Des policiers et des opérateurs de CSU travaillent sur un système de projection vidéo au Centre de Contrôle Urbain de Surveillance (CSU) le 26 avril 2016 à Nice, dans le sud-est de la France ©AFP - VALERY HACHE
Des policiers et des opérateurs de CSU travaillent sur un système de projection vidéo au Centre de Contrôle Urbain de Surveillance (CSU) le 26 avril 2016 à Nice, dans le sud-est de la France ©AFP - VALERY HACHE
Des policiers et des opérateurs de CSU travaillent sur un système de projection vidéo au Centre de Contrôle Urbain de Surveillance (CSU) le 26 avril 2016 à Nice, dans le sud-est de la France ©AFP - VALERY HACHE
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Résumé

Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy dès 2007, la vidéosurveillance a connu un succès grandissant en France. Mais aujourd'hui, que représente vraiment cette promesse sécuritaire ? Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, dresse un bilan sans appel et dénonce ce « bluff technologique ».

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La vidéo-surveillance est la panacée en matière de sécurité : elle fait reculer le crime, les délits, les incivilités, en tout cas selon Nicolas Sarkozy qui défendait ce système dès 2007 quand il était alors président de la République. 

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS (Laboratoire méditerranéen de Sociologie) a réalisé une vaste enquête dans trois villes françaises emblématiques et publie son constat sans appel dans Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance, aux éditions Armand Colin.

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Ce qui est exact dans le raisonnement de Nicolas Sarkozy c’est que dans une démocratie comme celle de la France, la vidéosurveillance ne constitue pas en soi une menace pour nos libertés individuelles, publiques, notre liberté. Parce qu’en soit la technologie n’est rien, c’est le régime politique qui fait tout. Là où il a tort c’est quand il explique que partout où la vidéosurveillance a été installée, la sécurité a fait des progrès. C’est faux. Les crimes ne font que se déplacer. On appelle ça le 'phénomène de déplacement de la délinquance', et c’est sans fin.

La vidéosurveillance est un marché mondial hyper concurrentiel avec des pays comme les Etats-Unis, la Chine, à la pointe de ce marché et qui cherchent à conquérir la planète entière jusqu’à aller vendre des programmes de vidéosurveillance à des pays parmi les plus pauvres de la planète qui n’ont ni électricité ni eau courante.

Il ne faut pas raisonner en terme de faits divers mais il faut se demander, sur une ville donnée, les enquêtes dans lesquelles une image a été décisive pour les policiers ou les gendarmes, qu’est-ce que ça représente dans leur activité totale dans l’année ? Je montre que quelle que soit la ville, la proportion d’enquêtes où les images ont joué un rôle important est comprise entre 1 et 3%. Si c’est petit, ça coûte combien ? Est-ce que cet argent on ne pourrait pas l’utiliser pour quelque chose de plus efficace encore ?

"Superfail", à découvrir chaque vendredi

"Superfail" est notre nouveau podcast "natif", né comme podcast et originaire du numérique, sans passer d’abord par l’antenne hertzienne. C’est Guillaume Erner, le producteur des Matins de France Culture, qui se lance sur cette nouvelle "antenne" numérique : chaque vendredi matin, retrouvez une histoire d'échec, de fail, décryptée avec un invité. Un nouveau programme à part entière à écouter à votre rythme, quand vous le désirez. Et qui a pour ambition d'explorer les possibilités offertes par le média, en termes de ton, d'écriture, de durée...Retrouvez l'intégralité des épisodes de Superfail

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Références

L'équipe

Guillaume Erner
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Guillaume Erner
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Juliette Devaux
Collaboration