France Culture
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"Homère, Iliade" de Alessandro Baricco
"Homère, Iliade" de Alessandro Baricco
Chryséis, fille de Chrysès, prêtre d'Apollon, est prise comme captive par les Grecs partis pour Troie, lors du pillage de la ville de Thèbe. Ici, Chrysès offre à Agamemnon une rançon pour sa fille Chryséis.
Chryséis, fille de Chrysès, prêtre d'Apollon, est prise comme captive par les Grecs partis pour Troie, lors du pillage de la ville de Thèbe. Ici, Chrysès offre à Agamemnon une rançon pour sa fille Chryséis.
L'Iliade est une épopée de l'antiquité grecque attribuée à l'aède légendaire Homère.
Le héros achéen Achille est contraint de céder au roi Agamemnon la prisonnière troyenne Briséis qu'il avait capturée. Cette exigence d'Agamemnon est à l'origine de la colère d'Achille relatée dans l'Iliade. Fresque découverte à Pompéi.
Le héros achéen Achille est contraint de céder au roi Agamemnon la prisonnière troyenne Briséis qu'il avait capturée. Cette exigence d'Agamemnon est à l'origine de la colère d'Achille relatée dans l'Iliade. Fresque découverte à Pompéi.
Alors que les Achéens et les Troyens s’affrontent depuis déjà neuf ans devant les murs de Troie, Agamemnon a envoyé son armée piller la ville de Thèbes.
Tableau de Jacques-Louis David "Les Amours de Pâris et d'Hélène" (huile sur toile, 1788)
Tableau de Jacques-Louis David "Les Amours de Pâris et d'Hélène" (huile sur toile, 1788)
Aiguillonné par un rêve divin, Agamemnon a décidé de prendre Troie.
Diomède se bat contre Idaios et Phegeus. Tableau de Giulio Romano (1499-1546), collection du Palais Ducal de Mantoue.
Diomède se bat contre Idaios et Phegeus. Tableau de Giulio Romano (1499-1546), collection du Palais Ducal de Mantoue.
Les Troyens ont rompu le pacte qu’ils avaient passé avec les Achéens et les combats ont repris de plus belle.
Les adieux d'Hector et d'Andromaque
Les adieux d'Hector et d'Andromaque
Le sage Nestor a fait construire un mur et creuser un fossé tout autour du camp des Achéens, en guise de protection.
Tableau du XVIIe siècle peint par Jean Maublanc (1582-1628) et représentant les combats durant la Guerre de Troie. Dans cette scène, ce sont les Grecs, vainqueurs de la guerre, qui ont le dessus... contrairement au sujet de ce 6ème épisode.
Tableau du XVIIe siècle peint par Jean Maublanc (1582-1628) et représentant les combats durant la Guerre de Troie. Dans cette scène, ce sont les Grecs, vainqueurs de la guerre, qui ont le dessus... contrairement au sujet de ce 6ème épisode.
Gravure de portraits de héros grecs de la guerre de Troie (1880). De gauche à droite : Ménélas, Pâris, Diomède, Hector, Achille et Agamemnon.
Gravure de portraits de héros grecs de la guerre de Troie (1880). De gauche à droite : Ménélas, Pâris, Diomède, Hector, Achille et Agamemnon.
Alors que tous croyaient Hector sur le point de mourir, le chef des Troyens se relève, soudainement ranimé, pour repartir à l’attaque de plus belle.
Achille se lamentant sur le corps de Patrocle (Galerie nationale d'Écosse, huile sur toile)
Achille se lamentant sur le corps de Patrocle (Galerie nationale d'Écosse, huile sur toile)
Épouvantés par celui qu’ils ont pris pour le plus terrible des guerriers, les Troyens ont battu en retraite.
Tableau "Le Triomphe d'Achille", l'une des fresques de l'Achilleion à Corfou (1892).
Tableau "Le Triomphe d'Achille", l'une des fresques de l'Achilleion à Corfou (1892).
Huile sur toile de Pierre Paul Rubens représentant le duel d'Achille contre Hector (1630-1632). Musée des Beaux-Arts de Pau.
Huile sur toile de Pierre Paul Rubens représentant le duel d'Achille contre Hector (1630-1632). Musée des Beaux-Arts de Pau.

À propos de la série

Quelques lignes pour expliquer comment est né ce texte. Il y a un certain temps, j'ai pensé que ce serait bien de lire en public, des heures durant, toute l'Iliade. Quand j'ai trouvé quelqu'un prêt à produire cette entreprise, très vite, il m'est apparu…

Quelques lignes pour expliquer comment est né ce texte. Il y a un certain temps, j'ai pensé que ce serait bien de lire en public, des heures durant, toute l'Iliade. Quand j'ai trouvé quelqu'un prêt à produire cette entreprise, très vite, il m'est apparu clairement que, tel qu'il était, le texte était en réalité illisible : il aurait fallu une quarantaine d'heures, et un public vraiment patient. Alors j'ai pensé à intervenir sur ce texte, pour l'adapter. (...)      
En premier lieu, j'ai effectué des coupes pour ramener la lecture à une durée compatible avec la patience d'un public moderne. (...) J'ai coupé toutes les apparitions des dieux. On le sait, les dieux interviennent assez souvent dans l'Iliade, pour orienter les événements et confirmer l'issue de la guerre. Ce sont probablement les parties les plus étrangères à la sensibilité moderne, et souvent elles cassent la narration, en diluant une vitesse qui, sinon, tiendrait de l'exceptionnel. Je ne les aurais pas enlevées en tout cas si j'avais été convaincu qu'elles étaient nécessaires. Or – d'un point de vue narratif, et uniquement – elles ne le sont pas. L'Iliade a une forte ossature laïque qui ressort dès que les dieux sont mis entre parenthèses. derrière le geste du dieu, le texte homérique cite presque toujours un geste humain qui redouble le geste divin et le ramène, si l'on peut dire, sur la terre. (...)      
La seconde intervention que j'ai faite est sur le style. Déjà, la traduction de Maria Grazia Ciani utilise un italien vivant, plus qu'un jargon de philologue. J'ai essayé de poursuivre dans cette direction. D'un point de vue lexical, j'ai essayé d'éliminer toutes les aspérités archaïques qui éloignent du cœur des choses. Ensuite j'ai cherché un rythme, la cohérence d'un pas, la respiration d'une vitesse particulière et d'une lenteur spéciale. Je l'ai fait parce que je crois que recevoir un texte, qui vient de si loin, signifie avant tout le chanter avec la musique qui est la nôtre.      
La troisième intervention est plus évidente, même si, au bout du compte, elle n'est pas si importante qu'il y paraît. J'ai mis le récit sous la forme subjective. J'ai choisi une série de personnages de l'Iliade et je leur ai fait raconter les histoires, en les substituant au narrateur extérieur homérique. C'est une affaire essentiellement technique : au lieu de dire "le père prit sa fille dans ses bras", dans mon texte la fille dit "mon père me prit dans ses bras". C'est évidemment une astuce dictée par la destination de ce travail. Pour le public d'aujourd'hui, recevoir l'histoire de celui qui l'a vécue rend l'identification plus facile      
Quatrième intervention : bien sûr, je n'ai pas résisté à la tentation et j'ai fait quelques adjonctions, peu nombreuses, au texte. (...) Le cas le plus évident, mais d'une certaine manière excentrique, est le dernier monologue, celui de Démodocos. On le sait, l'Iliade se termine par la mort d'Hector et la restitution de son corps à Priam : nulle trace du cheval ni de la chute de Troie. Dans l'esprit d'une lecture publique, cependant, il me semblait déloyal de ne pas raconter comment elle s'était terminée, finalement, cette guerre. (...)      
Et maintenant, le texte de cette drôle d_'Iliade_ va être traduit dans de nombreuses langues, à travers le monde. J'ai bien conscience que c'est ajouter le paradoxe au paradoxe. Un texte grec traduit en un texte italien, adapté en un autre texte italien, et traduit encore en un texte, mettons, chinois. Borges aurait adoré. (...)

Alessandro Baricco, mars 2005

Iliade, Homère, d’Alessandro Baricco, traduit par Françoise Brun est paru aux éditions Albin Michel et Gallimarer

Provenant de l'émission

Le Feuilleton, du lundi au vendredi de 20h30 à 21h00 sur France Culture

30 minutes d’espace de création radiophonique, de grandes adaptations d’œuvres du patrimoine classique et contemporain pour mêler tous les métiers et les talents de la radio.