Jacques Tati, dans le film Mon Oncle (1958)
Jacques Tati, dans le film Mon Oncle (1958)
Jacques Tati, dans le film Mon Oncle (1958) - 1958 Les Films de Mon Oncle – Specta Films C.E.P.E.C.
Jacques Tati, dans le film Mon Oncle (1958) - 1958 Les Films de Mon Oncle – Specta Films C.E.P.E.C.
Jacques Tati, dans le film Mon Oncle (1958) - 1958 Les Films de Mon Oncle – Specta Films C.E.P.E.C.
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Résumé

Avec seulement six longs-métrages, le créateur du célèbre monsieur Hulot est devenu l’un des noms majeurs de l’Histoire du cinéma français. Derrière l’image iconique au chapeau et pipe, un homme discret et observateur, tatillon au travail, et à l’esprit inventeur, rempli de rires et de poésie.

avec :

Jean Renaud (figurant) (figurant dans le film "Jour de fête"), Jean-Claude Chemin (Auteur, et journaliste), Jean-Claude Laruelle, Philippe Gigot (Responsable du catalogue Jacques Tati pour Les Films de Mon Oncle/Specta Films C.E.P.E.C), Pierre Joubert (Président de l’Association Culture Loisirs de Saint-Marc-sur-mer), Marie-France Siegler-Lathrop (Réalisatrice et scénariste), Régis Tertrais, Monique Joguet (Fondatrice de Tati en Fête), Stéphane Goudet (Critique et historien de cinéma, maître de conférences en cinéma à l’université de Paris I et directeur artistique du cinéma Le Méliès à Montreuil), Macha Makeïeff (Auteure, metteure en scène, plasticienne, à la direction du théâtre national de Marseille la Criée).

En savoir plus

Jacques Tati fait partie de cette génération qui a inventé le cinéma. (...) Dans son génie, il a inventé le scénario, il a inventé un mode de récit qui est toujours dans l’inachevé et la suspension. Mais la règle d’or du Music-hall est toujours présente. Il vient d’une grande tradition anglo-saxonne. C’est comme un quatuor à cordes, ça ne se démode pas. Macha Makeïeff

Pour faire le portrait de ce drôle d’oiseau, prendre d’abord un stylo. Et regarder tout autour. Les gens qui passent, qui discutent, qui conduisent. Les pluies grises tapant le béton et les couleurs des parapluies soudains qui s’ouvrent. Le cinéma de Tati tient du guetteur fait artiste. Il scrute la vie et la mime sur l’écran, fabrique un imaginaire du réel. Et dans tout ça, il nous demande, nous aussi installés dans nos fauteuils, de faire pareil. Alors d’accord. Des flèches qui vont partout, un drôle d’hurluberlu (ça s’épèle H-U-L-O-T_)_, un bouquet final en pleine nuit, et les tours d’une piste de cirque. Un poisson de métal et un poisson d’étal, oh un coquillage !, une fausse baleine et un vrai chien. Un chapeau avec une pipe (facile), des escalators pour aller nulle part, des voitures-maisons et des maisons-labyrinthes. 

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Il y a des points de convergences possibles entre le cinéma de Charlie Chaplin et celui de Jacques Tati. Il y a des effets comiques chez Chaplin, qui annoncent ceux de Tati, mais ce dernier leur donne une ampleur, un systématisme qui n’existait pas encore chez Chaplin. Stéphane Goudet

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Qu’il s’appelle François le facteur, Hulot, ou Monsieur Loyal, qu’il soit champion de boxe, designer automobile ou juste tonton-gâteau, Jacques Tati, devant et derrière la caméra, embarque le spectateur dans une déambulation géniale. Mais ici attention, rien n’est imposé. Voyez votre propre film, regardez où vous voulez sur le grand écran et parlez pendant la projection (pour une fois qu’on peut), riez si possible et puis si ça vous chante, faites la sieste. C’est joyeux, peut-être un peu mélancolique aussi, mais ici point de peau de banane, le gag plie mais ne tombe pas. La mécanique du comique chez Tati est savamment exigeante et réglée au millimètre, mais décidément le rire, même des décennies après, est toujours spontanément enfantin. 

Le rire chez Tati est toujours élégant, avec un fond de mélancolie. Son rire parle du notre, rien n’est jamais solide, ni acquis. Il est toujours sur la pointe des pieds, il nous dit « méfiez-vous, on se perd ». On rit et on sourit à la fois mais avec une inquiétude. C’est un rire inquiet. Macha Makeïeff

Jacques Tati définit son humour, dans l'émission Humour amer, au micro de Martine de Breteuil sur France Culture, le 25 août 1977

46 sec

En ayant tourné des films entre 1935 et 1978, Tati n’appartient vraiment à aucun courant rigide. Comme le dit le compositeur et critique de cinéma Michel Chion, le cinéma « pourra difficilement trouver des auteurs qui autant que lui aient brassé toute son histoire, puisque le muet y tend la main à  la vidéo » (Jacques Tati, Cahiers du cinéma, 2009). Autrement dit, s’il fut l’héritier du burlesque américain des années vingt, il s’amuse pourtant à expérimenter les procédés techniques et à inventer une approche différente de la mise en scène. Cependant traverser le temps, c’est être tantôt adulé, tantôt délaissé. Le public adoré est parfois un cruel ami. Mais l’artisan Tati fabrique du cinéma, atteint d’un perfectionnisme tel, qu’une idée non réalisée est une idée qui le sera un jour.   

François Truffaut lui a dit à quel point il a été sidéré par la beauté et l’inventivité de Playtime, en reprenant une formule de son maître André Bazin, en disant que c’était "le premier film martien". Stéphane Goudet

La magie Tati est surtout sonore. Avec son concerto pour Hulot, la bande originale de son monde a des allures de partition expérimentalement hilarante. C_lac-clac-clac, ping-pong-ping-pong, fffffff…bang !, driiing, vlang, allô Amsterdam ?, buzzzzzzzz, hahaha, hein ?, meeeuuuh, … [silence d’une porte qui claque]_. Pour faire le portrait de Tati, alors, peut-être faut-il se figurer tous ces sons jamais enregistrés de sa vie : les imitations pour les camarades de sport, ou son cœur emballé sur la scène de music-hall, aussi les coups de gueule et les festins joyeux sur les tournages, ses enfants qui veulent faire du cinéma quand ils seront grands, et puis devant son propre gag le frisson délicieux en entendant une salle se fendre la pipe, assis quelque part au fond. Jacques a dit rit, et Tati l’a suivi.  

Pour aller plus loin 

Tativille, le site officiel de Jacques Tati et des Films de Mon Oncle.

La 13ème édition du Festival Jours de fête du court-métrage d’humour, a lieu du 1er au 4 août 2019 à La Châtre et Sainte-Sévère-sur-Indre (36), autour du thème « musique et cinéma », organisé par Tati en Fête.

Maison Jour de Fête, à Sainte-Sévère-sur-Indre, qui recrée l’univers du premier film de Jacques Tati.

Association Culture Loisirs, de Saint-Marc-sur-mer, qui invite les vacanciers sur les traces de monsieur Hulot, et organise le Festival Marée d’Art sur la célèbre plage.

Jacques Tati ou le destin d’un génie incompris, un portrait signé Ed Wood.

Analyse du film Playtime, de Jacques Tati, signé Yannick Rolandeau, pour la revue de cinéma québécoise, Hors Champ.

Jacques Tati, le Chaplin français, portrait en images proposé par l’Ina.

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  • Avec : Jean-Claude Chemin, journaliste et auteur ; Philippe Gigot, Responsable du catalogue Jacques Tati pour Les Films de Mon Oncle/Specta Films C.E.P.E.C ; Stéphane Goudet, historien et critique du cinéma, maître de conférences en histoire du cinéma à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, et directeur artistique du cinéma Le Méliès de Montreuil ; Monique Joguet, fondatrice de Tati en Fête ; Pierre Joubert, Président de l’Association Culture Loisirs de Saint-Marc-sur-mer, figurant dans Les Vacances de Monsieur Hulot ; Jean-Claude Laruelle, figurant dans Jour de fête ; Macha Makeïeff, metteuse en scène et dramaturge, directrice de La Criée – Théâtre national de Marseille, cofondatrice de Les Films de Mon Oncle ; Jean Renaud, figurant dans le film Jour de fête ; Marie-France Siegler-Lathrop, réalisatrice et scénariste, ancienne assistante de Jacques Tati ; Régis Tertrais, acteur dans le film Les Vacances de Monsieur Hulot.
  • Remerciements : Les Films de Mon Oncle (Jérôme Deschamps & Macha Makeïeff, avec Philippe Gigot et Elisa Romani), Annie Allély et Arnaud Métivier (Maison Jour de Fête), François Daugeron et la mairie de Sainte-Sévère-sur-Indre, Amélie Despérier-Bougdira (Cahiers du cinéma), Cécile et Sylvain Hillion (Le Relai du Facteur), Marie-Dominique Privé (France Bleu Périgord), et Yves Ryo (Association Culture Loisirs de Saint-Marc-sur-mer).
  • Un documentaire de Julien Rosa, réalisé par Angélique Tibau. Prises de son : Pascal Bodin, Yann Fressy, Eric Gérard, Emmanuelle Maurs d'Incamps. Mixage : Mixage : Valentin Azan-Zielinski. Documentation : Béatrice James et Annelise Signoret. (1ere diffusion : 25/05/2019)
Références

L'équipe

Anaïs Kien
Production
Christine Bernard
Coordination
Julien Rosa
Production déléguée
Pascaline Bonnet
Collaboration
Angélique Tibau
Réalisation