©Getty -  Fairywong
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Assiste-t-on, au nom du désir de justice, à l’émergence d’une nouvelle culture du Bien ?

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"Non à la venue d’Emma Becker à l’Université Grenoble Alpes" : tel était le titre du communiqué de presse publié par l'association Osez le féminisme ! contre la venue de la romancière que nous avons reçue dans cette émission en septembre dernier, auteure de La Maison qui a été sélectionné depuis pour concourir au Prix du Roman des étudiants / France Culture. Cinq jours plus tard, en région parisienne, Sylvine Thomassin, maire PS de Bondy, demandait lors du conseil de l’espace public territorial Est Ensemble la déprogrammation du film de Roman Polanski dans six salles en Seine-Saint-Denis. « Nous sommes les représentants du peuple, sur un territoire militant notamment en faveur de l’égalité femmes-hommes. » Dans les deux cas, ces tentatives ont échoué. 

Emma Becker est bien venue à Grenoble, et J’accuse, qui poursuit son succès, n’a finalement pas été déprogrammé. Mais ces deux derniers exemples traduisent une réelle crispation du débat public autour des questions de genre et de racisme, une crispation qui dépasse d'ailleurs nos frontières. " Faut-il cesser d’exposer Gauguin ?” s’interrogeait ainsi très sérieusement le New York Times le jour même où Sylvine Thomassin s’exprimait sur le film de Roman Polanski. Le journal ajoutait : "L’artiste a sans doute eu des relations sexuelles avec de très jeunes filles, et nul doute que Gauguin a tiré parti de sa position d’occidental privilégié pour profiter de toutes les libertés sexuelles dont il disposait.”

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Assiste-t-on au nom du désir de justice à l’émergence d’une nouvelle culture du Bien, comme le dénonçait récemment l’écrivain Pierre Jourde sur son blog ?

Marc Weitzmann s’entretient avec Pierre Jourde, écrivain, Hadrien Mathoux, journaliste à Marianne, Céline Piques, porte-parole de l’association “Osez le féminisme !” et Maboula Soumahoro, angliciste, maîtresse de conférence à l’Université de Tours, chercheuse en french diaspora studies. 

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