Soyouz : le vol de trop ?

Le vaisseau Soyouz MS-10 transportant l'astronaute américain Nick Hague et le cosmonaute russe Alexeï Ovitchinine vers l'ISS. La fusée a connu une défaillance après son décollage le 11 octobre 2018
Le vaisseau Soyouz MS-10 transportant l'astronaute américain Nick Hague et le cosmonaute russe Alexeï Ovitchinine vers l'ISS. La fusée a connu une défaillance après son décollage le 11 octobre 2018 ©Getty - 	Sergei Savostyanov
Le vaisseau Soyouz MS-10 transportant l'astronaute américain Nick Hague et le cosmonaute russe Alexeï Ovitchinine vers l'ISS. La fusée a connu une défaillance après son décollage le 11 octobre 2018 ©Getty - Sergei Savostyanov
Le vaisseau Soyouz MS-10 transportant l'astronaute américain Nick Hague et le cosmonaute russe Alexeï Ovitchinine vers l'ISS. La fusée a connu une défaillance après son décollage le 11 octobre 2018 ©Getty - Sergei Savostyanov
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Après l'échec le 11 octobre dernier du lancement de la fusée russe Soyouz, quel avenir pour le spatial russe ? Avec Isabelle Sourbès-Verger, spécialiste de l'espace.

Soyouz ça veut dire "union" en russe, c'est une fusée qui depuis l'arrêt des vols de la navette spatiale américaine, est désormais le seul engin à envoyer des individus dans l'espace, du moins quand il y parvient...  En effet, le 11 octobre dernier, un accident sur une fusée Soyouz avait interrompu le vol des spationautes Nick Hague et Alexeï Ovtchinine deux minutes après le décollage de la base de Baïkonour au Kazakhstan. Les deux astronautes indemnes ont regagné la Terre et une commission d'enquête russe a été lancée. Cette dernière a établi qu'une "déformation" d’un capteur lors de l’assemblage de la fusée à Baïkonour était à l'origine de l'accident. 

" Superfail" revient sur l'échec du lancement Soyouz et ses répercussions avec Isabelle Sourbès-Verger,  spécialiste des politiques spatiales.

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Vous n'avez pas les mêmes contraintes de fiabilité quand vous envoyez des hommes que lorsque vous envoyez une charge utile car le type d'assurances n'est pas vraiment le même..

Le lanceur Soyouz est réputé pour son extrême fiabilité depuis le début de l'ère spatiale puisque Gagarine partira dans l'espace en 1961 à bord d'un vaisseau Soyouz.

La difficulté très particulière aujourd'hui du spatial Russe c'est le contrôle de qualité. A l'époque soviétique, il n'y avait pas véritablement de demande de rentabilité, il n'y avait pas un process de contrôle qualité spécifique, à tous les niveaux, les gens avaient la compétence, avaient les bons matériaux. Aujourd'hui c'est complètement différent, le secteur spatial Russe est certes bien mieux financé qu'à l'époque Eltsine mais il est quand même financé à hauteur d'un pourcentage très faible par rapport aux Américains. Ils sont peut-être aujourd'hui pour la totalité  de l'activité spatiale à 5 milliards de dollars là où les Etats-Unis ont 40 milliards de dollars...

Les Russes savent qu'ils sont en fin de cycle, le nombre de commandes de Soyouz va diminuer et puis la page va se tourner puisque la Station Spatiale Internationale s'arrête normalement en 2025.

Tout ça nous rappelle que l'espace, c'est pas fait forcément pour envoyer des hommes, que les lanceurs c'est une technologie qui existe depuis les années 50 et qu'on a pas encore inventé des moyens plus doux d'aller dans l'espace, que d'allumer des gigantesques fusées avec des ergols et qu'à partir de là, ça devient dangereux. Mais c'est cela aussi qui fait rêver et qui fascine et en même temps, bien sûr, c'est difficile !

"Superfail", à découvrir chaque lundi 

"Superfail" est notre nouveau podcast "natif", né comme podcast et originaire du numérique, sans passer d’abord par l’antenne hertzienne. C’est Guillaume Erner, le producteur des Matins de France Culture, qui se lance sur cette nouvelle "antenne" numérique : chaque lundi matin, retrouvez une histoire d'échec, de fail, décryptée avec un invité. Un nouveau programme à part entière à écouter à votre rythme, quand vous le désirez. Et qui a pour ambition d'explorer les possibilités offertes par le média, en termes de ton, d'écriture, de durée...

L'équipe de Superfail

Production : Guillaume Erner 

Réalisation : David Jacubowiez 

Avec la collaboration de Daphné Abgrall     
 

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