Manifestants devant la statue déboulonnée du général sudiste Robert E. Lee, Richmond, 2021.
Manifestants devant la statue déboulonnée du général sudiste Robert E. Lee, Richmond, 2021.
Manifestants devant la statue déboulonnée du général sudiste Robert E. Lee, Richmond, 2021. ©AFP - Ryan M. Kelly
Manifestants devant la statue déboulonnée du général sudiste Robert E. Lee, Richmond, 2021. ©AFP - Ryan M. Kelly
Manifestants devant la statue déboulonnée du général sudiste Robert E. Lee, Richmond, 2021. ©AFP - Ryan M. Kelly
Publicité
Résumé

Le colloque "Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture" organisé les 7 et 8 janvier dernier a provoqué une levée de bouclier. On va s’intéresser à ce que l’on appelle en France depuis quelque temps le "wokisme", grâce à une conférence donnée par Laure Murat, publiée au Seuil.

avec :

Laure Murat (Essayiste et professeur à UCLA (Université de Californie - Los Angeles)).

En savoir plus

Le colloque "Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture" organisé les 7 et 8 janvier dernier a provoqué une levée de bouclier. C’est Elisabeth Roudinesco dans Le Monde qui a tiré le plus violemment dans un article intitulé "Guerre à l’intelligence", dans lequel elle accuse les organisateurs de vouloir remettre en cause non seulement ce que l’on appelle la culture woke, mais, à travers elle, l’œuvre des intellectuels français les plus prestigieux, ceux de la déconstruction, Derrida et Lacan au premier chef.

On reviendra d’ici peu dans cette émission sur l’héritage de la déconstruction aujourd’hui, qui est un sujet en soi. Pour l’heure, on va s’intéresser à un autre pan de ce que l’on appelle en France depuis quelque temps le "wokisme", grâce à une conférence donnée par Laure Murat au banquet du livre de Lagrasse en août dernier, et qu’elle publie ce mois-ci dans la nouvelle collection de textes courts Libelle au Seuil. Le texte s’intitule "Qui annule quoi ?" et cherche à définir et expliquer ce pan du wokisme que l’on appelle "culture de l’annulation" en français, qu’une forme d’effacement d’un certain nombre d’œuvres jugées offensantes qui se distingue, dit Laure Murat de la censure au sens traditionnel du terme. "N’allez pas chercher la violence de la cancel culture ailleurs que dans la brutalité du pouvoir", écrit laure Murat en couverture, "là se loge le danger, et là l’impasse".

Publicité

Les invités du jour

Marc Weitzmann reçoit

  • Laure Murat, professeure au département d'études françaises et francophones de l'Université de Californie - Los Angeles (UCLA), autrice de Qui annule quoi ? : sur la cancel culture, éditions du Seuil.
  • Pierre Valentin, auteur de L’idéologie woke. Anatomie du wokisme (tome 1) et Face au wokisme (tome 2), notes pour la Fondation pour l’innovation politique.

Les enjeux du débat autour de la cancel culture

Laure Murat propose une analyse du colloque "Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture" qui s'est tenu à La Sorbonne précisant "c'est ironiquement typiquement un mouvement de Cancel culture qui voudrait annuler la pensée décoloniale ; c'est le but avoué du colloque !". Laure Murat décrit la Cancel culture comme une invention de la droite américaine pour dénigrer un certain nombre d'actions et de pensées militantes, elle ajoute qu'il faudrait "qu'on ne regroupe pas tout sous cette étiquette de Cancel culture, et plutôt apporter de la nuance".

Evoquant le déboulonnage des statues dans l'espace public, Pierre Valentin évoque le rapport à l'histoire et développe : "cette logique de pureté est autodestructrice ; parce qu'à terme, aucun de ces militants pris dans ces spirales de pureté ne pourra y échapper". En contrepoint, Laure Murat énonce qu'il faut changer le système de représentation, elle ajoute "je fais surtout la différence entre l'histoire qui se fait dans les livres et la célébration d'un pouvoir politique et d'une idéologie qui se fait par les statues".

Pour en savoir plus