France Culture
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Juive-Arabe, comment je me suis réconciliée avec mes identités carré
Juive-Arabe, comment je me suis réconciliée avec mes identités carré
Photogramme du film “Que Dieu te protège”
Photogramme du film “Que Dieu te protège”
J'ai toujours entendu mes parents dire que c'était comme ça qu'on faisait « chez nous », sans jamais comprendre à quoi ce « chez nous » renvoyait. Comme je ne nous connaissais pas d'autre pays que la France, je me demandais : mais c'est où, chez nous ?
57 min
Mireille Saïd, Josette Saïd, Jean-Pierre Saïd et Pierre Ghenassia, militant.es juif.ves anticolonialistes, Alger, 1947
Mireille Saïd, Josette Saïd, Jean-Pierre Saïd et Pierre Ghenassia, militant.es juif.ves anticolonialistes, Alger, 1947
J'ai souvent eu plutôt honte d'être une séfarade, de faire partie de cette catégorie perçue comme celle des beaufs de la judéité, trop claniques, trop orientaux. Nous débordons ; pourtant, nos récits nationaux et communautaires sont troués.
58 min
Tunis, 2018. Photogramme du film “Que Dieu te protège”
Tunis, 2018. Photogramme du film “Que Dieu te protège”
Au Maroc, il reste quelques milliers de juif.ves. En Algérie, on n'en dénombre plus aucun. Je croyais qu'en Tunisie, il n'y avait plus rien, que notre histoire là-bas n'était qu'un mauvais souvenir. Jusqu'à mon premier voyage à Tunis en 2018...
57 min
Ma grand-mère Denise. Photogramme du film “Que Dieu te protège"
Ma grand-mère Denise. Photogramme du film “Que Dieu te protège"
En moi, cette volonté farouche de lutter pour conserver ces bagages qu'on se traîne, ces empires fantômes, perdus, pour ne plus être seulement juif.ves, ou seulement français.es, pour pouvoir nommer, dire toutes les nuances qui nous constituent.
58 min

À propos de la série

Pour LSD, Cléo Cohen s’interroge sur la possibilité de se dire, se penser et se vivre juif-arabe aujourd’hui. Des descendants de la diaspora juive nord-africaine à ceux qui sont restés au pays, elle revisite l’histoire du colonialisme, du sionisme et des nationalismes arabes, de Paris à Tunis.

J'ai grandi dans une famille juive dans laquelle personne n'était d'accord ni sur l'existence de Dieu, ni sur l'analyse du conflit israélo-palestinien, ni sur comment faire la prière le soir de Pessah, la Pâques juive. Du coté tunisien, il fallait se méfier des Arabes*.*

Ma grand-mère, pourtant, parlait arabe, avait des amies arabes, ne jurait que par le couscous et passait tous les shabbats en djellaba. Mais on était juifs, nous. Du côté de ma famille algérienne, mon grand-père avait milité pour l'indépendance, défendu des membres du FLN condamnés à mort, et espéré devenir algérien. Mais il était juif, lui aussi.

Alors, pourquoi n'étaient-ils pas des miens, et moi des leurs, les Arabes ? Pourquoi ce sentiment si fort que l'arabité et la judéité étaient impossibles à conjuguer ? J'ai décidé d'enquêter sur la façon dont les identités juives-arabes sont devenues des « oxymores ».

Parce que je ne supporte plus les approximations, les reconstructions, les dénis et les trous, tant des récits nationaux que de l'historiographie, longtemps elle-même victime de biais coloniaux. Et parce que je crois en la nécessité politique de construire un discours qui réaffirme la part « arabe » de l'histoire juive, et la part juive des Etats-nations dits « arabes ».

Une série documentaire de Cléo Cohen, réalisée par Nathalie Battus.

Provenant de l'émission

LSD, la série documentaire, du lundi au vendredi de 17h00 à 17h55, rediffusion le soir à 23h sur France Culture

Documenter toutes les expériences de la vie, des cultures et des savoirs. Chaque semaine, un grand thème en quatre épisodes, autonomes et complémentaires. En ce moment, LSD, La Série Documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur.