Netflix, streaming, VOD : révolution ou écran de fumée ?
Netflix, streaming, VOD : révolution ou écran de fumée ? ©Getty - Henrik Sorensen
Netflix, streaming, VOD : révolution ou écran de fumée ? ©Getty - Henrik Sorensen
Netflix, streaming, VOD : révolution ou écran de fumée ? ©Getty - Henrik Sorensen
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C'est un nouveau coup de tonnerre dans l'industrie du cinéma : cette semaine sortait sur Netflix le dernier film de Martin Scorsese, "The Irishman". Une affiche prestigieuse pour la plateforme américaine qui fait face désormais à une forte concurrence. Assiste-t-on vraiment à une révolution ?

Avec
  • Alexandre Janowiak Journaliste cinéma pour Ecran Large
  • Pascal Rogard Directeur général de la SACD
  • Boris Duchesnay directeur général adjoint en charge des programmes d’OCS
  • Capucine Cousin Journaliste économique

The Irishman, le nouveau film de Martin Scorcese sorti mercredi dernier est un évènement à plus d’un titre. Inspiré des mémoires d’un tueur de seconde main du nom de Frank Sheehan joué par Robert de Niro, et de la disparition jamais expliquée d’un très puissant leader syndicaliste américain qui s’appelait Jimmy Hoffa, le film raconte l’histoire d’une amitié et d’une trahison dans le monde de la mafia en même temps qu’un pan l’histoire de l’Amérique entre l’immédiat après guerre et le Watergate. 

The Irishman réunit le monde de Scorcese, Robert de Niro, Joe Pesci, Harvey Keitel. Vient s’y ajouter la personnalité shakespearienne d’Al Pacino, qui donne au film une bonne partie de sa grandeur. Saga lyrique et funèbre de 3h30, oeuvre testamentaire du réalisateur de Taxi Driver, le film est aussi et avant tout un film de dialogue, bien plus qu’un film d’action, un film fait pour le cinéma, et, c’est là l’autre évènement de cette sortie, un film qu’on ne verra pas au cinéma puisqu’il sort sur Netflix. Car Martin Scorsese, fervent défenseur du cinéma en salle, a accepté le financement de Netflix et le résultat est qu’on ne verra son film que sur les écrans de télé ou d’ordinateur.

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Peut-on dès lors parler de sortie à proprement parler, malgré la campagne d’affichage et les articles de presse ? Ou bien d’une sortie fantomatique, spectrale comme les personnages du film dont les visages sont retravaillés électroniquement? Avec la domination des plateformes telles Netflix sur le marché de la diffusion et de la production mondiales est-ce à une mutation que l’on assiste, ou à la fin d’un monde ?