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Ce soir, on prend la route et on fonce à travers. A travers le paysage quotidien, à travers celui des autres, à travers les œuvres aussi de notre enfance, dessins figés par le souvenir et soudain réanimés par un nouvel œil, toujours couplé à l’oreille… Autour de la table de Supersonic se rencontrent Matthieu Duperrex, co-fondateur avec Claire Dutrait du collectif Urbain trop Urbain, et Jochen Gerner, graphiste et dessinateur.

"Pratiquer la ville", c'est le mot d'ordre du collectif à géométrie variable Urbain, trop urbain . Depuis presque 5 ans, ses membres se saisissent de la ville pour la questionner, rencontrer les habitants, enregistrer, photographier, écrire. La poésie n'est jamais loin. L'enquête est toujours de terrain. Et toujours à la recherche de la richesse de la périphérie. Shanghai fut au centre d'un "No City guide" que le collectif a édité. Tout récemment, le périphérique de Toulouse fut matière à réflexion et à pratique (c'est avec un extrait de ce travail et du livre qui en a découlé édité par Wildproject qu'on commence l'émission de ce soir), cet été c'est la Nouvelle-Orléans, 10 ans après l'ouragan Katrina, qui a été au centre de leur préoccupation. Une installation est attendue début novembre au Collège de France.

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Urbain, trop urbain invente le documentaire multiforme et en flux, présents qu'ils sont sur les réseaux multiples, permettant une forme de travail en progrès et à ciel ouvert. Le son est un de leurs outils, parmi tant d'autres - Urbain trop urbain éclate le cadre du documentaire pour défendre un propos urbain, sociologique, philosophique et écologique. Le bouillonnement documentaire ? ça pourrait être ça.

L'immeuble (Berlin - Hansaviertel)
L'immeuble (Berlin - Hansaviertel)

L'architecture, la ville, Jochen Gerner s'en est déjà saisi plusieurs fois. Dessinateur auteur graphiste, il est dans la sphère de la maison d'édition L'Association depuis le début de sa carrière, il a donc fait partie de ce groupe qui a renouvelé littéralement la bande dessinée francophone. Une monographie à son nom est publiée ces jours-ci par B42, avec l'aide de la galerie Anne Barrault. La bande dessinée y est présente, mais comme inspiration, comme corpus, comme matière première. Ainsi Gerner se saisit des grands classiques, Hergé et Tintin en tête, pour pour les tordre et leur rendre hommage - tout ça à la fois. Il passe les pages au noir, il compose une gravure avec uniquement les traces de vitesse d'un album de Michel Vaillant, il zoome autant qu'il peut... Démarche inventive, contrainte (Gerner fait partie de l'Ouvroir de bande dessinée potentielle), systématique, qui remet la référence initiale au présent. Quels ponts établir avec le son et la musiques contemporaine ? On propose pistes dans l'émission, la musique n'étant pas absente des enquêtes et détournement de JG.

On dit aussi un mot de l'opération Métrophonie , rendue publique ce week-end à l'occasion des journées du patrimoine dans le Grand Lyon. Avec le compositeur Théo Rota .

**> Et l'histoire vraie de son est celle de Juliette Volcler, auteur du Son comme arme (éd. La Découverte) et coanimatrice de la revue en ligne Syntone. **

Références

L'équipe

Inès de Bruyn
Collaboration