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Nuit Claude Chabrol
Nuit Claude Chabrol

À propos de la série

Disparu il y a dix ans, Claude Chabrol aurait eu 90 ans cette année. Mais date anniversaire ou pas, pourquoi est-il toujours opportun de célébrer Chabrol ?

Disparu il y a tout juste dix ans, Claude Chabrol aurait eu 90 ans cette année. Aussi avions-nous voulu, histoire de le saluer, lui consacrer une Nuit durant le Festival de Cannes 2020, ce qui tombait ironiquement bien puisque Chabrol se sera à peu près constamment appliqué à ignorer Cannes. Pour cause de virus, il n'y eut point de Festival 2020 et notre émission, comme beaucoup d'autres, dut elle-même être reportée à l'automne.
Mais date anniversaire ou pas, pourquoi est-il toujours opportun de célébrer Chabrol ? Pourquoi serait-il bon de lui consacrer, plus que des Nuits, des rétrospectives ? Pourquoi est-il urgent de faire découvrir ou redécouvrir ses films ?
Parce qu'il est après-tout l'un des cinéastes les plus importants de l'après-guerre. Parce qu'en dépit de sa popularité, sa pléthorique filmographie (58 films en 50 ans !) reste souvent dans ce qu'elle a de meilleur largement méconnue. Parce que Stéphane Audran, Jean-Claude Brialy, Bernadette Lafont, Gérard Blain, Jean Yanne, Michel Bouquet, Isabelle Huppert, Michel Serrault, Jean Poiret et tous les autres n'ont jamais été aussi admirables que dans ses films. Parce que depuis Le Beau Serge en 58, il sera resté fidèle, jusqu'au bout de son histoire, à une certaine idée de "l'auteur de cinéma". Parce que Claude Chabrol était peut-être le dernier trait d'union entre la part irréductiblement populaire du cinéma et la dose critique et cinéphilique que lui injectèrent les Jeunes Turcs des Cahiers du cinéma des années 50, ceux pour qui la place de la caméra, immobile ou en mouvement, aura au fond toujours été affaire de morale. Parce que Claude Chabrol, qui ne se prenait pas au sérieux, prenait très au sérieux le cinéma et qu'il savait mieux que personne où poser sa caméra.

Tout au long de cette Nuit que nous lui dédions, Thierry Jousse et Cécile Maistre-Chabrol sont là pour nous dire à quoi tient la cohérence de l'œuvre monumentale de Claude Chabrol et ce qui fait la force et la singularité du cinéma du réalisateur des Cousins__, du Boucher et de Violette Nozière, qu'à travers le programme d'archives, nous retrouvons à différents âges de sa carrière.

Pour poursuivre, écoutez "Le bon plaisir" de Claude Chabrol enregistré en 1986, alors qu'il tournait Masques, son trente-huitième long métrage..

Provenant de l'émission

Les Nuits de France Culture, toutes les nuits à partir de minuit sur France Culture

Toute l'année, le choix des meilleures archives de France Culture qui composent une mémoire radiophonique.