Nurith Aviv
Nurith Aviv
Nurith Aviv ©Radio France - Juliette Agnel
Nurith Aviv ©Radio France - Juliette Agnel
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Résumé

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En savoir plus

« Dans son livre intitulé Un été alexandrin, l’écrivain Yisthaq Goren écrit : Gormezano est le nom qui fut donné à mes ancêtres à leur arrivée en Espagne avant l’Inquisition, alors qu’ils venaient de Gorms, c’est-à-dire de Worms, ville allemande où ils furent persécutés et dont ils furent chassés. C’est ainsi qu’en Espagne ils eurent droit à un nom mi-allemand, mi-espagnol, un mélange de deux diasporas en un seul nom : Gormezano...

L’expulsion des juifs espagnols en 1492 les remit sur le chemin de l’errance. Arrivés en Suède, les Suédois les appelèrent les Espagnols. Plus tard, émigrant de Suède en Turquie, les turcs les appelèrent los Suedos.

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Émigrés ensuite en Égypte ils devinrent los Turquanos.

Enfin, lorsqu’ils arrivèrent en Israël, on les appela hamitsrim, les Égyptiens, alors qu’ils portaient le nom de Gormezano, en référence à la ville allemande de Worms, qu’ils avaient quittée plusieurs siècles auparavant...

Mes parents, ajoutent alors l’auteur éprouvèrent le besoin d’hébraïser leur nom en Goren. Mais moi, j’ai choisi de rechanger de nom et de revenir à Gormezano parce je veux que mon nom reflète mon histoire. »

Cette histoire que rapporte Bernard Dov Hercenberg dans l’un de ses livres est paradigmatique de la vie de centaines de milliers de juifs expulsés d’Espagne en 1492 qui furent jetés sur les routes de l’exil, traversant non seulement les frontières mais aussi de nombreuses langues, sans jamais oublier la langue de leur patrie perdue, le castillan de la fin du XVe siècle qui devint comme une patrie imaginaire qu’ils emportèrent sur tous les chemins.

Des mots qui restent, en salle le 9 mars prochain

Dans son film, intitulé Des mots qui restent, qui sort en salle le 9 mars prochain, Nurith Aviv, à travers six portraits nous fait entendre des témoignages qui évoquent les parlers judéo-espagnols, mais aussi les parler judéo-arabes, et le judéo-persan. Des langues en voie de disparition ou pour certaines déjà quasiment disparues.

Au fil de ce film, on découvre les mélodies, les rythmes, et les accents de ces langues, ainsi que les traces qui continuent à œuvrer chez celles et ceux qui, enfants, les ont entendues dans la maison de leurs parents ou de leurs grands-parents.

L'invitée

Nurith Aviv a réalisé une quinzaine de films documentaires, en faisant notamment des questions de langue un terrain de recherche personnel et cinématographique.

Elle est la première femme directrice de la photographie en France reconnue par le CNC. Elle a fait l'image d'une centaine de films (fictions et documentaires), entre autres pour Agnès Varda, Amos Gitaï, René Allio ou Jacques Doillon.

-    Grand prix de l'Académie française 2019

-    Rétrospective Nurith Aviv  –  Centre Pompidou, novembre 2015

-    Lauréate du prix Edouard Glissant 2009

-    Rétrospective Nurith Aviv  –  Jeu de Paume, septembre 2008

Ses six derniers films sont sortis au cinéma accompagnés d’un grand nombre de débats avec des écrivains, des philosophes, des psychanalystes…

Archive sonore

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DES MOTS QUI RESTENT, un film de Nurith Aviv

Affiche du film DES MOTS QUI RESTENT
Affiche du film DES MOTS QUI RESTENT
© Radio France - Nurith Aviv
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© Radio France - .
Références

L'équipe

Alexandra Malka
Réalisation