Un homme lisant "Serotonine" de Michel Houellebecq, le 3 janvier 2019.  ©AFP - Bertrand GUAY
Un homme lisant "Serotonine" de Michel Houellebecq, le 3 janvier 2019. ©AFP - Bertrand GUAY
Un homme lisant "Serotonine" de Michel Houellebecq, le 3 janvier 2019. ©AFP - Bertrand GUAY
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Résumé

Alors que les commentaires sur Sérotonine, le dernier roman de Michel Houellebecq affluent de toutes parts, "Signes des temps" s'attache à comprendre les raisons d'une réception univoque et de ce succès.

avec :

Marine Baron (Auteur), Justine Bo (réalisatrice et écrivaine), Alexandre Gefen (Directeur de recherche au CNRS, critique littéraire.), Antoine Compagnon (Professeur au Collège de France depuis 2006, titulaire de la chaire de Littérature française moderne et contemporaine).

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Antoine Compagnon : Michel Houellebecq est un romantique adolescent

Comme chaque fois désormais depuis vingt ans, chaque fois que Michel Houllebecq publie un livre, c’est l’heure de la messe. Avant même la sortie de Sérotonine, le 4 janvier dernier, pendant les vacances, les Inrocks, Le Nouvel Obs et d’autres ont salué le retour de celui que David Caviglioli dans le Nouvel Obs appelait joliment "la Marianne de notre effondrement". Depuis que le roman est sorti, tandis que France Info en assure la publicité avec pour seul argument le chiffre des mises en place les éloges pleuvent comme le déluge.  Sérotonine peut s’afficher dès le début comme l’histoire d’un homme marchant vers son suicide tout en posant sur le monde un regard parfois vulgaire mais toujours sardonique et désespéré,  et même dénué d’empathie, Bernard Pivot n’en évoque pas moins un grand roman d’amour et de consolation. Le Figaro et le Figaro-Mag y ont consacré chacun leur Une, le Monde des Livres qui  présente Sérotonine comme « roman de la liberté » et « une hypothèse de bonheur et d’émancipation » en a fait lui aussi sa une avant la sortie du livre puis quatre pages la semaines suivante, ce qui est unique, et le directeur du Monde des Livres Jean Birnbaum nous a aussi appris, sur cette antenne, la bonne nouvelle christique selon laquelle, je cite « Houellebecq nous aime et nous comprend. » 

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3 min

Nous ne sommes plus ici dans la critique littéraire mais dans la communion, à tous les sens de ce terme. 

Comme il s’agit d’une émission athée, on va essayer de raison garder. Les livres de Houellebecq sont certes en prise directe avec l’époque, ou en tous cas  avec la manière dont les Français se la racontent. Mais si ses romans  font certainement signes des temps, leur réception incroyable n’est pas moins signifiante.

C’est là-dessus que l’on va essayer de réfléchir aujourd’hui,  sur les différentes lectures que l’on peut faire de Sérotonine, et sur sa réception univoque. 

Justine Bo : "Il n'y a aucun échappatoire, si ce n'est la sérotonine. Le personnage est pris dans un immobilisme, un silence total. Le chaos mange le personnage

Alexandre Gefen: "C'est le roman le plus noir et nihiliste de Houellebecq. Les femmes sont des araignées venimeuses, les hommes sont dépressifs, potentiellement dangereux et criminels. Les campagnes sont les plus moches du monde et les villes sont invivables...

50 min

Programmation sonore

- "Crépuscule", poème de Michel Houellebecq dit par lui-même

- "Debris de la plage" du groupe Ultraviolet Eye