France Culture
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Le Feuilleton
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Épisode 1/60 : Le camp
Dans le camp, les détenus se distinguaient par des couleurs: rouge pour les politiques, noir pour les saboteurs, vert pour les voleurs et les assassins.
20 min
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Épisode 2/60 : Le front
Les Allemands tenaient sous leur feu la rive gauche de la Volga, au sud de la Krasnaïa Sloboda. Les jours les plus durs commençaient pour les défenseurs de Stalingrad.
19 min
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Épisode 3/60 : La guerre de tout un peuple
Le général Eremenko sentait que la guerre de tout un peuple était plus grande que son art, sa volonté, son pouvoir.
19 min
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Épisode 4/60 : Victor Pavlovitch Strum
Réfugié dans la ville de Kazan avec sa famille, chercheur en physique nucléaire, Victor est marié à Lioudmila Nikolaïeva Chapochnikov dont la mère vit avec eux.
19 min
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Épisode 5/60 : Anna Semiovna, russe et juive
"Après la guerre la vie reprendra et nous ne serons plus là, nous aurons disparu comme ont disparu les Aztèques."
19 min
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Épisode 6/60 : Dementi Trifonovitch Guetmanov, un homme du Parti
Le sens suprême du travail de Guetmanov était qu'il se faisait sur ordre du Parti et au nom de ses intérêts.
19 min
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Épisode 7/60 : Kouïbychev
Kouïbychev était devenue la capitale d'un jour, où s'était réfugiée la vie de Moscou avec ses ministères, ses écrivains célèbres et ses journalistes étrangers.
19 min
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Épisode 8/60 : La mort du lieutenant Chapochnikov
On ne sentait plus son pouls, sa main était à peine tiède, de cette chaleur tout juste perceptible que garde un poêle éteint de la veille.
19 min
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Épisode 9/60 : Le deuil d'une mère
Quand son angoisse devint insupportable, la frontière entre le réel et le monde qui vivait en Lioudmila s'effaça, et l'éternité recula devant son amour.
19 min
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Épisode 10/60 : Pilotes de guerre
Chacun semblait parler de lui-même, mais ce n'était qu'une impression, chacun parlait de tous.
19 min
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Épisode 11/60 : Le désespoir
Il faudrait écrire une étude sur le désespoir dans les camps. Il y a le désespoir qui écrase, il y a celui qui étouffe et celui qui déchire de l’intérieur.
19 min
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Épisode 12/60 : Abartchouk, prisonnier politique
Qu’il est doux d'être inflexible. En jugeant, Abartchouk affirme sa force intérieure, son idéal, sa "pureté".
20 min

À propos de la série

"Vie et Destin" nous entraîne dans l'Histoire quand elle s'écrit au quotidien et que chacun doit se déterminer face à elle.

Vie et Destin de Vassili Grossman est un des grands romans incontournables du XXe siècle. Un chef-d’œuvre rescapé. Fait exceptionnel, le livre ne fut pas censuré mais le manuscrit mis sous les verrous, confisqué à son auteur par le tout puissant KGB. Ainsi les mots peuvent être dangereux au point de menacer un Etat, fût-il la puissante Union Soviétique. Par bonheur, il ne fallut pourtant pas attendre "deux ou trois cents ans", comme le prétendit un éminent responsable du KGB, puisqu'en 1980, le livre parut enfin. En Occident bien sûr.
A travers ce roman, Vassili Grossman élabore une théorie philosophique et sociale cohérente des multiples facettes du fascisme mondial : toute tentative d'imposer à l'humanité un "bien" général, obligatoire, absolu, se termine par une catastrophe sanglante.
Stalingrad, c'est à la fois la plus sévère défaite subie par l'Armée rouge contrainte de reculer jusqu'à la Volga et la victoire la plus convaincante de l'Etat Soviétique face à l'Allemagne nazie au moment où celle-ci remporte les victoires les plus éblouissantes. Stalingrad, c'est la fin du nazisme et le triomphe de la démocratie, un espoir pour tous. Un rêve brisé.
Vie et Destin nous entraîne dans l'Histoire quand elle s'écrit au quotidien et que chacun doit se déterminer face à elle, parce que chaque décision implique non seulement celui qui la prend mais aussi l'avenir de l'humanité tout entière.
En 1942, le monde entier a les yeux braqués sur Stalingrad qui ne doit pas tomber. Chaque mot parle de l'humanité et du courage du peuple russe, mais c'est un hymne déchiré, Staline truque les cartes.
Une centaine de personnages sont emportés dans la tourmente : un physicien, de simples soldats, un colonel de blindés dans l'armée soviétique, un important SS bâtisseur d'Auschwitz, des fonctionnaires plus ou moins zélés du Parti, de vieux bolcheviks léninistes, et Hitler, Staline, Himmler, mais aussi une femme amoureuse et infidèle, sa soeur rompue, une jeune fille découvrant l'amour en même temps que la guerre... Tous assistent à la fin de leur rêve, un rêve paradoxalement étrangement semblable.

A travers 60 épisodes, conçus comme des séquences, nous suivrons les protagonistes de cette aventure humaine, dans les camps allemands et soviétiques, sur les fronts belligérants, dans le désert Kalmouk, à Stalingrad dans la maison "6 bis" ou dans l'usine électrique, mais aussi à Kazan ou à Moscou dans les appartements où s'entassent les familles.
Vie et destin prend comme modèle et comme échelle le Tolstoï de Guerre et Paix , mais il se réclame davantage de Tchekhov dont l’un des personnages de Grossman dit qu’il "a fait entrer dans nos conscience toute la Russie dans son énormité, des hommes de toutes les classes, de toutes les couches sociales, de tous les âges. (…) Il a introduit ces millions de gens en démocrate, comprenez-vous, en démocrate russe (…). Il a dit que l’essentiel, c’est que les hommes soient des hommes et qu’ensuite seulement ils sont évêques, russes, boutiquiers, Tatars, ouvriers. Les hommes sont bons ou mauvais non en tant que Tatars ou Ukrainiens, ouvriers ou évêques ; les hommes sont égaux parce qu’ils sont des hommes (…). Commençons par aimer, respecter, plaindre l’homme ; sans cela rien ne marchera jamais chez nous. Et cela s’appelle la démocratie, la démocratie du peuple russe, une démocratie qui n’a pas vu le jour. (…) En mille ans, l’homme russe a vu de tout, la grandeur et la super-grandeur, mais il n’a jamais vu une chose, la démocratie."
L’écrivain russe Vassili Grossman est né dans une famille juive d’Ukraine en 1905. Il est mort à Moscou en 1964. Commencée en 1948, il achève la rédaction de Vie et Destin en 1961. Le livre ne paraîtra en Russie qu’en 1989, après la chute du Mur de Berlin.

Réalisation Christine Bernard-Sugy
Adaptation : Sylvie Péju
Musique originale : Dominique Massa
Traduit du russe par Alexis Berelowitch
Avec la collaboration de Anne Coldefy-Faucard

Provenant de l'émission

Le Feuilleton, du lundi au vendredi de 20h30 à 21h00 sur France Culture

30 minutes d’espace de création radiophonique, de grandes adaptations d’œuvres du patrimoine classique et contemporain pour mêler tous les métiers et les talents de la radio.