France Culture
France Culture
Mohammed Harbi, une mémoire algérienne
Mohammed Harbi, une mémoire algérienne
Mohammed Harbi dans les années 50
Mohammed Harbi, issu d’une famille de notables ruraux, intègre une école laïque. Sa famille l'inscrit aussi à l’école coranique. Poussé dans les études par son père, il adhère au parti du peuple algérien de Messali Hadj au lycée de Skikda.
30 min
Meeting de Amicale des Algériens en France (Mohammed Harbi au centre), Paris, le 22 mars 1965
Hostile au culte de la personnalité développé autour de Messali Hadj, Mohammed Harbi s’engage du côté de ses opposants majoritaires au comité central du PPA - les « centralistes »- et de ceux qui déclenchent la guerre d’Algérie, le 1er novembre 1954.
29 min
De gauche à droite, Hadj Benalla, Ben Bella, Mohammed Harbi,  Alger, avril 1964
Secrétaire général du ministère des affaires étrangères du gouvernement provisoire Mohammed Harbi est associé aux négociations des accords d’Evian signés en mars 1962. Un programme critique vis-à-vis des accords d’Evian est adopté à Tripoli, Mohammed Harbi en rédige la partie économique
29 min
Manifestations en faveur de l'autogestion, en 1963, à Alger
En mars 1963, Ben Bella décrète l’autogestion en économie. A la demande de Ben Bella, Mohammed Harbi accepte, d’animer sur le terrain ce choix autogestionnaire qui est en phase avec son engagement politique. Il est également chargé de diriger la revue "Révolution africaine".
29 min
Mohammed Harbi le 18 février 1992
En août 1965, dans la foulée de la prise de pouvoir du colonel Boumédiène, Mohammed Harbi est arrêté. Après 8 ans d’emprisonnement et de résidence surveillée, il s'évade et rejoint Paris, où il entame une carrière universitaire et d’historien reconnu du mouvement national algérien.
29 min

À propos de la série

Mohammed Harbi est né le 16 juin 1933 près du port de Skikda. Il est une des grandes figures du combat pour l’indépendance algérienne. Il en est aussi l’une des dernières mémoires vives ayant connu les principaux chefs de l’insurrection et des premiers pas de l’Algérie indépendante.

Mohammed Harbi est né le 16 juin 1933 près du port de Skikda. Il est une des grandes figures du combat pour l’indépendance algérienne. Il en est aussi l’une des dernières mémoires vives ayant connu les principaux chefs de l’insurrection et des premiers pas de l’Algérie indépendante.

Engagé dès l’âge de 15 ans au Parti du peuple algérien de Messali Hadj, étudiant à Paris, Mohammed Harbi fait partie des organisateurs du FLN en France. Affecté à Tunis, à partir de 1958, au gouvernement provisoire de la République algérienne, il participe aux négociations des accords d’Evian en mars 1962. Après le cessez-le-feu, il est l’un des principaux rédacteurs du programme du conseil national de la révolution algérienne, dit de Tripoli, qui se voulait la  feuille de route de l’indépendance. Chargé par Ben Bella d’animer la mise en œuvre de l’autogestion, qu’il décrète pour l’économie en mars 1963, Mohammed Harbi est aussi celui à qui l’on doit l’introduction de l’autogestion dans le programme du FLN réuni en congrès en 1964.

Militant de la “gauche du FLN”, puis de l’opposition au régime militaire mis en place par colonel Boumédiène, à partir de juin 1965, Mohamed Harbi a toujours préféré refuser  les compromis et les postes plutôt que de faire allégeance à ceux qui ont confisqué « l’espérance révolutionnaire ».

En 1973, il réussit à s’évader d’Algérie.

En exil à Paris, Mohammed Harbi est devenu un universitaire reconnu. Historien de sa propre pratique, ses travaux ont aidé de nombreux chercheurs à décortiquer les mythes et réalités du mouvement national algérien, et à appréhender l’évolution d’une Algérie qu’il juge frappée d’une “immense régression culturelle ”.

Une série d’entretiens produite par Didier Leschi. Réalisation : Guillaume Baldy. Prise de son : Eric Audra. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Provenant de l'émission

À voix nue, du lundi au vendredi de 20h à 20h30 sur France Culture

Une émission qui recueille les paroles, les réflexions de celles et ceux qui marquent notre temps.