West Side Story, au premier plan Ariana DeBose
West Side Story, au premier plan Ariana DeBose - Walt Disney Germany
West Side Story, au premier plan Ariana DeBose - Walt Disney Germany
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West Side Story de Steven Spielberg est sorti en salle ce mercredi 8 décembre. Que dit le West Side Story d’aujourd’hui du début des années soixante, et, par effet de miroir, que dit de notre monde aujourd’hui cette époque lorsqu’elle est revisitée par Spielberg ?

Chef-d’œuvre absolu de la comédie musicale et moment de grâce d’une époque révolue ou au contraire œuvre datée et dépassée sur laquelle il est inutile de revenir ? Ou les deux à la fois : West Side Story, le film de Robert Wise sorti en 1961 est le type même du film que l’on regarde aujourd’hui avec un mélange de nostalgie et d’indulgence. Nostalgie pour le temps des chef-d'œuvres classiques, indulgence pour la naïveté qui les rendait possible : dans tous les cas impensable à faire aujourd’hui.

Il fallait la stature d’un Steven Spielberg et l’audace de son scénariste Tony Kushner pour s’y risquer et rien que pour ça, son West Side Story sorti cette semaine est, de par sa seule existence, un évènement. Quand un cinéaste de cette envergure s’empare d’un tel monument, le résultat réussi ou non devient un dialogue artistique entre passé et présent. Que dit le West Side Story d’aujourd’hui du début des années soixante, cette aube des trente glorieuses ou l’Amérique vient d’élire Kennedy, et, par effet de miroir, que dit de notre monde aujourd’hui cette époque lorsqu’elle est revisitée par Spielberg ?

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Les invités du jour

Marc Weitzmann reçoit Samuel Blumenfeld, critique de cinéma au Monde, Olivier Lamm, chef de service culture à Libération et Jordan Mintzer, producteur et correspondant à Hollywood reporter.

Une comédie musicale sur les ruines de l'Amérique d'aujourd'hui

Jordan Mintzer décrit une adaptation assez fidèle au texte, il ajoute "en dehors d'ajouter un peu de politiquement correct à son film, c'est-à-dire que ce sont des acteurs latinos qui jouent les personnages portoricains dans le film ; Steven Spielberg a fait très attention à tout ce genre de choses". Olivier Lamm analyse la scène du balcon comme l'une des scènes les plus emblématiques de l'histoire du cinéma, il précise "ce film est absolument prodigieux et extrêmement politique".

Samuel Blumenfeld analyse l'esthétique sombre, volontairement terne, et plus réaliste du film de Spielberg, il précise le contexte de réalisation : "c'est clairement un film qui s'écrit durant l'ère Trump et qui porte les stigmates, les interrogations et les frustrations de cette époque-là". Il ajoute que le film de Robert Wise est en fait un film des années 1950 qui renvoie aux problématiques de cette époque et au côté sombre de la croissance américaine.

Marc Weitzmann expose cette mise en abîme et observe "Steven Spielberg retranscrit en langage de rue le contexte de la guerre froide dans lequel se situe l'action du film et aussi le moment où le film a été fait ; il y a cette référence à la destruction mutuelle assurée".

Affiche du film de Steven Spielberg
Affiche du film de Steven Spielberg
- Walt Disney Germany

En savoir plus

Ariana DeBose, révélation de "West Side Story" : "Steven Spielberg autorise le film à nous briser le cœur", interview par Olivier Lamm, Libération, 8 décembre 2021.

"West Side Story" : le remake lui va comme un gang, par Clélia Cohen, Libération, 7 décembre 2021.

"J’étais une actrice latina, je suis restée une actrice latina" : Rita Moreno, d’un "West Side Story" à l’autre, portrait par Samuel Blumenfeld, Le Monde, 6 décembre 2021.

1h 15
58 min