France Culture
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Le cinéma sur grand écran
Le cinéma sur grand écran
Spectateurs dans une salle de cinéma à Paris en 1977
Spectateurs dans une salle de cinéma à Paris en 1977
Pour voir un film, seule la salle de cinéma invite à sortir de chez soi, à déplacer son corps pour lui faire rejoindre ceux d'autres êtres humains assis devant un écran plus grand qu'eux. Durant cette Nuit, c'est de l'expérience vécue par le spectateur des salles cinéma dont il est question.
4 min
La salle de cinéma la plus ancienne du monde encore en activité, c’est L’Eden Théâtre de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône.
La salle de cinéma la plus ancienne du monde encore en activité, c’est L’Eden Théâtre de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône.
Critiques de cinéma, écrivains, projectionnistes, scénaristes, ouvreuses… pour cette émission ils racontent les souvenirs nostalgiques liés au cinéma de leur enfance et jeunesse. Un numéro des "Nuits magnétiques" intitulé "Souvenirs de pénombre" diffusé pour la première fois en octobre 1995.
1h 18
photographie de la roue de Marey d'un modèle non identifié, 1884
photographie de la roue de Marey d'un modèle non identifié, 1884
Dans cet "Atelier de création radiophonique" enregistré en 1981, l'écrivain Jean-Louis Schefer tente de saisir ce qu'est le cinéma, pour lui et pour nous, durant le temps de nos existences. Un exercice de style illustré par de nombreux extraits de grands classiques du 7ème art.
2h 09
Façade du cinéma Pathé à coté du Théâtre des Variétés, boulevard Montmartre à Paris, agence Rol.
Façade du cinéma Pathé à coté du Théâtre des Variétés, boulevard Montmartre à Paris, agence Rol.
En 1981, Jean-Claude Brisseau, alors enseignant et pas encore totalement cinéaste, est invité par Jean-Claude Bringuier dans l'émission "Nous tous chacun". Dans le premier des six épisodes, il évoque la place dévorante qu'a occupé le cinéma dans sa jeunesse.
26 min
Vue en plongée de spectateurs
Vue en plongée de spectateurs
En novembre 1981, Claude-Jean Philippe consacrait une émission aux spectateurs des salles de cinéma. Avec la participation de Caroline Champetier, directrice de la photographie, et de Philippe Le Guay, alors étudiant à l'IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques).
48 min
Enfant dans une salle de cinéma à New York, début des années 1940
Enfant dans une salle de cinéma à New York, début des années 1940
Un numéro de l'émission "Ciné-Club" de 1998, dans lequel des cinéphiles se souviennent des films marquants de leur jeunesse, dans les années cinquante et soixante.
1h 27

À propos de la série

Pour voir un film, seule la salle de cinéma invite à sortir de chez soi, à déplacer son corps pour lui faire rejoindre ceux d'autres êtres humains assis devant un écran plus grand qu'eux. Durant cette Nuit, c'est de l'expérience vécue par le spectateur des salles cinéma dont il est question.

A l'occasion du 75e Festival de Cannes, Le cinéma sur grand écran, une sélection d'archives proposée par Albane Penaranda.

Il fut un temps où le cinéma se regardait sur un grand écran blanc, dans une salle plongée dans le noir, et entouré de gens que l'on ne connaissait pas. Les plus petites de nos villes avaient alors leur cinéma et les plus grandes, à côté d'une multitude de salles de quartier et de banlieue, pouvaient posséder d'immenses salles capables d'accueillir pour certaines plusieurs milliers de spectateurs. Il y a belle lurette que la concurrence du petit écran, avant celle du magnétoscope et du lecteur DVD, a fait disparaître la plupart de ces salles. Mais si en moins d'un siècle on est passé du Gaumont Palace, avec ses six mille places et son écran gigantesque, aux plateformes de VOD et à la consommation des films en solo sur écrans de smartphone, la salle obscure résiste. Elle seule invite à sortir de chez soi pour voir un film, à déplacer son corps pour lui faire rejoindre ceux d'autres êtres humains assis devant un écran plus grand qu'eux.

Durant cette Nuit, ce sera principalement de l'expérience vécue par le spectateur des salles cinéma dont il sera question. Pour la plupart de ceux que nous entendrons dans les archives de notre programme, ce fut au cinéma que se fit la découverte des films. Enfants de la guerre et de l'après-guerre, ils auront été des dernières générations dont l'enfance aura ignoré la télévision, des dernières générations à n'avoir fait leur apprentissage du cinéma que dans les salles et, comme on l'entendra, d'y avoir fait pour certains une part essentielle de leur éducation.

Au premier rang d'entre eux, l'écrivain, philosophe et critique d'art Jean-Louis Schefer, auteur en 1980 de L'homme ordinaire du cinéma, que nous entendrons à plusieurs reprises dans cette Nuit. À sa voix se joindront d'autres voix pour témoigner dans les archives de notre programme de leurs années d'éducation par le cinéma, et d'une cinéphilie qui fit d'eux des critiques, historiens, techniciens ou réalisateurs de cinéma : Serge Daney, Charles Tesson, Michel Boujut, Noël Simsolo, Alain Corneau, Claude-Jean Philippe, Jean-Claude Brisseau… et d'autres plus jeunes Caroline Champetier, Antoine de Baecque, Philippe Le Guay. À leurs témoignages se mêleront aussi ceux de spectateurs anonymes des salles obscures. Celui par exemple d'Odile Converset, professeure de musique cinéphile et non-voyante, qui en 1988 dans l'émission Microfilms s'entretenait avec Serge Daney auquel elle confiait : " Je ne perçois pas tout dans un film… Mais qui perçoit tout dans un film ?".

L'écran de la salle de cinéma est-il encore capable de fabriquer, sinon une mémoire, tout au moins des souvenirs de cinéma aussi vifs que ceux que nous allons entendre rapportés dans les archives de cette Nuit ? Pour en avoir une idée, nous vous proposons d'entendre dans cette Nuit ce qui se vivait dans les salles obscures il y a maintenant pas loin… d'une éternité.

Provenant de l'émission

Les Nuits de France Culture, toutes les nuits à partir de minuit sur France Culture

Toute l'année, le choix des meilleures archives de France Culture qui composent une mémoire radiophonique.