Claude Bochurberg ©Radio France - DR
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Résumé

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En savoir plus

Le 27 janvier 2021 comme chaque année s’est tenue La Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah date anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau.

À cette occasion, des commémorations et des manifestations ont été organisées partout dans le monde. Cette année, en raison de la pandémie de covid-19, les événements ont été moins nombreux, à distance ou en présence, mais souvent sans public. 

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Cette date et la période qui l’entoure furent pour moi l’occasion de penser encore une fois à l’expression « Juste mémoire » formulée par Paul Ricoeur, qui signifie à la fois « justice » et « justesse », c’est à dire une mémoire vive qui trouve ses racines dans le passé mais qui est aussi orientée vers et pour le futur. 

Ce que disait à sa façon Rabbi Nahman de Braslav, concernant la mémoire en générale : en zikaron éla le’alma deaté, que j’aime à traduire par « Souviens-toi de ton futur ! » ou plus littéralement « Il n’y a de souvenir que du monde en train de venir ».

Mais pour se souvenir, il faut tout le travail des historiens, tout un « travail de mémoire » qui consiste à retrouver les éléments les plus précis, les plus documentés, les archives et les faits, mais aussi se mettre à l’écoute des témoins, et aujourd’hui avec une écoute plus fine encore à l’écoute des derniers, des tous derniers, des ultimes témoins. 

C’est à ce point précis que la responsabilité envers le passé rejoint la responsabilité pour l’avenir, car il s’agit de se souvenir doublement, se souvenir avec Mémoire et avec Vigilance 

- Avec « Mémoire » tout d’abord, pour réparer le passé, « en rendant justice aux victimes, et aux oubliés de l’histoire, non seulement, comme l’écrit Christophe Bouton, en prenant conscience de leurs souffrances, de l’injustice absolue qu’ils ont subis, mais aussi, puisque tout être humain a droit à une sépulture, en leur permettant de retrouver une forme de tombeau, de réintégrer, à titre posthume, l’humanité qui est pleinement la leur. »

- Avec « vigilance » ensuite pour préparer l’avenir. nous devons être portés par ce « nouvel impératif » formulé par Adorno dans lequel le travail de mémoire se conjugue avec un « devoir de mémoire » : « Penser et agir, disait Adorno, en sorte qu’Auschwitz ne se répète pas, que rien de semblable n’arrive ». 

C’est à dire « faire en sorte que n’apparaissent pas, que ne prospèrent pas des pensées, des régimes politiques qui valorisent la guerre, diffusent le racisme ou prônent l’extermination d’un groupe », sans oublier « de continuer à montrer des figures exemplaires du passé qui se sont opposées à la violence - comme les Résistants et les Justes - prouvant par là même que le refus de la violence a été, est et sera encore possible ». (Christophe Bouton). 

L'invité

Claude Bochurberg, est Ostéopathe. Psychosomaticien. Auteur de nombreux ouvrages, il est enseignant au Conservatoire Supérieur Ostéopathique. Ancien chargé de Cours à la Faculté de Médecine Paris-Nord.Il est militant des "Fils et Filles des Déportés Juifs de France" aux côtés de Serge et Beate KlarsfeldDepuis 1981, Claude Bochurberg est responsable de la "Rubrique Mémoire" à Actualité Juive, et animateur de l'émission "Mémoire et Vigilance" sur Radio Shalom.

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Livres de l'invité cités dans l'émission

Souffler sur les braises pour que les ombres revivent.

Préface de Serge Klarsfeld

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Extrait de la préface

« C’est en plein cœur du  mois d’août 2012, pris par un incoercibles impératif de mettre un peu  d’ordre dans des monceaux de papier ; que j’ai redécouvert le dossier  consacré aux Yamniak, un dossier composé par ma tante Becky, disparue il  y a quelques années… »C’est ainsi que commence le  récit de la quête menée par l’auteur sur les traces de son oncle, de sa  tante et de leur fils âgé de 7 ans, ainsi que sur celle de son père,  assassiné dans les Pays Baltes. Une tragédie dont les affres  s’immiscèrent chez tous les membres de la famille survivante…

« Un jour les Fils et Filles des Déportés Juifs de France, la  grande famille de Claude depuis 1978, et un jour Claude lui-même, nous  ne serons plus qu’ombres et fantômes, mais tous nous aurons une énorme  dette envers Claude qui laisse de nous une trace indélébile. Pouvait-il  s’attacher à autant d’êtres ayant partagé son destin collectif sans  consacrer une part de son œuvre aux siens et à soi-même ? Cela n’aurait  pas été cohérent avec toute sa démarche d’homme et d’auteur. Avec ce  « Souffle sur les braises », il nous r »chauffe le cœur, que glace la  perspective de la mort de nos proches et notre mort à nous-mêmes. Ce très beau livre de Claude Bochurberg est une victoire sur la Shoah et sur la mort.  » (Serge Klasfeld)

Henri Zajdenwerger, L'ultime

Préface de Serge Klarsfeld

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Extrait de la préface

"Henri Zajdenwerger avait à peine 17 ans quand il fut déporté de Drancy en mai 1944, avec 877 hommes juifs vers les abattoirs que les nazis avaient implantés dans les pays baltes à Kaunas et à Reval. Son wagon prit la direction de l’Estonie, d'où revinrent 21 survivants, tandis que du sinistre Fort IX de Kaunas et du camp de Pravieniskès en Lituanie, ne survécurent que deux frères qui réussirent à s'évader.

Aujourd'hui, Henri est un des derniers survivants, sinon l'ultime, de ceux qui connurent, subirent et traversèrent l'univers concentrationnaire. 

Décisive, a été sa rencontre il y a 40 ans, avec le fils d'un de ses compagnons de malheur, Maurice Bochurberg : elle a arraché Henri à une existence redevenue presque normale à force d'étouffer les réminiscences des assassinats quotidiens de ses camarades, de l'évacuation à fond de cale d'un navire risquant d'être torpillé par un sous-marin soviétique, de quelques mois au camp d’extermination du Stutthof où ont disparu les Juifs de Dantzig, des marches de la mort et de la libération par l'Armée Rouge.

Grâce à Claude Bochurberg, Henri a repris sa marche, une marche de la vie, celle de l'engagement comme témoin et militant inlassable de la mémoire de la Shoah avec les Fils et Filles des Déportés Juifs de France, partout en Europe.

Grâce à Henri et à l’amitié profonde qui s'est créée entre celui, né en 1942 et qui n'a pas connu son père et celui qui a croisé son père à Drancy et dans un wagon à bestiaux, Claude a établi un lien précieux avec ce père disparu et qui lui a tant manqué. Un livre bouleversant sur Henri, sur Claude et sur les orphelins de la Shoah."

À lire absolument et à méditer.(Serge Klarsfeld)

Les livres sont disponibles à la librairie du Mémorial de la Shoah

http://www.memorialdelashoah.org/le-memorial/les-espaces-du-musee-memorial/la-librairie.html

Ou à l'Association des Filles et Fils des Déportés Juifs de France

au 01 45 61 18 78

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© Radio France - Mémorial de la shoah

Site du Mémorial de la Shoah (Paris)

http://www.memorialdelashoah.org/

Références

L'équipe

Alexandra Malka
Réalisation