Géographie prioritaire : peut-on encore réparer l'école ?

A l'école maternelle des Coquelicots classée en REP (réseau d'éducation prioritaire), Colmar le 5 septembre 2022.
A l'école maternelle des Coquelicots classée en REP (réseau d'éducation prioritaire), Colmar le 5 septembre 2022. ©Maxppp - Vanessa Meyer
A l'école maternelle des Coquelicots classée en REP (réseau d'éducation prioritaire), Colmar le 5 septembre 2022. ©Maxppp - Vanessa Meyer
A l'école maternelle des Coquelicots classée en REP (réseau d'éducation prioritaire), Colmar le 5 septembre 2022. ©Maxppp - Vanessa Meyer
Publicité

Les politiques éducatives semblent impuissantes face aux défis posés aujourd'hui à l'école : crise de la mixité sociale, manque chronique de moyens, manque d'attractivité de l'enseignement public par rapport au privé… Comment inverser la tendance ?

Avec
  • Marco Oberti Sociologue, professeur des universités à Sciences Po

Rétablir l’attractivité de l’école publique, inclure les écoles privées dans l’impératif de mixité scolaire… La feuille de route du ministre Pap Ndiaye s’apparenterait presque aux Douze travaux d’Hercule, voire au mythe de Sisyphe. Sisyphe qui, pour avoir défié les dieux, fut condamné à pousser éternellement un rocher jusqu'en haut d'une colline.

Car du manque de candidat au concours, aux stratégies d’évitement scolaire, aux conditions de travail dégradées, à l’usure profonde des personnels, l’école française semble littéralement à bout de souffle… Et plus encore en zone prioritaire, où malgré le dédoublement des classes de primaire et maternelle en réseau d’éducation prioritaire, les fameux REP et REP+, ou la mise en œuvre des cités éducatives, les évaluations démontrent l’enracinement des difficultés…

Publicité

A qui la faute ? A un dispositif de rééquilibrage de moyens qui n’aurait finalement pas prouvé son efficacité ? Au délitement de cette fameuse mixité scolaire, parangon de la mixité sociale, qui tend à disparaître au point de devenir, elle aussi, un mythe ? Ou tout bonnement à un subtil renoncement de l’idée même d’égalité devant l’école, quand pour cela, il faudrait réveiller les fantômes de cette guerre scolaire séculaire, entre fervents défenseurs d’une école publique pour tous, et partisans de la liberté de choix et du droit à éduquer ses enfants dans le privé ?

A l’heure où la publication, à l’automne, des indices de position sociale, un des critères pour qualifier les établissements en REP, n’en finit plus de provoquer des remous… A l’heure où un calendrier de refonte de la carte de l’éducation prioritaire, figée depuis 2015, se fait toujours attendre, « Sous les radars » vous propose une série d’émissions sur la géographie prioritaire… Cette semaine : peut-on encore réparer l’école ?

Sous les radars
29 min

A lire pour aller plus loin :

De l’Ecole alsacienne à Saint-Jean-de-Passy, ces lycées parisiens privés très bien dotés par rapport au public, enquête publiée dans Le Monde

L’indice de position sociale des lycées de Seine-Saint-Denis révèle un manque criant de mixité, article publié dans Le Parisien

"En France, l'école privée est une limite à la mixité sociale", interview de Marco Oberti dans Télérama

Le site du collectif No Ghetto, qui milite pour la mixité dans les collèges de la métropole de Lyon

Le dédoublement des classes de CP et CE1 : quel bilan ?, article de Pierre Merle publié dans la revue La Vie des idées

L'équipe