Bertolt Brecht (1898-1956) dans son appartement à Berlin (1927) ©Getty - Photo by Zander & Labisch/ullstein bild via Getty Images
Bertolt Brecht (1898-1956) dans son appartement à Berlin (1927) ©Getty - Photo by Zander & Labisch/ullstein bild via Getty Images
Bertolt Brecht (1898-1956) dans son appartement à Berlin (1927) ©Getty - Photo by Zander & Labisch/ullstein bild via Getty Images
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Résumé

Célébré autant que contesté de son vivant, monumentalisé après sa mort, Bertolt Brecht observe son époque et fait le pari, dans sa langue mordante, poétique et précise qu’il est possible de transformer le monde.

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Se souvenant des années 1920 où ils partent tous deux, vingtenaires, à la conquête du monde littéraire et des théâtres berlinois, l’écrivain et dramaturge Arnolt Bronnen écrit au sujet de son ami Bertolt Brecht : "Il se multipliait en permanence, et si on l’enfermait seul dans une pièce, on pouvait être certain de trouver en le libérant une pièce intégralement remplie d’une multitude de Brecht".

Cette métaphore de la prolifération incontrôlée laisse entrevoir de manière facétieuse à la fois la singularité de cet ami si curieux et avide de réflexion qu’il converse avec lui-même, sa frénésie de travail, sa personnalité très affirmée - débordante peut-être, et aussi, a posteriori, les multiples visages d’un auteur qui a laissé une œuvre aussi pléthorique que variée, traversant tous les genres : poésie et chanson, théâtre, écrits théoriques sur le théâtre, la littérature, la politique et la société, mais encore scénarios, journaux et plusieurs milliers de lettres…

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De Bertolt Brecht, qui engage à ne pas se laisser intimider par les classiques sous peine d’en trahir la portée véritablement vivante et humaine, on peut certainement dire qu’il est un classique du théâtre. Un classique allemand du XXe siècle, avec son lot d’écoles, de détracteurs et gardiens, et le risque de pétrification inhérent à la condition de classique, en particulier après sa mort… Pourtant, s’il a formulé des théories, il s’agit certainement de théories vivantes, pleines de questions, d’outils à remettre sans cesse à l’épreuve.

De Bertolt Brecht, on peut également dire qu’il est l’auteur – plus précisément co-auteur, avec ses amis compositeurs Kurt Weill, Hanns Eisler et Paul Dessau – de chansons populaires devenues des tubes planétaires, interprétés aussi bien par Marianne Faithfull que par Boris Vian. Que sa langue reste dans l’oreille car elle est à la fois poétique et acérée.

De gauche à droite : Kurt Weill, Dr. Hardt, Hindemith, Dr. Hans Flesch et Bertolt Brecht (Baden Baden, 1929)
De gauche à droite : Kurt Weill, Dr. Hardt, Hindemith, Dr. Hans Flesch et Bertolt Brecht (Baden Baden, 1929)
© Getty - Photo by ullstein bild/ullstein bild via Getty Images

De la république de Weimar et son foisonnement artistique à la jeune République démocratique allemande où il terminera sa vie à la tête du Berliner Ensemble, compagnie et théâtre berlinois qu’il dirige avec sa femme Helene Weigel, en passant par les longues années passées en exil, Bertolt Brecht est un un observateur de son temps, à la fois en retrait et engagé, nourri par la pensée marxiste qu’il découvrira au cours des années 1920. Il ne cessera de poser des questions sur la place, la responsabilitié et le pouvoir des individus et du collectif à travers ses textes qu’il modifie et réécrit sans cesse.

"Un défaut ? Je n’ai jamais supporté que la contradictionBertolt Brecht en 1938 dans son Journal, alors qu’il est en exil au Danemark. Une porte d’entrée peut-être pour lire, écouter et regarder l’œuvre de ce Bertolt Brecht qui se multiplie furieusement ?

Pour en parler

  • Jean-Louis Besson, professeur émérite de l’Université Paris Nanterre, dramaturge et traducteur, spécialiste du théâtre allemand
  • Nathalie Cau, chercheuse en études théâtrales, dramaturge et chargée de cours à l’Université Paris Nanterre, spécialiste du théâtre allemand d’après-guerre
  • Doreen Kähler, comédienne et collaboratrice du musée Brecht-Weigel
  • Leyla Rabih, metteure en scène et traductrice
  • B.K. Tragelehn, metteur en scène et traducteur
  • Erdmut Wizisla, historien de la littérature, responsable des archives Brecht-Weigel à Berlin

Merci au Berliner Ensemble et à Hannah Linnenberger.

Un an après la mort de Brecht, souvenirs de Carl Maria Weber, son ancien assistant, notamment sur le travail au Berliner Ensemble. Dans "Plein feu sur les spectacles du monde" (RTF, 15.08.1957)

2 min

Traductions et extraits des journaux et poèmes de Bertolt Brecht lus par Hervé Pierre et Joachim Salinger.
Journaux : Journal d’Amérique, Journal de Berlin, Journaux 1920-1922 et notes autobiographiques 1920-1954
Poèmes et chansons : Extraits d’un manuel pour habitants des villes ; Pensées sur la durée de l’exil ; Erinnrung an die Marie A. (Souvenir de Marie A.) ; Liebeslied (Chanson d’amour), extraite de L’Opéra de quat’sous ; Einheitsfrontlied (Chanson du front uni)

Textes, chants et poèmes en allemand interprétés par Constanze Becker, Nico Holonics et Oliver Kraushaar, membres du Berliner Ensemble, et Zazie Cayla

La pièce de théâtre "L'Opéra de quat'sous" de Bertolt Brecht, au Théâtre de l'Est parisien (Paris 20ème)
La pièce de théâtre "L'Opéra de quat'sous" de Bertolt Brecht, au Théâtre de l'Est parisien (Paris 20ème)
© Getty - Photo by Suzanne FOURNIER/Gamma-Rapho via Getty Images

Bibliographie sélective

De Bertolt Brecht :
Journal d’Amérique (Journale-Amerika -1941-1947-. L'Arche, 2013)
Journal de Berlin (L'Arche, 2014)
Journaux 1920-1922 et notes autobiographiques 1920-1954 (L'Arche, 1978)
Bertolt Brecht sur le site de l’Arche, éditeur et agence théâtrale

Sur Bertolt Brecht :
Article d’Olivier Neveux, Savoir et émancipation (notes sur Bertolt Brecht) extrait de Émancipations plurielles (2013) sur Persée
Walter Benjamin, Essais sur Brecht (traduit de l'allemand par Philippe Ivernel. La Fabrique, 2003)
Klaus Völker, Bertolt Brecht : une biographie (Stock GF, 1978)

Lecture -allemand puis français- de ''De la douceur de ce monde'', poème de Brecht écrit au lendemain de la 1ère Guerre mondiale, publié dans le recueil "Les serments domestiques" (RTF, 05.05.1959)

3 min

Musique

Heiner Goebbels, Ensemble Modern, Josef Bierbichler – Eislermaterial (ECM Records, 2002)
Theo Bleckmann et Fumio Yasuda, Berlin. Songs of love and war, peace and exile (Winter & Winter, 2007)
Jacques Demierre, Fabrik-Songs. Piano improvisations sur Weill et Eisler (Plainisphare, 1989)

Générique

Un documentaire de Marie Chartron, réalisé par Franck Lilin. Prise de son, Christophe Papon, Martin Troadec, Olivier Leroux. Mixage, Philippe Thibaud. Archives Ina, Stéphanie Place. Page web, Sylvia Favre.

Bertolt Brecht (1898 -1956)
Bertolt Brecht (1898 -1956)
© Getty - Photo by Fred Stein Archive/Archive Photos/Getty Images

Pour aller plus loin

59 min
Références

L'équipe

Anaïs Kien
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Production
Marie Chartron
Production déléguée
Franck Lilin
Réalisation
Sylvia Favre
Collaboration