La Policlinique Baudelaire : une médecine solidaire

Docteur Véronique Vasseur
Docteur Véronique Vasseur  ©Radio France - Claire Hauter
Docteur Véronique Vasseur ©Radio France - Claire Hauter
Docteur Véronique Vasseur ©Radio France - Claire Hauter
Publicité

« La Policlinique est connue jusqu’à Bamako ! », précise le Docteur Véronique Vasseur, qui dirige actuellement le service et reçoit ce matin Mme Denis, une vieille habitante du faubourg Saint-Antoine, et plusieurs patientes africaines.

1ère diffusion le 19.09.2011 dans Sur Les Docks

Un documentaire de Claire Hauter et Christine Robert

Publicité

Prise de son : Yves Le Hors, Olivier Leroux et Stéphane Poitevin

Mixage : Marie-Thérèse Ferrand

Il ne s’agit pas d’une consultation humanitaire, sont accueillis des SDF mais aussi des migrants et des personnes vivant au Nord-Est de Paris et renonçant peu à peu aux soins faute de moyens. A la permanence, les patients peuvent se voir délivrer un « bon Baudelaire » leur permettant de bénéficier sans bourse délier des consultations de médecine générale ou spécialisée, de recourir aux examens complémentaires et de disposer des médicaments nécessaires à assurer leurs soins. La Policlinique Baudelaire est un de ces lieux ouverts sur la ville où se pratique encore au quotidien la santé publique de terrain au service de tous. Son originalité consiste à proposer une prise en charge multidisciplinaire : médicale, paramédicale et sociale. Fondée en 1992 au sein de l’hôpital Saint-Antoine, elle fut d’abord une consultation de précarité : ouverte sans rendez-vous aux personnes sans prises en charge, sans domicile fixe, sans travail ou sans foyer fixe, avec des itinéraires parsemés de ruptures. C’était le vœu de son créateur, le Docteur Jacques Lebas, ancien cofondateur de Médecins du monde, qui avait fait sien ce précepte : « On ne demande pas à un malade de quel pays et de quelle religion es-tu, on lui dit tu souffres cela me suffit, je te soulagerai ».

La Policlinique travaille en réseau avec les Urgences de Saint-Antoine, mais aussi avec les médecins de ville, parfois dépassés par des pathologies complexes, ainsi qu’avec de nombreuses associations de la région parisienne. Dans leurs boxes de consultation, explique le Docteur Olivier Cha, les médecins pratiquent une médecine générale complexe, au service de patients souvent porteurs de pathologies multiples et difficiles à cerner, dues à des parcours semés de ruptures. Les consultations sont longues et fouillées, comme celle qu’il engage avec un jeune homme d’origine chinoise qui semble dépressif ou la tentative de dialogue du Docteur Isabelle Hiesse avec une femme tchétchène qui ne parle pas un mot de français ou avec un toxicomane géorgien. Préalable immuable à la consultation médicale, chaque patient passe d’abord un entretien mené par des infirmiers d’expérience, comme Sophie et Laurent, sous la houlette de la cadre de santé Hélène Piquet, capables de repérer un itinéraire médical chaotique et de discerner la nécessité d’une orientation sociale ou psychologique.

Par leur engagement, médecins et infirmiers témoignent des valeurs d’hospitalité en l’absence desquelles il n’y a pas de cité. Le parcours de Pei Xu, une jeune médecin fraîchement diplômée, en témoigne singulièrement…

L'équipe