Bernadette Lafont, Marinka Matuszewski, Jean Eustache, Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun, après la projection du film en mai 1973 au Festival de Cannes ©AFP - Staff Afp
Bernadette Lafont, Marinka Matuszewski, Jean Eustache, Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun, après la projection du film en mai 1973 au Festival de Cannes ©AFP - Staff Afp
Bernadette Lafont, Marinka Matuszewski, Jean Eustache, Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun, après la projection du film en mai 1973 au Festival de Cannes ©AFP - Staff Afp
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Résumé

A l'occasion de la ressortie en salle, en version restaurée, du film de Jean Eustache "La maman et la putain" Signes des temps interroge la cruauté ambigüe de ce film qui éclaire les relations entre les sexes d'hier à aujourd'hui.

avec :

Lucie Borleteau (réalisatrice), Jean Narboni (Historien, théoricien et critique de cinéma), Charlotte Garson (Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma).

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Film mythique, long, libre et cruel, La maman et la putain de Jean Eustache, grand prix du Jury au festival de Cannes de 1973 où il fit scandale, et invisible depuis des décennies, ressort en salle ce mois juin en version restaurée grâce au producteur Charles Gillibert. Fausse comédie de mœurs, contrepoint acide à la Nouvelle vague, et réel diamant noir du cinéma français, ce film ancré dans son époque est pourtant un signe des temps. Pourquoi gagne-t-il a être vu aujourd’hui ? Pas seulement parce qu’on y retrouve une certaine culture des cafés parisiens, mais parce qu’on y retrouve une certaine manière attentive de se parler, une certaine façon pour les hommes et les femmes de se chercher, de se rencontrer, de se rater et de se faire souffrir, qui résonne avec les questions actuelles mais de manière peut-être moins codifiée, plus ambigüe, plus risquée et du coup plus sincère. Une certaine liberté aussi, dans la manière de faire des films, à un moment où le cinéma, et plus généralement l’art, découvre sa modernité et entrevoit sa fin prochaine.

Les invités du jour

Marc Weitzmann reçoit

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  • Lucie Borleteau, actrice -Les vies rêvées de Naomi Grand-, réalisatrice -Chanson douce, d’après le roman de Leïla Slimani- et productrice
  • Charlotte Garson, rédactrice en chef adjointe aux Cahiers du cinéma.
  • Jean Narboni, historien, critique de cinéma.

La naissance d'un amour dans un monde qui se défait

La maman et la putain raconte quelques jours de la vie d'un jeune homme oisif Alexandre qui passe sa vie essentiellement à discuter dans les cafés. Il vit chez sa maîtresse Marie qui est jouée par Bernadette Lafont, tout en tentant de persuader son ancienne petite amie Gilberte, qui est jouée par Isabelle Weingarten, de revenir avec lui. Et par ailleurs, il sort avec Veronika, une infirmière qu'il a abordée dans la rue.
Les personnages du film sont libres de tout jugement. 
Lucie Borleteau analyse le monologue du  personnage de Veronika "quand elle dit ça, elle est ivre, ce n'est pas du tout un discours théorique et ce que je vois, c'est sa souffrance. Et donc c'est la violence, éventuellement du patriarcat. On voit son envie d'Alexandre ; je trouve ça très beau, très libre et très moderne". Charlotte Garson revient sur le contexte post mai-68 lors de la sortie du film ; elle précise "la grandeur d'une œuvre se mesure à sa capacité à accueillir des contradictions ; le discours d'un personnage n'est pas le discours du film". La critique ajoute : "la fiction cinématographique, c'est le lieu de l'ambivalence possible". Dans ce film, la violence passe par le texte. Jean Narboni décrit le personnage d'Alexandre joué par Jean-Pierre Léaud : "pour moi, c'est l'histoire d'un personnage de Guitry qui serait réduit au silence et dévasté par le personnage de G. Bataille".

Pour en savoir plus

La maman et la putain de Jean Eustache, version restaurée, en salle le 8 juin 2022

Dossier sur le film dans Les cahiers du cinéma -numéro de mai- et entretien avec Françoise Lebrun -numéro de juin-

Générique

Musique

The end of everything de Chris Isaak

Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun, au Festival de Cannes le 14 mai 1973
Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun, au Festival de Cannes le 14 mai 1973
© Getty - Gilles Giribaldi
À réécouter dans Plan large, la chronique de Charlotte Garson consacrée au film de Jean Eustache : Plan Large dans les îles, avec Karole Rocher, Barbara Biancardini et Sepideh Farsi
58 min
59 min