Pina Bausch, dansant dans le Folkwang Ballet d'Essen, en 1971 ©Getty - ullstein bild
Pina Bausch, dansant dans le Folkwang Ballet d'Essen, en 1971 ©Getty - ullstein bild
Pina Bausch, dansant dans le Folkwang Ballet d'Essen, en 1971 ©Getty - ullstein bild
Publicité
Résumé

Pina Bausch a développé un art de la scène mêlant des chorégraphies classiques et un jeu théâtral marqué par la violence des rapports inter-humains. Qui était donc cette femme discrète, et investie pourtant d'une aura éclatante ?

avec :

Dominique Frétard (Journaliste et critique spécialisée dans la musique et la danse), Gérard Violette (Directeur de théâtre, directeur artistique, et administrateur), Jo Ann Endicott (Danseuse), Bénédicte Billiet (Danseuse), Jutta Geiger (Danseuse), Rudolf Rach (Directeur des éditions L'Arche), Brigitte Gauthier (Professeure à l’Université d’Evry, historienne du théâtre et du cinéma, auteure), Nazareth Panadero (Danseuse).

En savoir plus

Pina Bausch n’aimait pas parler, ni expliquer son travail. Elle demeure mystérieuse, y compris pour beaucoup des danseurs qui ont passé plusieurs décennies à ses côtés. Bien sûr, on connait les thèmes qui ont inspiré son œuvre : l’amour, la domination, le couple, la solitude. 

Il faudrait y ajouter la famille et la germanité, sans doute moins visibles mais bien présents dans ses spectacles. Le viol aussi peut-être. Mais tout cela ne suffit pas à éclairer sa personnalité, si forte, si magnétique, si secrète.

Publicité
Pina Bausch à Paris, le 22 avril 1987
Pina Bausch à Paris, le 22 avril 1987
© Getty - Eric BOUVET/Gamma-Rapho via Getty Images

Pina Bausch se forme à la prestigieuse Folkwang Hochschule d'Essen en Allemagne  (aujourd'hui Folkwang Universität der Künste), puis part un temps aux Etats-Unis. Elle s'installe rapidement à Wuppertal, en Allemagne, où elle fonde le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch (1976). Portée par son premier succès, Café Müller (1978), à la faveur de son élan créateur, ignorant les codes traditionnels de la danse classique, la compagnie fera le tour du monde dans les années 1980 et 1990. 

Ce qui se passe, dans les spectacles de Pina Bausch, c'est qu'on ne peut jamais y être insensible. Elle vous prend, elle vous piège, elle vous agrippe. C'est esthétique ou c'est épouvantable. Non seulement c'est épouvantable, mais en plus c'est inoubliable.

Le Laveur de vitres, ballet de Pina Bausch
Le Laveur de vitres, ballet de Pina Bausch
© Getty - Sergio Gaudenti - Sygma

Ses ballets s'inscrivent dans le genre de danse-théâtre, que Pina Bausch a initié. Les décors chatoyants et chargés constituent des contraintes pour les corps des danseurs, qui révèlent alors leurs potentiels. Elle transcrit dans le jeu qu'elle propose, les douceurs et les déchirures des relations amoureuses.

La chorégraphe était à la fois crainte et admirée par ses danseurs, avec qui elle communiquait par gestes, et sur lesquels elle exerçait une autorité immense. 

La chorégraphe allemande Pina Bausch, lors d'une conférence de presse au Centre culturel de Belém, à Lisbonne (Portugal), le 30 avril 2008
La chorégraphe allemande Pina Bausch, lors d'une conférence de presse au Centre culturel de Belém, à Lisbonne (Portugal), le 30 avril 2008
© Maxppp - JOAO RELVAS/EFE/Newscom/MaxPPP

On voit émerger des personnages à la Pina. On la voit elle, diaphane, droite, à la fois féerique et somnambulique, terrifiante par sa maigreur et par sa fragilité, et d'une dignité absolue. Et on voit les hommes, les femmes, s'entrelacer et se détruire." Brigitte Gauthier

Nous allons tâcher de revenir sur son parcours artistique, ce qu’elle a apporté au spectacle vivant en inventant cette "danse-théâtre". Nous tenterons aussi de mieux la comprendre malgré ses silences, en rassemblant les témoignages de danseurs qui ont travaillé avec elle, ainsi que de familiers de son œuvre.

Agua, ballet de Pina Bausch
Agua, ballet de Pina Bausch
© Getty - Robbie Jack

Avec les danseurs Jo Ann Endicott, Bénédicte Billiet, Nazareth Panadero et Jutta Geike ; Brigitte Gauthier, universitaire, auteur de Le langage chorégraphique de Pina Bausch (Editions de l’Arche ; Rudolf Rach, directeur des éditions de l’Arche, qui détiennent les droits mondiaux des spectacles de Pina Bausch ; Gérard Violette, ancien directeur du Théâtre de la ville ; Dominique Frétard, journaliste.

Un documentaire de Matthieu Garrigou-Lagrange, réalisé par Jean-Claude Loiseau. Attachée de production : Anne de Biran. Prise de son : Ronan Mahé. Mixage : Olivier Dupré. Archives Ina : Géraldine Biasotto. Documentation et recherche internet : Annelise Signoret. Collaboration : Juliette Dronne et Sylvia Favre. (1ère diffusion : 10 avril 2011).

Pina Bausch, le 06 juillet 1995, lors de la générale du ballet "Café Muller", qu'elle a créé et qui doit être présenté le lendemain dans la cour d'honneur du Palais des Papes pour l'ouverture du 49ème Festival de théatre d'Avignon
Pina Bausch, le 06 juillet 1995, lors de la générale du ballet "Café Muller", qu'elle a créé et qui doit être présenté le lendemain dans la cour d'honneur du Palais des Papes pour l'ouverture du 49ème Festival de théatre d'Avignon
© AFP - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Pour aller plus loin

Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Production déléguée
Christine Bernard
Coordination
Jean-Claude Loiseau
Réalisation
Sylvia Favre
Collaboration
Anne de Biran
Collaboration