Le bilan est terrible : 56 morts, et autant de blessés lors de l'accident ferroviaire le plus grave qu'ait connu la région
Le bilan est terrible : 56 morts, et autant de blessés lors de l'accident ferroviaire le plus grave qu'ait connu la région ©AFP - MIRA / ARCHIVES / AFP
Le bilan est terrible : 56 morts, et autant de blessés lors de l'accident ferroviaire le plus grave qu'ait connu la région ©AFP - MIRA / ARCHIVES / AFP
Le bilan est terrible : 56 morts, et autant de blessés lors de l'accident ferroviaire le plus grave qu'ait connu la région ©AFP - MIRA / ARCHIVES / AFP
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Superfail revient cette semaine sur une catastrophe ferroviaire de grande ampleur, une catastrophe survenue en 1988 à la gare de Lyon et qui fit 56 morts et 57 blessés.

Avec
  • Gilles Dansart Journaliste, rédacteur en chef du site Mobilettre et spécialiste du transport ferroviaire

Les catastrophes ferroviaires sont rares, mais quand elles surviennent, elles peuvent être terriblement meurtrières, c'est ce que nous rappelle la catastrophe de Brétigny-sur-Orge qui a eu lieu en juillet 2013. Mais l'une des pires catastrophes ferroviaires a eu lieu Gare de Lyon à Paris, le 27 juin 1988, à 19h10.

Pour comprendre ce qui a pu provoquer un tel drame, Guillaume Erner reçoit Gilles Dansart , journaliste, directeur du site internet mobilettre.com.

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Une succession de ratés

A 19h10, le 27 juin 1988, un train lancé à 70 km/heure arrive à pleine vitesse dans la Gare de Lyon et s'encastre dans un train à quai, entraînant la mort de 56 passagers. Mais comment un tel drame a pu survenir ? Gille Dansart revient sur l'enchaînement des éléments qui ont mené à ce drame. Premier élément décisif, l'action d'une voyageuse à bord du train : "Un train venait vers Corbeil-Essonne et allait vers la gare de Lyon (...) et une voyageuse qui s'aperçoit que le train qu'elle a pris ne s'arrêtera pas à la station où elle voulait descendre, tire la sonnette d'alarme.". Seconde étape, le conducteur décide de réarmer les freins et opère une manipulation sur le train, qui désactive malencontreusement tous les freins des wagons arrières. "Quand il va être de retour dans sa cabine, il n'y a pas de voyant qui lui indique que les freins des voitures derrière ne sont plus opérationnels. (...) Il ne sait pas qu'il n'y a que sa locomotive de tête qui est équipée de frein." relate Gilles Dansart.

Et c'est en arrivant à quelques kilomètres de la gare de Lyon que le conducteur va finalement s'apercevoir du problème. Seulement deux minutes s'écoulent entre la prise de conscience du conducteur et la collision : "Il ne pense pas à actionner les freins aérostatiques, il pense à dire à tous les voyageurs d'aller au fond de la rame. En deux minutes, il se passe plein de choses." explique Gilles Dansart.

Les conséquences du drame

Cet évènement tragique eut de nombreuses conséquences directes, notamment la démission du PDG de la SNCF, nous rappelle Gilles Dansart : "Ca a conduit à revoir beaucoup de choses du point de vue de la sécurité, et puis c'est un procès en première instance et un procès en appel (...), cela a duré de nombreuses années pour établir les responsabilités."

A l'époque, des cheminots de la SNCF avaient organisé une grève pour contester l'idée selon laquelle leurs collègues étaient responsables de cette défaillance. Mais alors peut-on faire une analogie entre cet accident et celui de Brétigny-Sur-Orge dont le procès occupe l'actualité en 2022 ? "On voit bien qu'à chaque fois, Gare de Lyon comme Brétign aujourd'hui, c'est qui est responsable ? Pour Brétigny on met aussi en cause les budgets, ce qui n'était pas le cas gare de Lyon en 88. C'était vraiment un problème interne au système ferroviaire et aux conditions de sécurité de circulation." explique Gilles Dansart.

La morale de cette histoire, c'est qu'une catastrophe est souvent plurielle, une accumulation d'erreurs qui donnent au final un terrible drame.

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Juliette Devaux
Collaboration