France Culture
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**"Le temps a laissé son manteau..." **

Marie de Clèves & Charles d'Orléans (tapisserie du XVème siècle)
Marie de Clèves & Charles d'Orléans (tapisserie du XVème siècle)

Sa naissance parisienne à la toute fin du XIVème siècle est celle d’un grand seigneur.

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**Son destin celui d’un prince-poète exilé en la forêt de longue attente, qui meurt de soif auprès de la fontaine sa vie durant.« Le monde est ennuyé de moi Et moi pareillement de lui » Neveu du roi Charles VI et cousin germain du roi Charles VII, Charles d’Orléans n’aura guère régné en ce monde des puissants. Jean sans Peur (duc de Bourgogne) le fait orphelin à 13 ans assassinant son père. Sa mère Valentine de Milan, et sa jeune épouse (fille du roi Charles VI) meurent l’année suivante. Charles d’Orléans court alors la campagne vendant ses biens pour payer ses hommes d’armes. Il se remarie avec la fille du comte d’Armagnac, et reparait à la cour fier de cette devise brodée sur son habit vert : "Madame, je suy plus joyeux". ** **

**Mais l’éclaircie est de courte durée : c’est la guerre et la bataille D’Azincourt.1415 : Charles d’Orléans tombe aux mains des anglais. Veuf derechef, il n’y aura personne pour payer sa rançon. S’ensuivent 25 années à vivre prisonnier, avec la poésie pour seule compagne et échappée. **

**La dot de son mariage avec Marie de Clèves le délivrera enfin à l’automne 1440.Elle est la petite fille du meurtrier de son père Jean sans Peur, et elle sera la mère de son premier fils, à 68 ans, quelques mois avant sa mort, le futur roi Louis XII. Mais ce qu’il reste du duc de Valois, comte de Valois et de Blois, ce n’est guère une dynastie ou un blason. Ce sont des vers qui sonnent clairs d’amour et de mélancolie souveraines, en ballades et rondeaux. Jean Tardieu disait que Charles d’Orléans, cet « homme d’autrefois, soudain redevenu jeune comme le jour, fut l’un des premiers à avoir su utiliser les mots de la langue française à des fins de magie ». C’est ce que Michel Polnareff a sûrement pressenti en interprétant ce rondeau 31, déjà mis en musique par Debussy et chanté ici par Lorna Anderson. **

ARCHIVES INA : Dramatique extraite de "La tribune de l'histoire", 1988 par Alain Decaux & André Castelot. Réalisation : Georges Gravier. Auteur : Jean-François Chiappe, d'après le livre de Bertrand Schnerb "Les Armagnacs et les Bourguignons : la maudite guerre" (Perrin, 1988). Interprète : Jean Bollery.

« C'est peut-être avec lui que s'éteint dans nos Lettres la lignée des trouvères. Charles d'Orléans aura été plus qu'un prince amateur de poésie, comme François Ier, par exemple, composant à ses heures. Neveu du roi Charles VI, cousin germain de Charles VII et père du futur Louis XII, Charles d'Orléans fut (comme son parent René, duc d'Anjou, roi de Sicile) un prince-poète. » Gérard Gros .

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