France Culture
France Culture
Sortir les lesbiennes du placard
Sortir les lesbiennes du placard
Capture d'écran du film Gazon maudit de Josiane Balasko (1995)
Capture d'écran du film Gazon maudit de Josiane Balasko (1995)
"On peut dire que la culture occidentale a occulté les lesbiennes. On a nié leur existence" Terry Castle, dans The Female closet de Barbara Hammer
54 min
Affiche des "Lesbiennes de Jussieu". Affiche crée en juin 1980 pour une rencontre et une manifestation de lesbiennes à Paris
Affiche des "Lesbiennes de Jussieu". Affiche crée en juin 1980 pour une rencontre et une manifestation de lesbiennes à Paris
"On ne naît pas femme" Monique Wittig
54 min
Couverture du Country lesbians, The story of the WomanShareCollective
Couverture du Country lesbians, The story of the WomanShareCollective
"Ici, nous aurions un monde à nous"
54 min
Femmes prisonnières à Ravensbrück
Femmes prisonnières à Ravensbrück
"Ces jours-là étaient ceux de la mascarade. Pour survivre, il fallait se cacher". Témoignage anonyme d’une lesbienne ayant vécu sous le IIIe reich, rapporté par Claudia Schoppman dans son livre Days of Masquerade.
55 min

À propos de la série

Dans son roman Les Guerrillères, l’écrivaine et théoricienne lesbienne Monique Wittig écrit "fais un effort pour te souvenir, ou à défaut, invente". Cette phrase a quelque chose qui hante. Elle s’adresse aux lesbiennes, et dit, en substance : "Cherche…

Dans son roman Les Guerrillères, l’écrivaine et théoricienne lesbienne Monique Wittig écrit "fais un effort pour te souvenir, ou à défaut, invente". Cette phrase a quelque chose qui hante. Elle s’adresse aux lesbiennes, et dit, en substance : "Cherche cette, ton, histoire, cette histoire à trous, cette histoire qui manque, dont on t’a amputée. Et à défaut de la trouver ; cette histoire qui parle aussi de toi, qui t’est dissimulée ; compose avec ce manque, fais-la, écris-la, fabrique-la. Crée". Monique Wittig, en quelque sorte, nous exhorte. Voilà peut-être le point de départ le plus intime de ce projet. Une série documentaire largement hantée par le spectre de Monique Wittig... Tant elle a été pour moi, et bien d’autres qui ont pu avoir accès à ses écrits, essentiels, dans nos "parcours lesbiens". Je dois à Wittig la force de prononcer cette formule "je suis lesbienne". Car je n’ai longtemps vu que des désavantages, que des coûts -et des coups- , à sortir du placard. Malgré la mascarade que représentaient mes couples socialement acceptés et mes performances, contraintes et maladroites, de féminité hétéro.

En partie car cela "n'existait pas" dans ma petite ville auvergnate, que je n’avais pas accès à toutes celles qui étaient là, qui m’avaient précédées, à toute la force de cette contre-culture foisonnante, les propositions artistiques, intellectuelles, politiques radicales des "comme moi". Qui se sont construites dans la marge, en déconstruisant, dans leur chair déjà, les normes et les canons. Cette histoire – subjective – des lesbiennes est le fruit de mes propres explorations et rencontres mais elle raconte aussi comment l’historiographie officielle est hétéro-centrée, comme les représentations culturelles dominantes tendent encore à effacer les minorités, en l’occurrence lesbienne.

Provenant de l'émission

LSD, la série documentaire, du lundi au vendredi de 17h00 à 17h55, rediffusion le soir à 23h sur France Culture

Documenter toutes les expériences de la vie, des cultures et des savoirs. Chaque semaine, un grand thème en quatre épisodes, autonomes et complémentaires. En ce moment, LSD, La Série Documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur.