plus tôt, à Mossoul, dans le Kurdistan irakien au nord du pays. À 41 ans, Bakhtiyar Haddad est sans aucun doute le fixeur le plus expérimenté de la région. Et pourtant, cette mission sera la dernière.
14 min
Au Burkina Faso, Parfait Bako (à droite) est fixeur pour la reporter Claude Guibal
Au Burkina Faso, Parfait Bako (à droite) est fixeur pour la reporter Claude Guibal
Depuis 2014, le Burkina Faso est en proie à la menace djihadiste, au bord d’une guerre interconfessionnelle. Claude Guibal, grande reporter à Radio France, arpente le pays depuis des années en compagnie de son fixeur fétiche, Parfait Bako, ses yeux, ses oreilles et une amitié sans faille.
13 min

À propos de la série

Qu'est-ce qu'un fixeur ? Qui se cache derrière ce vocable anglo-saxon ? On ne les entend pas à la radio, on ne les voit pas à la télévision. Leurs noms sont rarement cités dans les journaux. Invisibles, ils jouent pourtant un rôle capital dans la couverture journalistique d'un conflit à l'étranger.

Dans la fabrique de l’information, en temps de guerre ou sur des terrains compliqués, les fixeurs sont des pièces maitresses. "Arrangeur-réparateur", organisateur, guide, accompagnateur, traducteur, intermédiaire, négociateur, "bidouilleur" et "débrouilleur", chauffeur, ils permettent au journaliste de travailler, de réaliser ses sujets, de fabriquer et produire toutes les informations qui nous abreuvent quotidiennement, celles qui nous nourrissent et nous racontent le monde, sa complexité, ses soubresauts et ses chaos.

Le fixeur permet de comprendre, d’affiner les angles, de lire entre les lignes d’une société, d’approcher les personnages importants, d’émettre des idées de rencontres. Sur le plan de la sécurité, il est un guide de survie, il évite les pièges invisibles au regard, tout en prenant des risques parfois. Il est du cru, parfaitement au fait des us et coutumes, il maîtrise le dire, le pas dire, le faire, le non-faire, quelle posture adopter, quelle route prendre.

Il est parfois le confident, le "réceptacle" des peurs et des angoisses, des joies et des pleurs partagés, dans le cadre d’une intimité particulière, accélérée, quasi immédiate, dans laquelle le journaliste doit pouvoir loger un sentiment de pleine confiance. Mais souvent, quand le journaliste repart, le fixeur reste, et peut être inquiété, menacé, interpellé, questionné, torturé, tué. Tous les cas de figure existent. Et s’il vient à mourir, que reste-t-il de sa mémoire, son "œuvre" ?

Journaliste et fixeur se racontent, sans filtre comme il est rare de le faire dans "la vraie vie". De ces rencontres inédites et singulières émergent des aventures humaines fortes, parfois cathartiques, irracontables. Parce qu’ils sont irakiens, burkinabés, ukrainiens ou croates, leur connaissance du terrain leur permet aussi de mettre en garde les équipes de reportage contre d’éventuels dangers. On ne les entend pas à la radio, on ne les voit pas à la télévision. Leurs noms sont rarement cités dans les journaux. Mais la guerre déclenchée par Vladimir Poutine en Ukraine a une nouvelle fois montré le rôle capital qu'ils jouent dans la couverture journalistique d'un conflit.

Une série en 4 épisodes, signée Alain Lewkowicz, réalisée par Vincent Decque, et coordonnée par Grégory Philipps.

Provenant de l'émission

Les affaires Cahuzac, Lux Leaks, la guerre chimique en Syrie … Certaines enquêtes, en révélant des affaires d’Etat, ont déstabilisé le pouvoir et ébranlé des institutions. Des hommes politiques ont chuté, des lois ont changé, des journalistes ont dévoilé ce qui devait à tout prix être dissimulé.