France Culture
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Nicole Lapierre, une intellectuelle extra-territoriale
Nicole Lapierre, une intellectuelle extra-territoriale
Famille Lipsztejn. Nicole sur les genoux de son père
Famille Lipsztejn. Nicole sur les genoux de son père
Nicole Lapierre est née Nicole Colombe Lipsztejn en 1947 à Paris. Réfugiés en zone libre sous un faux nom pendant la guerre, ses parents et sa sœur Francine échappent à la déportation. À son entrée au lycée, son père Izraël Lipstejn change son nom en Jean Lapierre.
28 min
Nicole Lapierre avant le bal
Nicole Lapierre avant le bal
Nicole Lapierre entre en 1965 à la Faculté de Nanterre. Elle participe au Mouvement du 22 mars en 1968. Après une maîtrise de philo sur "La théorie léniniste de l’organisation" avec Henri Lefebvre, elle rencontre Edgar Morin en 1967 et participe au "groupe de diagnostic sociologique".
28 min
Nicole Lapierre en 1968
Nicole Lapierre en 1968
Nicole Lapierre décide de recueillir des récits de la vie à Plock en Pologne. Elle en vient à reconstituer "une certaine organisation de la mémoire" d’un monde yiddish détruit, avec pour point de départ le silence entre les deux générations.
28 min
Nicole Lapierre, en mai 1998, à Cassis, France
Nicole Lapierre, en mai 1998, à Cassis, France
Ce quatrième épisode aborde la lignée des femmes de sa famille, marquée par ce que Nicole Lapierre nomme "le dead end du suicide". Comment a-t-elle rompu avec cette "lignée des ombres" ? Et comment a-t-elle vécu elle-même une émancipation dans sa vie de femme ?
28 min
La sociologue et anthropologue Nicole Lapierre, chez elle, à Paris, en 2020
La sociologue et anthropologue Nicole Lapierre, chez elle, à Paris, en 2020
La décision existentielle et philosophique de rompre avec une histoire tragique a conduit Nicole Lapierre à élaborer une œuvre du côté de la plasticité du vivant, de ce que Montaigne nomme la "diversion", lutte contre la mélancolie des endeuillés.
28 min

À propos de la série

Depuis sa naissance à Paris en novembre 1947, à travers une œuvre entamée 1989 avec Le Silence de la Mémoire, l’anthropologue Nicole Lapierre s’est attachée à “penser ailleurs”. 

Pensons ailleurs, titre de son essai publié en 2004, signifie pour elle suivre les traces de Montaigne et “sortir de soi”, c’est-à-dire devenir une intellectuelle extra-territoriale qui enquête, en anthropologue, sur les Juifs de Plock (la ville natale de son père), tout en revendiquant le passage des frontières entre les disciplines et les territoires, par exemple dans Causes Communes, essai sur l’histoire partagée par les Juifs et les Noirs. 

Héritière de penseurs apatrides (Hannah Arendt, Siegfried Kracauer, Walter Benjamin…), Nicole Lapierre a construit une œuvre qui “dérange la logique univoque de l’identité et de l’appartenance”. 

Sortir de soi impliquant aussi de “sortir de chez soi”, elle n'a cessé de se déplacer, entre la sociologie (ses débuts avec Edgar Morin), l’anthropologie, la philosophie, mais aussi l’écriture de soi (Sauve qui peut la vie, Prix Médicis de l’Essai en 2015), et la tentation de la fiction.

Une série d'entretiens proposée par Hélène Frappat. Réalisation : Anne Perez-Franchini. Attachée de production : Daphné Abgrall. Prise de son : Jean-Pierre Gerbault. Coordination : Sandrine Treiner.

Provenant de l'émission

À voix nue, du lundi au vendredi de 20h à 20h30 sur France Culture

Une émission qui recueille les paroles, les réflexions de celles et ceux qui marquent notre temps.